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- par Louis Lequette
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J'ai pris l'habitude de prendre chaque année un panorama de la
station pour suivre son développement.
- La photo de 1968 fût prise le 15 novembre. La neige rendait
pénible la finition du télécabine des Clappiers, dont on voit la
gare en construction.
- On voit également que l'immobilier de la station était déjà très
développé.
- Nous avions vendu la quasi totalité des terrains, ce qui nous
assurait avec la clause obligeant la construction dans les quatre
ans qu'elle serait achevée vers 1972/1973.
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- Il y avait en France 172 centres de ski, et 57 étaient
considérés comme stations nationales, car bénéficiant du label du
comité des stations Françaises car répondant à des normes précisés
par la loi de décembre 1955.
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- Nous en faisions déjà partie.
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- Le conseil était satisfait. Nous avions acheté les bureaux dans
l'immeuble le Genépi, et nous regroupions tous les services de la
station dans l'attente que la Mairie réalise la « maison de la
station ».
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- Les réunions du conseil ne passaient pas inaperçues lorsqu'il
se réunissait. Nos administrateurs adoraient les voitures. Il y
avait plus d'argent dans le parc automobile que dans notre capital.
(Bentley, Maserati, Ferrari,.....) Jo Celerier était un petit neveu
de Ferrari...Chaque année, avec Jean Sigrand ils faisaient les 24
heures du Mans
- Le conseil avait qualifié, Honoré Bonnet, du titre de directeur
technique. La communication et le sport aurait été mieux choisi.
Dans un esprit d'entente, d'égalité, j'avais accepté que les
rémunérations soient identiques. Ce genre de problème, du moins à ma
connaissance, ne s'est jamais posé.
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- Comme prévu, Joseph Comiti, secrétaire d'état à la jeunesse et
des sports, vint inaugurer le télécabine des Clappiers, le 20
décembre. C'est à cette occasion, que Monsieur Tournet , vint me
voir, en me demandant « de faire la Paix ».
- Je lui précisai que je ne lui avais jamais fait la guerre.
- Rappelons qu'il était technicien au haut commissariat au
tourisme...et qu'il m'avait exercé une pression musclée pour que je
lui apporte « la station », qu'il voulait que je renie mes
engagements envers mes associés de la Satis.
- Et..... qu'il s'exila au Chili, après « l'affaire Boulin. »
- Lors de la réception, un buffet devant le Génépi, le fils d'un
restaurateur jeta une boule de neige.
- Elle dévia sur le crane chauve de notre Sénateur Maxime Javelly
pour atterrir dans un pot de moutarde.
- Madame Comiti était maculée. Nous avons frisé l'incident
diplomatique.
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- Honoré Bonnet allait nous représenter à la foire de Lille.
- La Voix du Nord, le présentait comme « le faiseur de
champions ». La voix du Nord lui demandait les raisons de son choix
pour Pra Loup.
- « J'ai refusé des contrats mirifiques, pour prendre en mains la
promotion d'une jeune station, créée il y a quelques années par un
homme du nord... j'ai été séduit à la fois par le cadre d'une grande
beauté constitué par cette station posée en balcon sur une admirable
vallée et son potentiel de ski énorme».
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La voix du Nord rebondit sur « l'homme du nord » et fît un
article. (voir coupure presse)
- Honoré avait fait non seulement fait plaisir à mes parents, mais
les rassurait sur mon choix... «négligeant une belle situation pour
un rêve ».
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- Nous étions dans nos choix en parfaite symbiose.
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- Le développement de Pra Loup rendait obligatoire le développent
de la viabilité.
- L'alimentation en eau potable, étaient devenue la première
urgence.
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Je pouvais informer le conseil le 22 décembre que les travaux de
canalisations et pompage étaient terminés, que la mise en route de
la station de pompage serait efficace dans les quarante huit heures,
avant l'arrivée des hivernants.
- La société des eaux étant formée entre la Satis et les
copropriétaires, le règlement sur les abonnements.
Voir
délibération en annexe
- Les rapports entre la commune, les copropriétaires, la Satis,
étaient excellents, ce qui permettait d'avancer, voir même
d'anticiper.
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- Là encore la Satis s'engageait à «remettre chaque année, à la
commune le montant des annuités des emprunts souscrits pour la
réalisation de la station d'épuration, la station de pompage et les
réseaux ».
- La Satis étant devenue gérante, cette tâche me revenait!
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- Les terrains de Pra loup étant cédés. Il fallait penser à
réaliser les Molanes.
- Le ministère de l'équipement avait été consulté et m'avait aidé
à concevoir les grandes lignes du projet.
- Il donnait un accord de principe. Au mois de mai nous fixerions
un rendez vous, avec l'architecte conseil du département..
