Saison 1963 / 1964

 

 

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par Louis Lequette
 
La saison d'hiver 1963/1964, ne débuta, comme nous l'avions pressenti, que pour les congés de Noël.
 
La station avait le vent en poupe. Le chiffre d'affaire des remontées mécaniques allait passer de
37.936 francs pour la saison précédente à 127.446 francs.
Les efforts étaient récompensés.
Nous pouvions commencer à amortir  les téléskis et divers frais pour 62.694 francs.
Les actionnaires étaient satisfaits.
Nous lancions une nouvelle augmentation de capital, avec l'intention de la porter à quatre millions de francs.
Les banques Worms et la société financière de tourisme se disaient susceptibles de rentrer au capital.
 
Au cours de l'été 1963, l'équipe avait réalisé tout le travail d'amélioration du domaine skiable fixé par le conseil. (voir photos)
 
Comme par enchantement les bonnes nouvelles s'additionnaient au bon résultat.
 
Le commissariat au tourisme nous envoya Mlle Aubin pour nous confirmer l'intérêt que le gouvernement portait à notre entreprise. (voir coupure presse)
Nous pouvions compter sur des prêts au taux bonifié de 5% sur 7 ans pour les téléskis et sur 15 ans pour les engins portés.
L'hôtel  pourrait être financé sur 50 % de l'investissement et au taux de 5,5%, ce taux serait ramené à 3% si nous recevions une clientèle étrangère.
La piscine pourrait faire l'objet d'une subvention. Elle serait réalisée sur le lot I1.
Nous déposions la demande de prêt au F.D.E.S (fond de développement économique et social)
Le conseil général votait enfin le texte par lequel il acceptait de rembourser la route d'accès.(voir coupure presse)
Le dossier déposé auprès de la F.F.S pour l'homologation de la piste de descente était accepté et nous serions la seule piste homologuée de la région.
 
L'Hôtel Gray d'Albion allait pouvoir se réaliser. Monsieur Proal, de société de l'hôtel Gray d'Albion de Cannes, nous donnait son accord pour devenir locataire de l'hôtel. (voir photo)
Ceci nous assurait de la qualité des prestations données, du niveau de la clientèle que nous recherchions pour Pra Loup.
Pra Loup aurait le seul hôtel quatre étoiles du département.
 
Le comité d'entreprise d'Air France, le Club Alpin Français s'intéressaient à Pra Loup.
 
La profession d'exploitants de remontées mécaniques s'organisait, et formait une association professionnelle.
Il faut dire que nous avancions tous, avec l'obligation de faire évoluer  cette profession.
Les problèmes de droit, de responsabilité des exploitants et des skieurs, la mise au point de systèmes de sécurité sur les remontées mécaniques, l'organisation et la sécurité des secours et des pistes, la réglementation de circulation sur les pistes, le partage des responsabilités entre les Maires et les exploitants, autant de sujets qu'il fallait faire codifier. (voir coupure presse)
Comme toujours les incidents, les accidents, et les procédures qui s'en suivent éclaircissaient tous ces points.
Monsieur Grillet sous préfet de Briançon et monsieur Rabinovitch juriste apportèrent une sage et compétente contribution sur ce sujet important.
 
Le Club omnisport devait réaliser les tennis, la patinoire et la piscine, et pour cela devait obtenir une subvention de la direction de la jeunesse et des sports. La Satis apporterait les terrains gratuitement.
Le secteur des Molanes était donné à l'étude à Monsieur Seignon, architecte, qui devait amener ses clients promoteurs en Martinique.
Malheureusement à peine l'étude commencée, Monsieur Seignon glissait sur le verglas en  venant me voir et décéda.
 
Dans la logique de la création du lotissement de Pra Loup, le conseil me chargeait de créer le Syndicat des copropriétaires qui devait avec nous prendre en charge l'entretien du lotissement dans l'attente du transfert à la commune d'Uvernet.
 
A la fin de l'année 1964 nous avions vendu, cinquante deux terrains, ce qui nous assurait; compte tenu de notre clause résolutoire de reprise si les constructions n'étaient pas réalisées dans les quatre ans; que Pra Loup serait définitivement lancé en mille neuf cent soixante huit.
Parmi les terrains vendus, les terrains destinés à l'hôtellerie, Louka, la Patinoire, le Clos du Loup, le Gray d'Albion, et à des immeubles ou commerces, la Sapinière, le Miramont et partie du centre commercial.
 
Souvent la question est posée sur le nom de Louka. Monsieur Jallud le premier propriétaire était hôtelier à l'Oukaimedenne, station de sports d'hiver située dans l'atlas Marocain.
 
