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- par Louis Lequette
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- Notre société devait choisir entre
trois solutions:
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- La formation d'une société
d'économie mixte avec Allos voir le département!
- La création d'une société
immobilière orientée vers la construction
- Le développement de la Satis pour
l'équipement en remontées, la mise en valeur des terrains.
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- Je faisais remarquer que le
travail accompli avait donné de la valeur aux terrains destinés à la
construction et exposé au nom du conseil d'administration la
politique et par suite les actes qui ont marqué la vie de la société
durant les premiers mois de son existence.
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- Le conseil décida de s'orienter
sur la troisième option.
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- Extrait de mon rapport du 21
janvier 1961
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- « Le premier but à atteindre pour
la réalisation du projet de station à Pra Loup fût d'abord de
convaincre les actionnaires et les pouvoirs public de l'intérêt de
créer ce complexe touristique.
- Si pour ce premier stade les
premières études était suffisantes il est nécessaire de donner des
éléments plus précis pour obtenir non seulement la considération des
pouvoirs publics, mais leur aide, pour obtenir le crédit des
banques...et même pour intéresser de nouveaux actionnaires.
- Il faut prouver que les risques
sont maintenant inexistants. Au département il faut prouver que
cette réalisation ne peut que stimuler l'économie régionale et que
toutes les garanties sont prises pour que l'affaire soit
bénéficiaire. Le conseil a décidé que le meilleur investissement
devenait une étude sérieuse...de réaliser un plan d'urbanisme....de
commander les trois premiers téléskis...de mettre tout en œuvre pour
que la station voie le jour en 1961.
- Le contraire ne pouvant qu'attirer
des reproches des pouvoirs publics, lasser l'opinion, décourager les
actionnaires.
- La conclusion de ce rapport sera
une constatation.
- Depuis son début jusqu'alors, le
projet de Pra loup a conquis l'opinion grâce à un développement
ininterrompu prouvant la volonté de réussir.
- Les risques que la société a
décidé de prendre ont toujours été récompensés, ce qui tendrait à
démontrer que le seul risque existant, est celui de s'arrêter.
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- Après une nouvelle réunion, avec
Maitre Delorme, Président du conseil général, de Emile Aubert et
Henri Tournet, confirmait la prise en considération du projet, mais
sous condition qu'il comprenne la liaison avec Allos, et que le
conseil général serait saisie en vue d'accorder son soutien.
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- A ma surprise, Monsieur Sigrand
propose au conseil de me nommer à la fonction de directeur adjoint
au président et considérant « le travail amené, d'établir un
contrat pour le mettre à l'abri d'un changement de majorité qui
pourrait amener son licenciement »
- Jo Célérier disait que j'étais
« trop jeune pour être directeur général adjoint »
- Il avait raison, trop... pour
imaginer que tous les trois nous allions connaître la perfidie.
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- Je ne perdais aucun pouvoir, il me
conférait « tous les pouvoirs de Président, sauf le remplacer eu
égard au conseil d'administration, » et rendre compte. Je devais
mettre tout en œuvre pour ouvrir la station fin de l'année.
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- Il était décidé d'emprunter trois
cent vingt mille francs sur quinze ans à 5 pour cent pour réaliser
les trois téléskis et de créer des bons de caisse remboursables à
trois ans à un intérêt de cinq pour cent.
- La BNP à la vue de l'engagement du
département, des contacts avec des promoteurs qui réaliseraient le
nombre de lits nécessaire au remboursement de la route, et avec la
caution des administrateurs nous ouvrait les crédits pour réaliser
la route.
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- Le cout de la route ne
correspondait plus aux engagements de la commune. Elle devait revoir
sa participation. Elle acceptait de couvrir vingt pour cent de la
dépense. La route allait couter un million cinquante mille francs.
- Elle sera belle.
- La commune pouvait prétendre à des
revenus en provenance de la taxe locale, qui devait augmenter avec
sa nouvelle vocation touristique. Mais le gouvernement allait
supprimer cette taxe pour la remplacer par le FAL « fond d'action
locale. » qui était fondé sur le VRTS (versement représentatif de la
taxe sur les salaires)
- Cette réforme priva la commune de
ressource.
- A ma demande, La Satis ne lui
demanda pas de rembourser cette participation.
- A l'époque personne n'avait
d'argent. La commune un budget de l'ordre de cent mille francs. Le
conseil général un budget de 17.444.260 fr en dépenses et 18.779.218
frs en recettes, ce qui faisait ressortir un excédent de 1.334.958
frs. On était économe.
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- Chaque semaine de l'hiver, je
devais me poster au col des Allaris pour l'étude d'ensoleillement de
Pra Loup. Il fallait y être avant le lever du soleil, partir après
le coucher. Il fallait partir du pont du plan à pied ou en peau de
phoques.
- Il fallait prendre toute les
trente minutes une série de clichés pour suivre l'évolution de la
course du soleil. Je n'ai jamais trouvé un amateur pour
m'accompagner. Il faisait froid, le soleil arrive tard au Allaris,
le jour est long.