- Le conseil chargeait finalement Monsieur Mathé, qui avait quitté
le Cabinet de Dufayard et Monsieur Alexandris architecte de se
pencher sur le plan d'aménagement.
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- Les statistiques tendaient à prouver que les constructions
nouvelles généraient une forte progression du chiffre d'affaire des
remontées mécaniques, dès la première année de jouissance du bien
acquis. Mais également, que la fréquentation diminuait à partir de
la cinquième année.
- Il fallait en tenir compte pour la construction et la
rentabilité des remontées mécaniques.
- Il fallait fidéliser en innovant.
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- Il fallait rechercher la meilleure adéquation entre la capacité
du domaine skiable, l'équipement en remontées, l'équipement du
domaine résidentiel et sa diversité.
- Le marché Français « de la neige » était grossièrement
hypothétiquement connu.
- Comment s'appuyer sur des bases économiques pour une station,
alors que l'on ne connaissait rien sur les velléités des divers
sites à équiper.
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- Au cours de l'hiver notre nouveau télécabine allait avoir des
problèmes avec son dispositif de sécurité sur les pylônes. Il était
en panne. Les clients étaient furieux.
- Ils ne voulaient pas se priver du plaisir, au risque du
pire....j'appelais cela risque « d'Antinea »
- André et Honoré se retournait vers la Mairie, vers moi.
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- Le problème étant limité à la transmission des informations des
sécurités, je prenais la responsabilité, mais en mettant des
employés à vue pour communiquer du départ à l'arrivée.
- Les rôles étaient répartis, les clients satisfaits.
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- Le conseil se penchait sur les travaux à réaliser pour la
prochaine saison 1969 1970.
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- Honoré Bonnet décrivait les travaux à réaliser pour « étendre le
domaine skiable »
- Nous examinions la possibilité de poursuivre l'équipement du
vallon de Langail.
- Nous étions bloqués par les exigences de l’ONF, des Domaines. Le
Conseil chargeait Honoré Bonnet de solliciter la médiation de M
Ravanel, chargé du tourisme.
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La
liste des travaux était longue et le conseil voulait en répartir la
charge financière.
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- Responsable du Tourisme, nous rencontrions souvent, Monsieur
Ravanel, à la réunion des maires des stations de ski au Sénat. Il
institua la taxe Ravanel, qui porta longtemps son nom.
- Cette taxe sur le chiffre d'affaire des remontées mécaniques,
devait être votée par les communes.
- Elle devait être affectée principalement à la communication.
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- La Satis souhaitait de plus en plus transférer les charges, vers
le syndicat des copropriétaires, l'office de tourisme, la société
des eaux...la commune.
- En réponse, la commune instituait la taxe d'équipement.
- La commune devait selon les engagements rembourser une partie de
la route d'accès, je plaidais l'annulation de cet engagement et
obtenais de mes administrateurs le report. Par la suite cette dette
fût éteinte. Je devais veiller à l'équilibre.
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- Les communes se voyaient progressivement attribuer des
compétences en matière de passage des pistes, de leur aménagement,
de leur sécurisation.
- Elles étaient de plus en plus dépendantes des « exploitants » de
remontées mécaniques. Le fait d'exiger les garanties départementales
ou communales pour l'obtention des crédits, les engager
financièrement et à long terme. La C.D.C ou le Crédit National qui
accordaient les prêts à taux bonifiés par le FDES en faisaient une
exigence.
- L'état était responsable des risques qu'il faisait prendre aux
collectivités.
- Mais on ne voulait pas y penser.
- Michaud disait pourtant « ne me parlez pas des banques
Françaises. Elles sont incapables de participer.... sauf pour voler
au secours de la victoire ».
- L'état ne faisait pas prendre de risque à ses banques, mais aux
collectivités, donc aux contribuables.
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- Honoré Bonnet demandait au conseil de réaliser le doublage des
Bergeries. Compte tenu de la position des Domaines nous ne pouvions
nous engager dans ce programme.
- Nous allions pour l'hiver 69/70 faire le Betoul, le Fau, et
Sestrières.
- Ce n'est qu'en août que l'office national des forêts nous
présentait un contrat de concession sur ses terrains. *
- Le conseil cédait.
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- C'était l'époque ou le droit s'orientait vers « la libre
circulation sur les terrains enneigés » droit tiré de la libre
circulation sur l'eau des rivières classées.
- Les remontées étaient réglementées par les dispositions visant
les transports publics secondaires d'intérêt local, par extension
des trains à crémaillères, premières remontées mécaniques.
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- La circulaire la plus récente datait du 27 août 1948.
- Le prochain arrêté serait pris le 1 décembre 1969
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- Nous avions suffisamment de travail pour l'été.
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