Saison 1965 / 1966

 

 

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par Louis Lequette
 
La presse nous couvrait d'éloge. « La dernière née des stations, Pra Loup, est partie du bon pied.. » à peine la neige fondue « Pra Loup devient un vaste chantier »
Ces compliments nous obligeaient à poursuivre et surtout à ne pas décevoir.
 
Notre équipe était bien soudée.
Jean Sigrand laissait la place de président à André Gandoulf. Toujours égal à lui même, à sa moralité à toute épreuve, il demandait que je sois nommé Directeur Général Adjoint pour me remercier.(voir document)
 
Avec toutes les nouvelles constructions, nous devrions passer un bon hiver et réaliser un bon résultat, car pourquoi la neige ferait elle défaut?
 
Les premiers engins de damage apparaissaient sur la marché.  Prudent nous en restions à nos skis et nos rouleaux, attendant la démonstration, que le concours international se proposait d'organiser.(voir coupure presse)
 
Nous augmentions raisonnablement le tarif des remontées mécaniques,
Le tarif journalier : tarif unique passait à 15 francs et 12 pour les groupes.
La semaine :           tarif unique passait à 90 francs et 72 pour les groupes.
 
Nous conservions les tickets : tarif normal carnet de 4 tickets 2,50 et 20 tickets 10,00 francs.
 
Pour réaliser un forfait tout compris, remontées mécaniques, hôtellerie, leçons de ski et essayer ainsi de remplir les périodes creuses de Janvier et Mars, nous pratiquions un rabais de 30% sur le plein tarif sous réserve que chacun fasse un effort identique.
 
A la fin de l'hiver notre chiffre d'affaire des Remontées mécaniques passait de 160 à 340.000 francs.
 
Nous organisions le transport par autocar entre Barcelonnette et Pra loup, poursuivant nos démarches pour créer une ligne régulière et être agréé transporteur public de voyageurs.
 
La piscine avait été réalisée par Monsieur Marathon avec l'immeuble de la Sapinière.
Monsieur Marathon revenait d'Afrique, c’était un pionnier.
Ce fût encore une belle inauguration pour la station.(voir coupure presse)
En fait tous les acquéreurs, futur copropriétaires de Pra loup étaient des pionniers, ils contribuaient à l'essor, il fallait y croire.
 
Je m'étais réservé le droit de fixer le lieu de décharge des déblais en provenance des constructions.
Environ 200.000 m 3 furent mis en place à l'emplacement de la Maison de Pra Loup actuelle.
Ce terrain, ce talweg sagneux dénommé sur le cadastre datant de Napoléon, sagne et rapine, était central et allait convenir pour faire le premier grand parking.
 
Le club omnisports naissait le 24 octobre 1965. Le premier Président fût André Toucas, aidé par Robert Millerioux, que l'on qualifiait de « mère poule » des enfants de Pra loup.
Cette appellation décrivait bien son dévouement pour les enfants du club
 
Comme chaque hiver préparant la saison suivante.
Nous allions vendre, sous condition que la construction démarre rapidement, les terrains pour les immeubles le Chamois et les Blanchons à un promoteur de Marseille, Constructa.
Nous allions faire installer l'éclairage public sur la boucle de la station.
 
 
Nos deux plus grands soucis, demeuraient. La production d'eau potable et l'épuration des eaux usées.
 
Au conseil, poser ces problèmes ne prenait qu'une ligne....et pourtant !
 
La recherche des solutions n'était pas évidente.
Beaucoup de stations de haute altitude avaient le même problème, Il fallait aller voir.
Souvent, promoteurs de stations nous avions confondu sources et résurgences. Il fallait soustraire et non additionner.
A Pra loup le bassin versant en forme de cône répartissait l'eau au lieu de concentrer.
Devant cette carence naturelle, toutes les solutions devaient être répertoriées.
-        Faire un Tunnel en direction des sources des Agneliers, ou de Gimette des Thuiles?
-        Installer des béliers ou des pompes?
-        Faire un forage dans les alluvions du Bachelard et pomper?
Créer une société des eaux avec les communes de la vallée et avoir l'eau en abondance et par gravité?
-        Comment financer, pour obtenir des subventions il fallait qu'une collectivité prenne le projet en charge.
 
La vie mondaine s'ajoutait au travail, et devenait travail
En fréquentant Pra Loup toutes ces personnalités  faisaient parler de Nous.
Cet hiver, Frank Alamo venait au Gray entre autres....... (voir coupure presse)
 
Mais alors que tout allait bien, que le conseil municipal faisait tout pour favoriser le démarrage de la Pra loup et qu'en retour La Satis  faisait tout pour être digne de la confiance qui lui était faite, le sous préfet, sans consultation des parties en présence, m'écrivait le 15 décembre 1965, ce qui suit :
« bien que la convention que vous avez signé le 10 juin 1960, avec la commune d'Uvernet ait été approuvée par l'autorité de tutelle à l'époque, elle doit être considérée dans le fond et dans la forme comme nulle de plein droit... »
 et il précisait
«  la convention du 10 juin 1960  est nulle... obligation de régler vos rapports entre la commune et la Satis sur la base d'une convention de concession.... »
« dans l'attente... d'un accord de principe sur l'essentiel des données ci-dessus, mise en attente du dossier de prêt déposé par votre société »
 
Le moins que l'on puisse dire est que nous étions la commune et nous en parfait accord et que le sous préfet, Benazet, ne mettait pas la forme...
 
La Mairie allait recevoir une lettre identique le 12 février 1966.
 
Mairie et Satis montreront qu'ils savaient respecter les accords.
La convention entre la commune et la Satis évolueront en 1978.   

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