Saison 1966 / 1967

 

 

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Retour SATIS

par Louis Lequette
 
A la Satis,  à la station, l'ambiance était des plus amicale.
Nous organisions l'arbre de Noël des employés. On échangeait les Vœux.(voir photo)
Honoré Bonnet en déplacement avec son  équipe me faisait signe en envoyant des cartes postales.(voir photo)
J'allais surveiller l'avancement de son chalet.
 
Les lettres adressées par le sous préfet à la Mairie et à la Satis, nous avaient rapprochés, la Mairie et la Satis demeuraient solidaires.
 
On ne revient pas sur des accords.
Les accords doivent être respectés.
 
Les anciens qui formaient le conseil municipal me demandaient de les rejoindre.
Avec Lucien Gastinel nous étions les seuls élus au premier tour avec plus de 90% des voix. Il y avait 105 électeurs, tout le monde se connaissait.
Rendant visite aux anciens sortants je leur suggérais de se faire remplacer par  leurs fils.
Lucien Gastinel me dit avant la réunion devant désigner le Maire que tout avait été prévu.
Je me retrouvais adjoint, chargé du tourisme.
Je pense que le secrétaire Monsieur Javelly avait tout prévu, tout organisé et qu'il avait bien fait.
Il allait se retirer et il désignait même la secrétaire qui lui succédait, Pierrette.
 
Tous les élus venaient le 12 septembre rendre visite à leur station. (voir coupure presse)
Avec le nouveau sous préfet, le conseiller général Monsieur Proal, et Monsieur Javelly, Monsieur Celerier représentait la Satis.
Tout le monde se retrouvait en haut du télésiège de Costebelle puis à l'auberge d'Uvernet.
 
Le conseil de la Satis avec consulté un avocat, Maitre Bredeau, au sujet de la lettre du sous préfet. Aucune action ne fût nécessaire, la préfecture revenait sur sa position et acceptait les accords conclus entre la municipalité et la Satis.
 
Pour réaliser l'épuration des eaux usées, le conseil acceptait de prendre en charge la réalisation de la canalisation d'eaux usées et de la fosse septique qui sera réalisée prés de l'Ubaye.
Le ministère de l'intérieur accordait 10% de subvention à la commune.
La Satis passait une convention avec la commune garantissant en cas de besoin de mettre à disposition de la commune la somme nécessaire pour couvrir les annuités d'emprunts. (voir convention)
L'alimentation en eau exigeait de gros travaux.
Les études entreprises nous conduisaient au choix d'une station de pompage dans la nappe phréatique du Bachelard.
Par relation j'obtenais du commissariat à la rénovation de la montagne, (Monsieur Lebel) la subvention minimum, six pour cent, nous permettant d'accéder à l'emprunt.
La Mairie devait se charger de cette réalisation. La Sté du canal de Provence était sollicitée.
Nous allions opter pour des pompes allemandes, seules capables de refouler jusqu'à Pra Loup. Nous avions quarante deux kilos de pression.
Avec Daniel Tron nous assurions le fonctionnement. Les coups de bélier à la mise en route, le sifflement des pompes étaient impressionnants. Disons le, cela faisait parfois très peur.
 
La Satis créa la société des eaux d'Uvernet, avec espoir de l'ouvrir à toutes les communes.
Il est dommage de pomper, lorsque l'on peut avoir de l'eau par gravitation.
Monsieur Fabre, Maire de Barcelonnette acceptait de boucler son réseau avec celui d'Uvernet.
L'eau lui serait fournie au prix coûtant.
Son successeur préféra mettre fin à cette entente, pour pomper au Bois Chenu, sous Barcelonnette dans la nappe phréatique. ...
Pour assurer l'équilibre financier, ne connaissant pas la consommation d'une population de résidents secondaires, et devant prévoir les frais fixes d''amortissement, nous instituons une taxe fixe au mètre carré habitable.
 
Le Maire des Thuiles souhaitait que nous fassions une liaison entre le bout du secteur E et le Hameau de clos Meyran. L'architecte urbaniste proposait de faire passer sous le bâtiment.
Le promoteur réclamait un étage de plus. Le projet fût abandonné. Il ne restera que la promenade pour piétons vers le rocher Jaumas.
 
L'adjoint au Maire de Manosque, Monsieur Abbes, était originaire d'Uvernet. Il avait des terrains dont nous avions besoin pour le retour des pistes de Langail. Nous lui accordions en échange le droit de construire un chalet au bas du chemin du Bull.
Avec  l'indivision Pons « dit Marquette », l'indivision Martel « du Mexique »  nous procédions de même par échange. Ces dernières négociations assuraient le respect du plan d'urbanisme.
Le conseil d'administration approuvait.
 
Et... la vie Mondaine occupait nos soirées d'hiver.
Marcel Bozzuffi, acteur dans «  le deuxième souffle », Françoise Fabian , la vedette de « Matha Hari » , Françoise Arnoul, faisaient un séjour chez nous. Jo Célérier aimait recevoir. (voir coupure presse)
 
Jean Sainteny, Haut commissaire au tourisme, venait voir Pra loup et marquait son étonnement sur la rapidité du développement.(voir coupure presse)
 
Michel Ziegler, assurait avec son Pilatus, la ligne entre l'altiport de Courchevel et notre , « avi-surface », on ne pouvait appeler  la piste de Saint Pons, aérodrome. Il nous amenait avec son « zinc » un journaliste américain de « Time Life » pour une reportage sur Pra Loup.
 
