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- par Louis Lequette
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- L'effort réalisé l'an passé aurait pu nous faire mériter de
faire une pause.
- C'était impossible, nous étions poussés par le succès, par
l'immobilier.
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- Dès 1966, Jo Célérier avait décidé de réaliser le Marmotel. Il
m'avait demandé de l'accompagner sur le terrain. Ma mission était de
l'aider à convaincre sa belle mère, Madame Leroy de Chaudens, car
elle devait financer l'opération. Bras dessus, bras dessous, tous
les trois, car belle maman avait déjà un certain âge, nous nous
promenions sur le terrain, et Jo Celerier décrivait son projet.
- L'hôtel devait comporter 100 chambres clients, de part et
d'autre d'un grand patio, que sa fille Madame Marguerite Celerier
devait décorer de manière exceptionnelle.
- L'hôtel fût jumelé avec
un hôtel de Sousse et inauguré par le gouverneur de Sousse, M. Amor
Chechia et le
Préfet des Basses Alpes M. Thisy.
- Cet hôtel apporta beaucoup à la station. C'était 35 employés,
dix moniteurs à temps plein et un chiffre important pour les
remontées mécaniques.
- Le conseil mettait au point avec Monsieur Celerier la
distribution du bâtiment permettant d'accéder au télécabine de
Costebelle, à l'hôtel et aux pistes.
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Un hôtel ne pouvait être mieux placé
(voir coupure presse)
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- Monsieur Brun, propriétaire de la ferme du Prieuré, à qui nous
avions laissé la jouissance des lieux pour ne pas troubler sa
retraite, décédait. Comme Monsieur Ricaud des Moîs, Monsieur Brun
m'avait recommandé de respecter les bois de la Garcine, car
l'avalanche s'était une fois arrêtée près de chez lui. Il
m'instruisait sur le passé de la commune. L'église de Molanes avait
été réalisée avec des pierres extraites de la carrière sous « Molanes ».
Les moines avaient résidé, organisé l'arrosage et le drainage des
terres.
- La ferme allait se transformer en hôtel et conserver le nom.
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- La situation financière n'était plus exsangue.
- Nous avions réalisé un bénéfice de 125,115 francs tout en
amortissant 565.670 francs.
- Le conseil décidait de clore l'augmentation de capital à
2.160.000 francs. C'était peu pour réaliser une station.
- L'objectif était de construire après l'hiver 67/68, les
téléskis de Langail, des Bergeries et de Gimette. Et ce fût fait.
- Les pistes avaient été transformée par notre Allis Chalmers.*
- La construction du télécabine était envisagée, mais pas arrêtée.
- Cela ne me satisfaisait pas car nous allions manquer de débit au
départ de la station.
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- Avec Jean Pomagalski j'allais voir une de ses premières
réalisations dans le Vercors. Le plafond était bas et descendait
rapidement. Notre hélicoptère fût obligé de suivre la route, le
seule repère.Le pilote nous demandait de bien observer car des
lignes de haute tension traversaient la vallée.
- En arrivant sur le site nous découvrions les hommes chargés de
la conduite de l'appareil plongés dans un profond sommeil.
- L'automatisme veillait. Je pense que ce fût un élément décisif
dans mon choix.
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- L'hiver fût particulièrement enneigé. La hauteur au Péguieou
était telle que toutes les potences du téléski étaient relevées au
maximum. Malgré cela le câble était à la hauteur des skieurs et
parfois l'accrochage des perches glissait sur le câble.
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- L'avalanche de Gimette décrochait sous le bosquet, peu avant les
congés de février.
- Elle embarqua le transformateur. La gare n'avait rien.
- C'est dans ces difficultés que l'on pouvait juger de la valeur
de notre équipe.
- Nous avions acheté un télex, ce qui permit de raccourcir les
délais de commande.
- En quinze jours, un transformateur était livré, installé dans
une cabane en fer provisoire.
- Les branchements étaient réalisés et le téléski pouvait
reprendre le service pour les congés.
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- Sur la route de Pra loup plusieurs avalanches décrochaient.
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Cela n'entamait pas le moral des troupes, au contraire, comme on
peut le constater sur les photos ci jointes
- Même au Pra Chauvet on vit la neige glisser.
- Heureusement, que nous avions pris la décision d'acquérir une
chenillette Ratrac, un Unimog Mercedes avec une remorque pour faire
les ordures ménagères. Le plus gros travail de l'hiver fût le
déneigement.
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- Toutes ces difficultés d'exploitation n'affectaient pas
l'exploitation de la station.
- Il fallait être plus prudent, plus vigilant, car les skieurs
semblaient euphoriques par cette abondance, prêt à faire n'importe
quelle « expérience ou fantaisie » sans se rendre compte du danger
potentiel.
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- Une journée je pris la décision de fermer la Clappe pour des
raisons de sécurité. La neige était profonde, dangereuse. J'ai eu un
véritable piquet de grève devant le bureau.
- Sous la pression j'ouvrai une piste, prévenant ces
« intrépides » qu'au moins l'un d'entre se casserait dès la
première descente.
- Albert Allemandi, avec ses jambes et moral d'acier était
d'accord disant devant eux« si cela leur faire plaisir de se
casser ». Pour inciter à la prudence il montait le premier avec une
barquette et descendit peu de temps après avec la première jambe
cassée »
- Le blessé nous dit « nous étions prévenu ».
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- Sous l'impulsion du Maire de Jausiers, Monsieur Martin et de
Monsieur Richaud, Monsieur Bernard Ricard envisageait de créer une
station à Restefond. J’allais, à leur demande observer le site.