- Avec ces observations,
l'architecte Dufayard, pouvait établir le plan d'urbanisme de Pra
loup, en déterminant, l'implantation, la hauteur, le volume des
bâtiments pour que chacun puisse jouir de la vue et de
l'ensoleillement maximum.
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Il faisait une maquette pour que
chacun puisse mieux se rendre compte du « futur ». Cette maquette
permis de communiquer. (voir photos)
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- Il fallait faire une étude de
marché. Mais sur quelle base. On ne connaissait pas les projets des
autres communes .On commençait l'époque des stations dites
intégrées »
- La meilleure garantie de réussite
était de réaliser plus vite que le projet de voisin.
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- Durant l'hiver il fallait faire le
tour des stations, des projets connus!
- Il fallait tout mettre en œuvre
pour démarrer les travaux dès que la montagne serait accessible,
après la fonte des neiges et pour les terminer avant qu'elle le ne
soit plus.
- Cinq à six mois pour exécuter et
ouvrir la station. C'est court.
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- Pierrot Rosetto prenait la
direction du groupement des entreprises de la vallée pour réaliser
la route.
- Aucune n'était capable de répondre
seule.
- Il y avait encore des camions à
entraînement à chaîne. Il fallait acheter du matériel.
- Les ponts et chaussés de
Barcelonnette, en vertu de la convention signée avec le ministère,
surveillaient les travaux.
- Après le bon sol du départ, il
fallut traverser la zone rocheuse. Nous prenions du retard.
- Pierrot Rosseto me dit « je peux
rattraper du retard, mais il faut me donner l'autorisation de faire
des dégâts, en minant ».
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- J'évaluais: combien d'hectares de
bois détruits, le cout, l'impact visuel, combien de temps la nature
mettrait elle pour réparer. Faire fasse à la critique, être en
retard, compromettre l'ouverture!
- Il fallait dire oui.
- Le chef mineur, Monsieur Soler,
mina verticalement et horizontalement, avec un infime décalage entre
l'explosion des mines verticales par rapport et celles horizontales.
- Toute la vallée sut que l'on
travaillait. Il fût utilisé une tonne cent de dynamite.
- Pour le minage il fallait
s'encorder, après l'explosion on pouvait passer avec les engins.
- Les dégâts étaient sérieux, nous
faisions des apports de terre pour favoriser la reprise de la
végétation. La critique fût modérée, la nature a repris le dessus,
quelques année après…
- Nous avons trouvé une faille
relativement verticale dans les rochers. Elle était profonde. On
l'évaluait à plusieurs centaines de mètres.
- Après la roche ce fût le sol
mouvant des roubines du lieu dit « le paradis »
- Il fallut faire un sol ciment. Le
tout-venant déversé était mélangé sur place avec le rippert.
- Dix tonnes de ciment malaxés sur
place.
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- Malgré ces mesures prises nous
étions en retard. Au lieu de pénalités que je pouvais réclamer, je
demandais à Pierrot Rossetto de m'acheminer les pylônes des téléskis
par l'ancienne route de Molanes. Le père de Michel Brochier le fît
avec son vieux camion à transmission à chaîne et sans direction
assistée.
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On pouvait passer sur le plateau
de Bessan à Molanes à partir de la moisson. Malgré sa forte
dénivelée et la présence de rocher la partie entre Molanes et Pra
Loup se réalisa sans grande difficulté. (voir photos)
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- L'équipe de la Satis s'était
agrandi, avec Albert Allemandi, Lucien Gastinel, Michel Brochier
suivis de Daniel Tron, M Livache, M Martin M Lions M Pons.
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- La réalisation des fondations des
pylônes des téléskis était confiée à Émile Sicard, forestier. Le
montage commença après la moisson.
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- L'EDF se chargeait de nous monter
l'électricité en vingt et un mille volts, moyennant une avance
remboursable sur cinq ans.
- Alpes Provence réalisait la partie
transformation et l'antenne basse tension. Cela comprenait un
transformateur à Pra loup, une ligne jusqu'au départ du Péguieou, un
transformateur au département.
- Pour dissimuler cette ligne
moyenne tension, on la fît sur poteau bois et avec un léger angle.
Cinquante ans après elle est toujours là.
- En creusant les fondations du
transformateur du périgueux on trouvait des armes, elles devaient
dater de l'époque de Napoléon.
Les télécom demandaient le financement de la
ligne de Barcelonnette à Pra Loup.Nous ferons sans liaison la
première saison.
- Pour L'eau: On se contenterait la
première saison de l'eau du ravin.
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Notre équipe réalisait le
déboisage des pistes et le montage des téléskis avec l'assistance
de Pomagalski.. (voir photos)
- La commune par délibération nous
donnait le 5 Juillet 1961 l'autorisation de réaliser des remontées
mécaniques et de passer sur les terrains communaux.
- On devait souvent « mettre la
charrue avant les bœufs », conforter par écrit et après ce que nous
avions déjà entrepris sur accord verbal.
