Saison 1964 / 1965

 

 

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par Louis Lequette
 
L'hiver 64/65 était précoce. Dès novembre la neige tombait. Cette saison rappelait aux anciens les « vrais » hivers, ou l'ont posait les chrysanthèmes dans la neige à la Toussaint.
D'autres me rappelaient au contraire, qu'en 1927, la neige n'était tombée que début avril, que l'on passait, le col d'Allos et le col de la Cayolle, fin février à pieds secs. Mais qu'en revanche en juin on passait avec les laizes remplies de foin sur les avalanches descendues de la tête de Vescal.
            Dès le 15 décembre le temps se mis au beau. Désespérément beau, sans un nuage, ce temps allait durer un mois et demi.
            Pra loup sera « La rencontre de la neige et du soleil »  me disait Paul Reynaud. La formule était belle, mais la rencontre difficile. Il faisait tellement sec que l'on ne voyait pas où passait l'eau de fonte du peu de neige. Elle s 'évaporait.
Toutes les zones des pistes orientées vers le sud et l'est étaient revenues à l'herbe.
            Nous envisagions de fermer pour les congés de février.
            C'est alors qu'après une journée de soleil, un petit nuage apparaissait au bas de la vallée, et le lendemain nous avions 50 cm. La nuit suivante après une nouvelle journée de soleil, nous avions de nuit encore 50cm.
            La station fermait le 1° mai. L’hiver était décevant. Le chiffre d'affaire des remontées mécaniques ne s'élevait qu'à 160.000,00 Francs.
 
            Il fallait penser à la prochaine.
 
            Malgré le faible taux de remplissage, nous connaissions des problèmes d'alimentation en eau. La source du Courtil était défaillante. L'institut Dolomieu de Grenoble que j'avais consulté lors des premières études, m'avait éclairé sur la zone de la Clappe qui surplombe la source du Courtil.
Cette zone de calcaire corallien était favorable au stockage de l'eau. Mous remettions en service le canal des prises d'eau, qui vient de Langail. Le débit de la source augmentait.
Une nouvelle fois je prenais le risque de dériver l'eau du ravin vers le réservoir existant. Les administrateurs préféraient « ignorer » cette solution. Avec Daniel Tron nous mettions du chlore régulièrement…
Cela ne pouvant pas durer, nous mettions en chantier un autre réservoir, et captions la source de Sestriere. L'entreprise Andrau, réalisait les travaux avec Monsieur Benoît Lizon comme conducteur des travaux.(voir coupure presse)
Les pompiers de Barcelonnette venaient tester la pression dont ils pouvaient disposer. 
 
Heureusement les banques nous suivaient, mais avec réserve, car tous les emprunts devaient être garantis par le conseil général qui lui même exigeait la contre garantie des administrateurs.
Le Directeur de la BNP, Monsieur Simon était muté, il était commissaire aux comptes. Nous allions le remplacer par Monsieur Clozel.
La BNP avait succédé à la Banque de Barcelonnette.
Monsieur Gaymard, Monsieur Tiran, Madame Blanche Olivier croyaient tous en Pra Loup, nous étions en relation  amicale.
 
Nous vendions à Monsieur Debede les terrains où il devait construire le Cheverny et le Chenonceaux.
Il était de Blois d'où....la recherche de ces appellations peu montagnardes. Nous faisions rentrer 1.355.000 francs. Nous allions le voir dans son fief, avant de concrétiser pour voir ses réalisations. Le terrain était vendu au prix de trente trois francs trente cinq.
 
Nous décidions de commencer le centre commercial. Nous constituons une SCI sur les bases de la loi de 1938, afin de vendre au prix coutant. Le conseil me nommait gérant, promoteur de cette tranche sur le JI. Maitre Doucede et son ami Benoit Benedetti allaient construire le lot voisin, le J2.
 
En  fin de l'été 1965 nous pouvions être satisfaits: (voir photo)
L'hôtel le Clos du Loup était inauguré et recevait une délégation de députés
L'immeuble le Genépi se terminait et la Satis pouvait prendre possession de ses bureaux.
Elle accueillait l'école de ski, et un centre de secours.
Le Gray d'Albion ouvrait pour les congés de Noël. Les premiers clients devaient monter par l'ascenseur, les escaliers n'étant pas terminés.
En septembre, on ne voyait encore que des dalles posées sur poteaux. Il fallut faire les trois huits.
Pour que les entreprises ne se gênent pas. La nuit j'alimentais en vin chaud. Il fallait soutenir les troupes.
Les journalistes qualifiaient Pra Loup de Saint Tropez des neiges.
Un accord avec Eddie Barclays, nous amenait Sylvie Vartan, Sheila, Franck Alamo. Nous les invitions à prendre l'air et Eddie Barclays parlait de nous et de ses « espoirs ».
Claude François, Michèle Torr, Monty, Luky Bondeau, venaient apprendre le ski. Ils dansaient à la Louvetiére et inventaient « le pas du Loup ». (voir coupure presse)
Nous avions droit à l'émission « les sept jours du monde »
Marina Grey productrice à la télévision française venait voir cette station qui faisant tant parler d'elle.
 
Les élus de Merlette, station en projet, venait me voir pour connaître notre cheminement.
Mon ami Ricoud créa la station jusqu'au jour ou sans reconnaissance il fût remplacé.
Il s'était dévoué, bénévolement, défendant sa station plus que ses propres intérêts.
 
La télécabine de Costebelle était inauguré le 12 décembre 1965.
S'étaient déplacés: MM martel Président de la F.F.S, Gaillet président du comité des stations françaises, mon ami François Benard, ancien ministre et maire de Vars, Cordeau directeur de la jeunesse et des sports......
 
Le préfet nous avait donné le permis de construire le 10 décembre,  le permis du Courtil et de Costebelle le 13 décembre.
J'avais été en préfecture pour faire comprendre qu'il serait du plus mauvais effet d'inaugurer sans permis. Aux administrateurs j'avais été obligé de dire le 14 aout, pour les rassurer était accordé, mais que la signature a tardée.
Nous avions commandé le matériel depuis plus d'un an, prenant le risque et faisant confiance.
La télécabine n'était pas réceptionné par les ponts et chaussées. Ils ne voulaient  pas prendre de risque j’avais fait réceptionné par  M.Halec, inspecteur de l'association des industriels de France, le29 septembre.
Alors il nous fallait faire tourner un mois avant d'obtenir cette réception.
Il fallait toujours que nous prenions  les risques.
 
Avec toutes ces réalisations l'hiver 1965/1966 ne pouvait qu'enregistrer une forte progression.
La presse annonçait l'ouverture, avec une télécabine et six téléskis.
 
Le Conseil donnait à la commune d'Uvernet un terrain pour édifier une chapelle.
Personne n'était oublié.

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