Saison 1971 / 1972

 

 

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par Louis Lequette
 
« Dix ans déjà » titraient les journaux. (voir coupure presse)
 
Tout cela avait été possible grâce aux relations de confiance qui avaient été établies entre la commune et la Satis.
Confiance, entre toute l'équipe qui demeurait solidaire, une équipe fidèle à l'esprit qui avait guidé la création de la société.
 
A l'évidence, la rapidité de croissance de Pra loup interpellait.
Mon ami Philippe Lamour vint avec Gérôme Monot pour voir Pra loup mais surtout, la Moutière et le col de la Cayolle. Ils prospectaient, nous en profitions pour faire de la montagne.
 
Philippe Lamour  développait le Queyras en protégeant le cadre et il allait prendre en charge le Languedoc-Roussillon. Gérôme Monot rejoindra la Lyonnaise des Eaux puis le RPR.
 
La commune d'Uvernet fusionnait avec la commune de Fours.  (voir coupure presse)
Le gouvernement incitait les regroupements et octroyait des avantages financiers.
 
Le gouvernement venait de prendre une position inéquitable envers certaines stations et leurs communes.
Il instituait le (FAL) Fond d'Action Locale pour compenser la perte ressentie par le budget depuis la suppression de la taxe locale (8,50 % des chiffres d'affaires)
Le critère d'attribution s'appuyait sur le nombre de permis de construire accordés au premier janvier de chaque année.
Notre dynamisme, notre rapidité de construction, nous excluait de la répartition.
Des stations de Savoie, comme La Plagne touchaient un million de francs, Saint Martin de Belleville, les Arcs touchaient plus d'un million et demi par an, alors que nous n'avions  perçu que dix sept à vingt deux mille francs.
L'évolution vers le VRTS Versement Représentatif de la Taxe sur les Salaires n'allait pas améliorer la répartition.
On avait vraiment l'impression que les critères étaient arrêtés en fonction des relations, de l'importance des groupes promouvant les stations, du relationnel!
Merlette plus jeune que nous, passait également en dehors de la distribution, des stations plus vieilles, mais qui avaient marqué une pose étaient privilégiées.
Toutes les démarches pour rétablir simplement l'équité prenaient du temps.
Il fallait trouver d'autres sources de financement, ou se contenter de réalisations à moindre prix.
 
La commune épaulait la Satis en effectuant des travaux qu'elle faisait subventionner.
Le lac de Costebelle devait nous constituer une réserve d'eau. Il était réalisé sur un lieu drainé, (on disait du temps des moins) qui donnait naissance au canal des prises d'eau. Des vestiges étaient trouvés, et prouvaient que ce lieu avait servit de passage, d'une vallée à l'autre.
 
Honoré Bonnet préparait la coupe du monde. Avant d’être un grand  succès ce fût un grand travail.
A l'époque toutes les informations se transmettaient par télex et bélino.
Et comme tous les journalistes voulaient transmettre en même temps il fallait une grande salle de presse, de nombreux appareils. Les journaux, surtout régionaux, faisaient des pages entières.
Galvanisé, porté par l'événement tout le monde fût parfait.
 
Il me revenait le devoir de clôturer par un discours.
Je remerciais, Monsieur Joseph Comiti, Monsieur Riboud d’Evian, Monsieur Leenhardt du Provençal.
Je soulignais l'anniversaire de Pra Loup.
« dix années que nous avons grandi sous l'œil clément et l'appui du gouvernement qui constatant nos efforts fructueux a  presque oublié notre existence. Nous avons réussi à construire Pra Loup, je désire maintenant assurer son équilibre. »
Joseph Comiti avait entendu l'appel.
 
Quels sont les effets d'un discours courtois? De toutes les attentes des Maires de Montagne?
Olivier Guichard était Ministre de l'aménagement, Philippe Lamour à la Datar (Délégation à l'aménagement du territoire), un comité interministériel définissait une nouvelle politique de la Montagne.
 
En marge de la coupe, on commentait les résultats de Sapporo.
Jusqu'au dernier moment, Sapporo manquait de neige. Honoré proposait de les organiser à Pra Loup.
Cela produisait un mini incident diplomatique, vite classé. On avait parlé!
On commentait le rapport, la déclaration de Monsieur Avery Brundage «  Les J.O doivent être exclusivement réservés à des amateurs » « il entendait écarter catégoriquement des élites mondiaux du ski » il citait «les meilleurs de l'équipe de France »
Il dénonçait le « rapport du sport et de l'argent, ses caisses noires, ses intérêts particuliers »
Alors la fourberie cherchait à qui cela avait bien pu profiter!
 