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- Le 27 juillet Jean Sigrand signait
avec la SAFA d'Allos un accord leur conférant l'exclusivité pour
l'exploitation des vallons des Agneliers. La Satis imposait à la
SAFA l'obligation de réaliser un Hameau au Agneliers .
- Le but était de créer un point
chaud, pour sécuriser la liaison.
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- Par la suite la commune achetait
la ferme des Agneliers haut pour y faire un refuge... elle avait
échappé à la mise à feu par la résistance pour servir de signal aux
avions parachutant des conteneurs ….elle fût démolie pour faire une
réserve d'eau... Le feu et l'eau effacent les souvenirs... Il ne
devait pas y avoir de place ailleurs!!! une erreur!
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- La Satis se déclarait favorable à
la création d'une société d'économie mixte engageant non seulement
la Safa et la Satis, mais une trentaine de communes des deux Vallées
de l'Ubaye et du Verdon.
- La Safa était dirigé par Nicolas
West et Jo Garcin, favorables à ce projet qui était souhaité par le
commissariat au tourisme.
- Emile Aubert avait fait un rapport
au conseil général le 30 mars 1961 sur ce sujet, qui ne sera pas
suivi d'effet.
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- Tout le matériel, et surtout les
poids lourds, les pylônes, les tourets de câble devaient être en
place avant que le mauvais temps ne vienne. Septembre et octobre
sont les meilleurs mois pour les chantiers.
- Il ne fallait pas compter les
heures, mais les économiser. Le casse croûte était
consommé sur place. Il fallait gagner du temps.
- La neige arriva fin octobre.
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- Les téléskis de la Clappe et de
Pra Chauvet seraient opérationnels. Nous ne pourrions terminer le
Péguieou pour décembre. Les dernières pièces furent portées à dos
d'hommes. Les moins lourdes poulies, suspentes, perches. Il tournera
en janvier. Sans distinction tout le monde s'impliquait à fond. Les
remontées mécaniques devaient encore faire de gros progrès
techniques. Le montage en était simplifié.
- Les défis réunissent, ils
solidarisent une équipe.
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- Nous avions choisi de réaliser Pra
loup sous la forme de lotissement pour garantir son unité
architecturale, pour garantir les tiers. Il fallait en rédiger les
bases. Le conseil me demandait de présenter le projet. Ce projet
devait être mis au point avec l'architecte, et je devais recueillir
les avis de l'équipement de Digne, de diverses chambres de
commerces, de conseils juridiques. La sté juridique et fiscale de
Monsieur Clozel qui devint le commissaire aux comptes, et un ami
fidèle.
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- La forme de lotissement avait ses
contraintes, il fallait réaliser la viabilité avant d'encaisser le
produit des ventes. Bernard Arnaud commençait la réhabilitation de
sa ferme, il fallait prévoir le rejet des eaux usées. Provisoirement
il allait au printemps rejeter au ravin.
- Je proposai un programme de
captage d'une source sous Pra loup, par l'intermédiaire de la
C.I.CA, elle même subventionnée par l'article 13 de la convention,
qui liait l'EDF et le conseil général.
- La commune refusant la prise en
charge, la Satis offrait de prendre en charge les annuités
d'emprunt.
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- On retardait toutes les échéances
financières et on accélérait toutes les réalisations.
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- Jean Sigrand prenait en charge les
besoins en trésorerie. Les communes de Barcelonnette acceptaient de
donner leur garantie, condition obligatoire pour obtenir les prêts
privilégiés mis en place par l'état. Les communes demandaient en
retour nos garanties personnelles.
- La BNCI accordait un découvert de
cinq cent mille francs contre les mêmes garanties.
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- L'ouverture de la station devenant
une certitude, il fallait réaliser une construction, faisant office
de restaurant, de point chaud. Il serait loué.
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- Je trouvai un baraquement chez les
Ets CERF. Il rappelait les baraques Adrian d'après 1918, qui
furent utilisées dans l'attente de la reconstruction.
- La baraque fût montée en octobre.
- Monsieur Boui, du Sauze, devint le
premier restaurateur de Pra Loup.
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- Son chien « Wolf » un vrai loup
devint le premier habitant permanent de la station qu'il ne voulut
plus quitter.
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- L'idée de société d'économie mixte
progressait avec la lourdeur habituelle que demande la création de
ce genre de structure.
- Le Préfet représenterait
l'autorité de tutelle, six conseillers généraux, Maitre Delorme
président du conseil général, Monsieur Tournet représentant le
commissariat au tourisme, 32 communes et enfin la Safa d'Allos et la
Satis dont le représentant occupant un siège d'administrateur,
serait Monsieur Célérier.
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- Cette composition imposante mis
fin au projet de cette structure départementale.
- La satis avec ses petits moyens
avançait plus vite.
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- Monsieur Celerier, au nom de sa
firme « PHOSCAO » fournissait le balisage des pistes.
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La
station ouvrait le 20 décembre 1961: voir les photos
La
maitrise foncière réalisée avec l'accord de tous, la station peut se
développer sans contrainte
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