De toutes ces « célébrités », si j'ose dire, le plus   « voyant » était Léon Zitrone. Il me précisait dès son arrivée. Je veux un séjour discret et de repos. Son beau frère, le Docteur Devemy avait repris le cabinet du Docteur Groues.
 
Les journalistes respectaient le mot d'ordre.
Léon ne put supporter se silence médiatique. Il acheta des anoraks, jaune citron, à sa famille, qu'il ralliait en les appelant « à moi les zitrones ». Il ne passait plus inaperçu.
Il organisa un cocktail, pour faire connaître sa présence. La presse était invitée.(voir coupure presse)
 
Vars et Pra loup se tenaient les coudes. Nous les dépassions souvent, D'ailleurs quelques années plus tard, lorsque la Sedev  sa Sté d'exploitation des remontées fût vendu de l'ordre de 25 millions elle se porta acquéreur de Pra loup pour 35 millions. Ce qui tend à dire que nous rapportions plus, que  notre valeur marchande était plus appréciée.
 
Je m'entendais bien avec François Benard le maire.
Nous devions entreprendre plusieurs actions ou objectifs. L'ouverture permanente du Col de Vars  et de l'Arche. Cela prendra du temps.
Sous son impulsion prédominante, nous mettions en route la « maison des Hautes Alpes et de l'Ubaye » pour attirer la clientèle de la région parisienne. Notre premier bureau fut rue de Miromesnil, puis avenue de l'opéra, en cohabitation avec Poitou Charente.
 
Nous obtenions de la SNCF, pour nos clients, le bénéfice des BIG, des billets individuels de groupe.
Ils avaient donc 30% de réduction sur le tarif normal.
Nos stations devenaient « tête de ligne » de la SNCF. Nos parisiens prenaient donc un billet direct vers Vars ou Pra loup.
 
Nous mettions au point avec les hôteliers, l'école de ski, les remontées mécaniques le forfait tout compris.
L'autorail de neige de Marseille à Briançon avec correspondance vers l'Ubaye était obtenu.
 
Pour l'hiver suivant nous achetions une chenillette Ratrac qui mettrait  fin à la corvée du damage à ski, dont tout le monde se lassait. Le champion du damage était Bébert Allemandi. Pour se faire des jambes d'acier, et descendre les traineaux des blessés dans la neige parfois pourrie, il se liait les chevilles au Péguieou, et descendait à Pra loup en sautant.
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Compte tenu du travail à réaliser durant l'été, j'achetai un bull, une bonne occasion. C'était un Allis Chalmer HD 21, délaissé,  car difficilement transportable pour un entrepreneur. On dépendait pour les pièces de rechange de Los Angeles le dépannage était long. Nous n'étions pas astreint à des délais comme les entreprises. Il faisait plus de quatre tonnes, quatre cent vingt chevaux turbo.
Il nous fit toutes les pistes, et fût revendu plus cher. Il mourut et fût enterré dans l'Izoard.
 
Le conseil entérina favorablement cet achat, lorsque nous lui exposions les économies à réaliser.
 
Nous décidions d'équiper le vallon de Langail, son chemin de retour, ses pistes.
Nous nous lancions dans la réalisation du génie civil et du montage de nos remontées mécaniques. Nous avions une équipe compétente, Lucien Gastinel, devenait un des meilleurs monteurs, apprécié par toute l'équipe de Pomagalski.
Pour fournir du travail à l'année nous pensions aller travailler à l'extérieur en créant une section montage de remontées mécaniques. Pomagalski était favorable.
La connaissance du métier, l'approche des couts, la fiabilité de nos devis, permettait d'envisager cette activité complémentaire.
 
Pour l'hiver 1967/1968, ainsi équipé, nous allions pouvoir réaliser, le téléski de Langail, des Bergeries, de Gimette, et des Clots.
C'était un très gros chantier, les remontées, les pistes l'alimentation électrique. Cette alimentation allait pouvoir se faire en lignes enterrées. La conception des câbles avaient fait de gros progrès.
L'isolant papier était traité au stabylion, qui empêchait l'huile de répondre à la tendance gravitaire et de perdre ainsi une partie de sa capacité isolante.
Je traitai avec Trindel.
 
Pour l'été 1967, la Satis réalisait deux tennis, un « tir au pigeon ».
Le club se chargerait de la gestion.
La Satis  étudiait la possibilité de création d'un parcours de golf « nature » privé.
Déjà à l'époque les Maires des stations en rêvaient,  mais ils étaient rappelés au bon sens de leur budget. On disait des golfs municipaux « un neuf trous public, fait le dixième dans le budget municipal ».
 
Dès l'hiver, les réservations pour les séjours d'été s'annonçaient très bonnes .
Pour favoriser le remplissage de nos hôtels, nous allions faire fonctionner la télécabine de Costebelle et la liaison par autocar entre Barcelonnette et Pra Loup.
Le Club organisait de manifestations pour animer.
Le Club avait déjà 641 membres actifs.
Des actifs qui se dévouaient et organisaient, des sorties de reconnaissance dans la Vallée, sur le lac de Serre Ponçon, des tournois de tennis, des jeux pour les enfants.....
 
La Satis décidait de créer un comité de station pour faire participer toute la station dans l'attente de pouvoir créer un Office du Tourisme répondant aux exigences du décret du 9 avril 1966.
Elle réalisait les dépliants (voir photo)
 
L'hiver nous amenait une progression satisfaisante du chiffre d'affaire des remontées mécaniques.
Nous faisions 875.000 francs, soit plus du double de l'hiver précédent.
 
Pra Loup vivait.
La communauté de Pra loup s'organisait.

 

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