Saison 1969 / 1970

 

 

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par Louis Lequette
 
 
Tous les services de la station étaient concentrés dans nos bureaux de l'immeuble le Génépi.
Tout le monde se croisait, se voyait chaque jour dès le matin ce qui facilite l'entente.
 
Avec Honoré, nous partagions le même bureau, la même table de travail, le même téléphone.
Nous étions donc au courant de « notre activité commune », et cela aussi  facilitait l'harmonie de la tâche.
Notre secrétaire, Jeanine Pascal, faisait si nécessaire le lien.
 
Il est toujours des gens qui essaient d'obtenir de l'un ce qu’ils n’ont pu obtenir de l'autre ou de diviser.
Chez nous c'était impossible.
Par exemple: combien de fois des petits malins profitant de l'absence de l'un, venaient quémander une carte gratuite de la part de l'autre qui lui avait soit disant attribué pour diverses raisons.
Cela ne marchait pas.
 
« Le pouvoir ne se partage pas » écrivait Françoise Giroud. Nous nous y arrivions.
Jamais il ne fût question de hiérarchie, entre Président, directeur général adjoint, directeur technique.
 
La commune que je représentais et la Satis additionnaient si l'on peut dire leurs compétences pour  régler les problèmes, les intérêts de chacun étaient respectés.
Les maires des stations avaient institué une règle informelle qui, tout en leur permettant de rappeler leur autorité, leur responsabilité, convenait à tout le monde.
Les maires réglaient les problèmes de passages des pistes et facilitaient ainsi la vie des exploitants.
En échange de quoi ils obtenaient des exploitants des gratuités. Les moniteurs par exemple ne payaient pas leurs remontées mécaniques.
En compensation ils devaient donner des leçons aux enfants des écoles, participer aux animations, à l'organisation des courses, et parfois au damage.
Tout le monde s'y retrouvait.
 
Les maires avaient pouvoir et même obligation d'exiger la fermeture de piste ou même des remontées mécaniques desservant des pistes, lorsqu'un danger était prévisible et même latent.
Pour les exploitants cette position était confortable.
 
Le projet de la station de Restefond revenait à l'ordre du jour.  Honoré avait été contacté par la société Sodeteg qui voulait que nous construisions les remontées mécaniques.  Le ministère de l'équipement soutenait cette opération.
Mais alors que nous nous étions mis d'accord avec l'ONF, en signant une convention, l'administration fiscale contestait notre accord.
Le conseil décidait, par réaction, de rompre toutes participations sur Restefond, dans l'attente du règlement de ce nouveau problème.
Un accident d'hélicoptère mis fin à ce nouveau projet.
C'était la deuxième fois que le site de Restefond était mis en « stand by ».
La dernière fois que ce projet refit surface, fût lors de la fusion de la commune de Fours avec Uvernet. Ce projet était dans la dot de la mariée. Cette fois il devait concerner, la vallée de la Moutière, de Saint Dalmas, de Restefond.
C'était complètement irréaliste et dangereux. Et puis j'avais déjà exprimé un avis sur les risques.
 
Mais parfois, ressortent des projets rangés dans des cartons et qui paraissent hors du temps.
On me téléphonait en Mairie, pour que je fasse les réserves foncières nécessaires sur les Molanes pour la construction de la Gare.
Un « général des ponts » avait imaginé que pour protéger le site des Agneliers, il fallait faire un tunnel entre la Foux et les Agneliers. Ce tunnel routier serait équipé d'un ascenseur qui monterait les skieurs au sommet du vallon de Vescal.
Alors pourquoi ne pas en profiter pour faire passer la voie ferrée, une antenne du train des Pignes.
Dans tout projet il faut faire la part du rêve.
 
Honoré Bonnet représentait la Satis à l'office de Tourisme (encore non homologué).
La Satis soutenait l'office. Le budget principal provenait des taxes que la commune prélevait au taux de  cinq pour cent sur le chiffre d'affaire des remontées mécaniques, et les cotisations versées par les commerçants.
La Satis constatait que « Certains commerçants se désintéressaient complètement de la station et surtout des cotisations».
La Satis voulait récupérer les avances faites pour le damage, l'aménagement des pistes, les secours.
Ce n'était pas facile comme position, pour le représentant de la Satis.
 
Honoré Bonnet avait obtenu que les Championnats universitaires se déroule, du 13 au 15 mars et le match des cinq nations, du 16 au 22 mars. Le Provençal et Evian allaient sponsoriser le Match des cinq nations.
Jusqu'alors ce match se déroulait aux USA.
Cela ferait une belle publicité, et une grande occupation pour l'hiver.
 
Ce match était une rencontre amicale qui ne comptait pas pour les point FIS, c'était la fête.
Nos « Coqs » de l'équipe de France savaient faire la fête, au point....de perdre.
Toute l'équipe de la satis participait à la réussite de ce Match (voir coupure presse)
 
Joseph Comiti vint pour la remise des médailles. (voir photo)
Le budget de cette manifestation s'équilibrait, aussi les administrateurs demandaient à Honoré Bonnet d'essayer d'avoir une finale coupe du monde. Le journal se déclarait prêt à assurer l'équilibre financier de cette épreuve.
 
Pour L'hiver prochain nous arrêtions finalement et seulement le 10 juin le programme de réalisation des remontées mécaniques, en choisissant d'automatiser les téléskis du Fau, du Betoul et de la Belière et la  construction du téléski du Lac et le doublage du Courtil.
Nous devions limiter les investissements au montant  obtenu par les amortissements des remontées et par la récupération de la tva.
 
La SCI (loi 1938) du centre commercial JI , dont j'avais assuré la gestion avait terminé sa mission.
Les commerces étaient ouverts. C'était le but.
La société devait donc être dissoute, nous avions reçu douze mille francs d'honoraires, les commerçants étaient satisfaits.
 
Les plans de Molanes étaient réalisés, nous pouvions commencer les ventes de terrains. (voir délibération)
 
L'organisation de la station prenait forme, avec la difficulté de faire naître une collectivité, de participer aux dépenses de fonctionnement, d'entretien.
 
Le chiffre d'affaire des remontées mécaniques passant à 1.887.000, 00 francs.
Ce résultat faisait oublier les difficultés de mise en route.

 

 

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