Au cours de la saison d'hiver 1963- 1964 Pra loup connu un succès grandissant.
Cette troisième saison se déroula sans problème et même  à la suite de l'effort que tous avaient  fourni durant l'été, cet hiver fût comme des vacances.  
Chacun de nos collaborateurs se spécialisait. Lucien Gastinel dans le montage et l'entretien, avec Michel Pons et Martin,  Albert Allemandi dans l'entretien des pistes, le déclanchement des avalanches et les secours, et l'été dans les travaux de terrassement. Jeanine Pascal devenait la meilleure hôtesse et ma secrétaire. Paul Burgevin prenait la retraite de militaire et allait être chargé de la comptabilité.
 
J'essayais d'imprégner un esprit d'équipe  car j'étais convaincu que « Aucune réussite financière ne pourrait être considérée comme une réussite si elle ne donnait pas satisfaction sur le plan humain »
C'était une règle du  patronat du Nord, que certains politiciens pour la discréditer ont qualifié de « paternalisme »
Dix années après le Provençal constatait que cet esprit dominait à la Satis et rappelait cet engagement.
 
Philippe Lamour, un ami, demanda à Olivier Guichard, commissaire général à l'aménagement du territoire. Il vint le 15 mai 1964. Il commença par rendre visite au conseil général, et son Président Claude Delorme lui parla des routes du département.Cette visite de reconnaissance fût suivi d'une dotation budgétaire que le conseil général allait utiliser sur la route d'accès à Allos et pour rembourser la route de Pra Loup.(voir photo)
En visite à Pra loup, il fût étonné de la rapide progression de l'aménagement  que je lui présentais.
Ce fût ensuite entre nous et Christian Bonnet une longue relation amicale de maires.
 
Tous les champions étaient sollicités.
Morzine avait Jean Vuarnet.
Emile Allais faisait la gloire de Courchevel, et devait s'occuper de la Plagne, Saint martin de Belleville, de Flaine.
James Couttet avec son ami Jean Farini équipait le glacier des Bossons à Chamonix, Bonlieu restait à Chamonix,
Adrien Duvillard devenait technicien du ski dans une fabrique, Rossignol. Jules Melquiond, Leo Lacroix se faisaient douaniers.
 
Il ne fallait pas gagner d'argent pour  concourir.
Killy et les sœurs Goitschell avaient des parents hôteliers. Guy Périllat avait une femme qui tenait boutique.
Ils décidaient  de tenir jusqu'aux Jeux Olympiques de 1968.
 
Honoré Bonnet choisit de venir à Pra loup où nous l'attendions.
 
Comme les années passées, l'hiver nous permettait de préparer le programme d'été et la saison suivante. 1964 1965
 
Dès février, 1964 j'avais consulté les constructeurs : Applevage, Weber, Mancini ; les constructeurs suisses et autrichiens,  pour obtenir des  devis pour réaliser la télécabine de Costebelle. Dans leurs ateliers j'allais voir leur conception, à l'époque très évolutive. J’envoyais à tous le profil en long.
Pomagalski ne s'était pas encore lancé dans les appareils portés.
En avril, nous passions la commande à Weber, ce qui nous permettait de couler les bases des pylônes, et de faire préparer les pièces mécaniques pour le printemps.
 
Il fallait procéder aux acquisitions des terrains ayant servi d'assiette à la route d'accès, afin d'en être propriétaire et pouvoir la céder le jour venu au département. Le morcellement compliquait la tâche.
Heureusement que le manque d'intérêt de ces terrains facilitait la tâche. Nous avions pu réaliser les travaux avec de simples promesses, qui laissaient une certaines marges sur les emprises.
 
Le 19 octobre 1964 interrogé par le conseil, Honoré Bonnet confirmait son intention de venir se joindre à nous, et « de devenir directeur sportif de la station de Pra loup à compter de 1968, après la cessation de son contrat de direction de l'équipe nationale de ski »
Le conseil acceptait.
Il demandait un contrat de directeur sportif que le conseil allait étudier.
Il souhaitait construire un chalet, je devais examiner avec lui le lot qui conviendra. 
 
A la fin de l'année 1964 nous avions vendu, cinquante deux terrains, ce qui nous assurait ; compte tenu de notre clause résolutoire de reprise si les constructions n'étaient pas réalisées dans les quatre ans ; que Pra Loup serait définitivement lancé en 1968.
Je passais plusieurs jour avec Monsieur Martin inspecteur au Crédit National. Tout le domaine fût inspecté. Il était à son départ, convaincu du potentiel de la station. Nous aurions les crédits bonifiés.
 
Fin décembre  1964, le conseil général nous remboursait une première tranche de cinq cent mille francs sur la construction de la Route et nous annonçait que la deuxième tranche de trois cent mille francs suivrait début 1965.
 
C'était un beau cadeau pour Noël.

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