- Bernard Ricard s'adressait à l'ingénieur Michaud, recommandé par
Monsieur Dumas, à l'époque conseiller général de Chambéry. *
Monsieur Michaud faisait autorité, en matière d'aménagement de la
montagne.
- « Il n'y a rien de plus candide qu'un financier sur la
neige »affirmait Michaud. «Il cède au romantisme, ce mal de la
montagne. Alors qu'il faut travailler avec une machine à calculer »
- La balance touristique de la France penche du mauvais côté. La
montagne pourrait aider à la redresser. Mais où doit on implanter
des stations? Quels projets faut il encourager pour qu'ils soient
rentables ».......
- La tentation était grande de voir la Satis prospérer, exploiter
ce site.
- Mais un an plus tard, je devais conclure que Restefond serait
« une station de haute altitude et de petites dénivelées
avalancheuses » La conclusion devait être motivée. Je joignais un
film. Avec beaucoup de chances et de risques, j'avais réussi à
filmer les avalanches qui décrochaient.
- C'était le meilleur inventaire de ces nombreuses avalanches.
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C'était la mission que m'avaient demandé Armand Richaud
et Monsieur Martin. (voir coupure presse)
- Par la suite je défendais la route devant le conseil général.
Jacques Médecin avait décidé de faire la plus haute route d'Europe.
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- L'hiver se termina avec une forte augmentation du chiffre
d'affaire. Nous passions de 900.000 à 1.200.000 mille francs.
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- Michel Peyricard réalisait une série d'émission sur la « France
défigurée ». Notre architecte Urbaniste voulait réaliser à Pra Loup
une tour, comme à Sestrières. J'avais été voir. Je trouvais que cela
défigurait la montagne.
- Je lui téléphonais en lui disant de venir voir, « ce qui allait
peut être défigurer Pra Loup ».
- Il accepta.
- Le lendemain de l'émission, Monsieur Chalandon me faisait
téléphoner.
- Le problème était réglé, malgré les difficultés juridiques
(modification par arrêté préfectoral du lotissement) et financières
(surfaces de plancher à respecter pour satisfaire le promoteur)
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- C'est ainsi que nous avons « la voile des neige ».
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- L'administration des domaines nous avait donné l'autorisation de
réaliser le téléski des Bergeries et de Gimette, dans « leur forêt
domaniale » moyennant une redevance et l'attribution de cartes
gratuites pour aller surveiller cette «forêt domaniale».
- Surveiller quoi? On se demandait? imaginer quoi « la pousse
des arbres », il n’y en avait pas !
- De plus leur concession précisait que ce passage des pistes et
des remontées était accordé, « à titre précaire et révocable ».
- C'était peu incitatif, nous dépendions d'un bon vouloir, ….de
qui et lequel ?
- Nous devions trouver le moyen de régler cette situation. Il me
fallut plusieurs années.
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- Le conseil évoluait.
- Le docteur Groues était décédé. Le conseil me nommait
administrateur.
- André Gandoulf était reconduit à la présidence. Le conseil me
nommait directeur général adjoint avec les mêmes pouvoir que le
Président. *
- Honoré Bonnet démissionnait de son poste d'administrateur, pour
pouvoir bénéficier d'un contrat de « directeur technique » et il
prendrait ses fonctions le premier juillet 1968.
- Monsieur Seneclause le remplaçait comme administrateur.
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- L'hiver 1968-1969 devait se préparer.
- Les relations avec Jean Pomagalski étaient devenues amicales.
Son entreprise se développait rapidement, et je connaissais la
plupart de ses premiers collaborateurs. J'allais trainer dans ses
ateliers et bureau d’étude. C'était instructif.
- En mai je prenais rendez vous avec Jean Pomagalski à Fontaine
(Grenoble). Son modèle de pince à compression était plus fiable que
celle de Weber à crémaillère.
- Les cabines étaient très esthétiques.
- En fait ce télécabine faisait partie d'une nouvelle génération.
- Il fallait se mettre d'accord sur le prix, les délais de
livraison, l'assistance au montage....
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- Je commandais et poursuivais ma route vers Paris pour voir Jean
Sigrand.
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- Arrivé à Denfert Rochereau, les manifestants voulurent me
retourner ma voiture. Je plaidais la cause du travailleur, ils
m'épargnaient et j'arrivais Boulevard Sébastopol.
- J'ignorais cette soudaine poussé de revendications.
- En Ubaye on est toujours en retard....
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- C'est la seule fois que je vis Jean Sigrand en colère. « Vous ne
vous rendez pas compte dans quel état est la France, et vous avez
commandé un télécabine, vous allez nous ruiner »
- Heureusement pour moi quinze jours après, étaient conclus les
accords de Grenelle.
- Parmi ces accords les marchés publics étaient revalorisés pour
satisfaire les industriels et les entreprises.
- Jean Pomagalski me téléphonait pour réviser les conditions
financière du marché.
- Je lui faisais remarquer que nous avions arrêté un marché public
et non privé, qu'il avait du se couvrir en matière.
- Nous venions de gagner 15% sur le coût du télécabine. Le
télécabine nous coutait un million soixante et un mille neuf cent
soixante francs.
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- La station serait bien équipée pour l'hiver 68 69. Nous
refaisions un encart pour annoncer ce nouveau télécabine.*
- Le montage fût difficile. La neige arriva avant que nous ayons
terminé. Les délais étaient respectés.
- L'équipe fût formidable
-
- Joseph Comiti ministre des sports allait venir inaugurer fin
décembre
.
- et
Pra Loup était en fête....... nous devenions une grande station
nationale.
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