L'équipe de France n'avait pas assez brillé à Sapporo.
Béranger annonçait lors d'une conférence de presse sa démission. (voir coupure presse)
On parlait  de Pra Loup,  à ce niveau, on aimait les conférences de presse!
 
En Coulisse les diatribes contre l'équipe allaient bon train. Elles atteignaient le comble lors du diner de clôture à l'hôtel l'Estelan. C'était l’hallali et c'était gênant, indigne.
L'équipe de France avait perdu, certes. Lors d'un passage à l’arrivée, j’avais remarqué que le dispositif de chronométrage, tenu par Félix de Longines ne fonctionnait pas.
A ma remarque il avait répondu « je connais les temps »
Ne pas troubler l'ambiance! Douter d'une volonté?
 
Dans ce genre de compétition, les déplacements de chaque journaliste sont pris en charge par leur siège. J'assurais l'intendance. Léon Zitrone vint réclamer sa note mais se référant d'Honoré ne voulu pas payer.
Son épouse glissa sur une petite plaque de glace due à une fuite d'eau dans le garage de Costebelle sous la maison de Pra Loup. Elle se cassait le petit doigt droit. Le Maire étant « tenu d'assurer la sécurité » elle nous réclamait des dommages et intérêts. Une procédure fût lancée. J'appelais en garantie le constructeur, l'entreprise Colombero. Cela dura plus de deux ans. On nous réclamait de l'ordre de 45.000 francs de préjudice mondain. Enfin une reconstitution du « crime de lèse-majesté » se tenait devant le lieu fautif, l'Office du Tourisme. Il y avait une dizaine de personnes représentant les parties en cause.  Ne pouvant convaincre du préjudice, l'avocat des Zitrone, sortit une photo du membre déprécié. L’entrepreneur ayant autre chose à faire avait délégué Dominique le chef de chantier. Il se tenait à l'écart « des huiles ». Il devait dépasser un quintal. Une force. Lorsqu'il réalisa cette pantomime, il arriva près du groupe, et avec un geste de brasse de nageur, écarta tout le monde pour saisir la photo. 
Alors avec tout l'art de la comédie Italienne, la photo en main, il observa un bon moment sans rien dire. Et alors que tout le monde commençait à s'interroger, à perdre patience, il dit «si au moins elle était tombée sur le cul »
La reconstitution était finie. Merci Dominique!
 
Nous avions réalisé pour 817932 francs d'aménagement sur les pistes pour les  courses.
Il fallait faire une pose.
 
Mais Honoré Bonnet avait besoin de sortir de l'horizon de Pra loup. Il demandait au conseil d'envisager de s'occuper de réalisation à l'étranger. Il était conseiller à l’étambot, société qui voulait réaliser des équipements en Yougoslavie et en Roumanie.
 
Le comité de station, les discutions, les différences de point de vue,  le lassaient. Il donnait sa démission.
 
Le conseil se préoccupait du bien être de nos collaborateurs. Nous réalisions un restaurant d'entreprise. Lieu d'échange, de concertation que nous fréquentions tous, ce qui nous rapprochait.
Nous décidions de lancer un programme de logements pour les employés saisonniers qui serait payé par le 1% d'effort à la construction. Barcelonnette nous doubla sur ce projet, pour réaliser  l'immeuble « La Cayolle ».
 
Le peu d'efficacité du Syndicat national des téléphériques pour faire avancer les réformes nécessaires et nous aider dans nos démêlés avec les Domaines motiva notre retrait.
Le conseil décidait de ne construire aucune remontée durant la saison d'été 1972.
 
Nous étions dans la période de contrôle des prix. Il nous avait été accordé une hausse de 8% sur les tarifs de l'an passé. Il fallait sans cesse négocier, prouver que nous avions augmenté la qualité de la prestation. Il fallait lutter pour obtenir une réponse dans les délais pour avoir le temps de commercialiser.
 
Un ami cinéaste, Jean Dasques, me proposait de réaliser un film pour promouvoir Pra Loup.
Voici le scénario de « Jojo d'Aval »
 « Un père de famille avait donné à son enfant de dix ans l'argent nécessaire pour acheter son forfait de ski. Un affreux adulte volait le forfait à l'enfant. Toute la journée, usant de toutes les ruses, l'enfant perturbait la journée de ski ce cet adulte. Ainsi toute la station était parcourue. Le soir ont constatait les dégâts causés à l'adulte », le rôle de Jojo d'Aval était joué par Benoit Lequette.
Le film connu un grand sucés, il fût attaché à un film de Tintin et fût passé dans toute la France.
Les journaux ne tarissaient pas d'éloge sur la virtuosité en ski d'un enfant de dix ans. (recherche du journal en cour)
Ce fût tune belle promotion.
 
L'hiver 1972, se terminait.
La station fermait après le week-end end du 1er mai. 

 

 

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