Saison 1970 / 1971

 

 

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par Louis Lequette
 
 
Au cours de l'été 1970, Pra loup s'était transformé en vaste chantier.
Les appartements se vendant sur plans nous pouvions espérer une forte augmentation de la fréquentation, et par suite du chiffre d'affaire des remontées mécaniques.
 
Alors que dans les Alpes et les Pyrénées la plupart des stations, voyaient leur chiffre d'affaire régresser de cinq à dix pour cent, les alpes du sud qui avaient bénéficié d’un bon  enneigement enregistraient de meilleurs résultats.
 
Ainsi Merlette, le Sauze, Saint Anne, Super Dévoluy progressaient de 5 à 10 % et Serre Chevalier de 30%, Pra loup battant les records avec 40%.
 
Pour effacer ces trop bons résultats nous allions pratiquer l'amortissement dégressif et porter au bilan la somme de  811.085 francs d'amortissement.
 
Nous avions une course de ski importante, celle du ministère de l'équipement, le 28 et 29 Mars.
Nous devions recevoir le Ministre Chalandon, son adjoint Monsieur Costa, et Monsieur Anthonioz le nouveau commissaire au tourisme pour exposer nos problèmes relationnels avec les Domaines.
 
Dans la même optique nous adhérions au Syndicat National des Téléphériques de France. (SNTF)
 
Toutes les stations connaissaient un gros développement, chaque année de nouvelles se créaient.
La réglementation devait suivre, toujours en retard.
Les relations avec la commune d'Uvernet devaient être précisées, et faire l'objet de conventions. Je ne pouvais représenter la commune et la Satis.
Jean Sigrand fût donc chargé de représenter la  Satis.
Nous demandions au ministère de l'équipement d'en jeter les bases, de nous servir d'intermédiaire.
Le Décret Ravanel, allait régler une partie des relations entre communes et exploitants.
Les textes en préparation par le gouvernement prévoyaient un retour des installations aux communes supports après trente ans d'exploitation.
Le conseil refusait, les négociations étaient suivies par le SNTF.
 
Les communes pouvaient exproprier des propriétaires privés pour organiser le domaine skiable.
La Satis demandait à la commune de procéder à l'expropriation des terrains domaniaux par voie de déclaration publique. Pourquoi pas!
Par cette démarche nous voulions démontrer que tous les propriétaires devaient respecter les mêmes règles et supporter les mêmes contraintes.
Je pense que tout le monde fût content, lorsque devenu Maire, je réglais ce problème par un échange de terrains entre la commune et les domaines.
La commune recevait, les Alpages de Langail et donnait des alpages situés à Fours.
Je réclamais au nom de l'équilibre financier les terrains de Terres Neuves à Saint Pons.
 
La commune faisait une très bonne affaire.
Elle demandait à la Satis un droit de passage et allait mettre en valeur les terrains dits «de la pépinière» de Saint Pons.
Elle avait constitué une bonne réserve foncière.
Demeurait une certaine nostalgie des habitants pour leur alpage, mais lorsque le Parc du Mercantour se créa, ces terrains se trouvaient dans le noyau du parc et subissaient un servitude.
 
Malgré les réticences et la prudence conseillée, des frais avaient été engagés sur Restefond.
Le groupe (la Sodeteg et Areja) qui était en relation avec Honoré Bonnet n'avait pu se constituer.
La société Belge Cofinindus ne les suivait pas.
La Satis devait perdre sa mise de fonds.
 
Monsieur Seneclauze devait démissionner rapidement, un an après, qu'un poste d'administrateur lui avait été confié. Il n'avait pu se déplacer pour venir siéger. Le Conseil nommait Honoré Bonnet en remplacement.
 
En Mai, Le préfet acceptait de transformer l'association syndicale des copropriétaires du lotissement de Pra loup en association Syndicale autorisée.
L'association ainsi autorisée par le préfet avait l'obligation de fonctionner avec les mêmes règles qu'une commune, le percepteur devenait le comptable de l'association.
Il avait autorité pour recouvrir les cotisations votées par l'assemblée et ne payait que les dépenses votées par l'assemblée.
La gestion de Pra Loup prenait forme.
 
Toutes les structures ayant la responsabilité de faire vivre, fonctionner, Pra Loup devaient disposer de locaux.
L'office du tourisme, l'Ecole de Ski Français, le club des sports, le centre ce secours, les télécom, la garderie d'enfants. La mairie prenait la suite de la Satis et finissait « la maison de Pra loup ». Elle favorisait l'installation d'un médecin et d'un kiné en mettant à leur disposition locaux professionnels et logements.
Enfin, elle palliait à son  besoin de salle de réunions, et de salle de cinéma.
Le tout était réalisé au dessus des garages que réalisait l'entreprise Colombero de Digne.
La Satis déposait le permis de construire, et rétrocédait à la Mairie.
 
Seule, la Mairie resterait dans sa commune à Uvernet Village.
C'était un engagement pris envers les anciens.
Cette réalisation de la maison de Pra loup, devait se faire très rapidement car elle devait être prête pour recevoir l'organisation de la coupe du monde en mars 1972.
 
Pour ce prochain hiver 70 71, nous allions effectuer le doublage du téléski de la Clappe, des Sorbiers et continuer à profiler les pistes.
L'Edf passait un contrat avec nous pour l'électrification des Molanes. Le contrat s'élevait à un million cent quatre vingt quatre francs. L'Edf voulait que nous exigions le chauffage électrique et nous assurait du remboursement de cet investissement. Nous préférions laisser le choix libre aux futurs acquéreurs.
 
L'ensemble du conseil municipal m'avait suivi sur tous les plans, pour favoriser le développement touristique, j'avais adhéré à la politique rurale.
Le monde rural aurait aimé continuer à gérer seul la commune et pourtant il fallait évoluer vers le une meilleure représentation du monde du tourisme.
Cette réflexion nous conduit à faire deux listes.
Il n'y eu pas de campagne. C'était un choix de représentation de société qui évoluait.
Il n'y eu aucune critique de part et d'autre, aucun mot déplacé.
J'avais demandé à Jean Sigrand de se présenter, et il avait décliné.
Honoré Bonnet était sur notre liste. Je lui demandais s'il voulait être Maire.
« La place te reviens » me dit-il, je vous ai aidé, à passer,  maintenant j'ai terminé.
 
Il faudra assumer....la double fonction « Mairie-Satis ».
Il faudra respecter l'équilibre.
Jean Sigrand fût toujours un bon médiateur équitable.

 

 

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