Saison 1975 / 1976

 

 

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par Louis Lequette
 
Le fait le plus marquant de cette année ne fût pas la saison d'hiver qui ne déroula dans la routine.
 
Ce fût les démissions.
Jacques Margnat avait essayé sans succès de marquer son influence, et pour cela d'acquérir des actions. Il était gendre de Monsieur Senéclauze qui avait démissionné. Il était épaulé par Benoît Benedetti.
En démissionnant, il permettait à André Gandoulf de faire rentrer Bernard de Alexandris.
Jacques Gallard allait bientôt  suivre Jacques Margat, qui déclarait «  l'esprit de la fondation de la Satis change. » cela en disait long....
Honoré Bonnet confirmait sa démission du comité, qu'il avait réintégré.
 
Le comité de station sur la demande des pouvoirs publics allait se transformer en office du tourisme, émanation de la Mairie.
La loi n° 64-698 du 10 juillet 1964 entrait en application avec le décret N° 66-211 du 5 avril 1966.
Une commission municipale de sécurité était créée dans toutes les stations. La responsabilité des mairies en matière de sécurité sur les pistes et dans l'organisation des secours se codifiait.
 
Ces transferts de responsabilités ne déplaisaient pas …...mais pour autant qu’ils ne s’accompagnaient pas de transfert d'autorité. Une impossibilité!
 
La demande de normalisation des ministères se précisait avec les textes. J'en informais le conseil d'administration. La commune prenait une délibération «  pour tenter de régler les relations entre tous les organismes, dont le but est finalement identique: le développement harmonieux de la station touristique que constitue PRA LOUP. »
C'était exactement du moins apparemment « l'esprit qui avait guidé la fondation de la Satis »
Le conseil donne un accord de principe.
Toutes les stations acceptaient le protocole, visé dans les textes, classement des stations nationales,
Ce protocole donnait corps à une entente nécessaire, entre Syndicat des téléphériques, l'Ecole de Ski Français, les comités des stations.
 
En même temps la Satis demandait la garantie du conseil général et sollicitait le préfet pour obtenir les prêts bonifiés.
En ma qualité de conseiller général je défendais et obtenais cette garantie, que le conseil municipal sur ma proposition donnait également.
 
Il n'y aurait pas de réalisation de remontées mécaniques pour le prochain hiver.
 
Il fallait occuper notre équipe.
Le télécabine de Costebelle avait besoin d'un gros entretien.
Il fallait poursuivre la viabilité des Molanes.
Il fallait déjà renouveler nos dameuses. Nous allions en louer une, dernier modèle plus grosse, plus efficace.
Nous allions démarrer le restaurant, qualifié de salle hors sac, avant de devenir un restaurant d'altitude.
Nous poursuivions notre volonté de créer des logements pour les employés et en particulier pour les saisonniers, sur le 1% et prêts personnel au taux bonifié de 3%.
 
 Les actions de la Sau du Gray d'Albion se négociaient bien et nous récupérions de la trésorerie. 
 
Pour pallier au manque « d'événementiel  » de l'activité ski, la commune s'était portée volontaire pour organiser une étape du tour cycliste de France.
 
Le 13 juillet, Eddie Merckx, portait le maillot jaune et attaquait isolé et en tête la route de Pra Loup.
La foule l'attendait à l'arrivée.
 
A l'entrée des Molanes, il se faisait doublé par Bernard Thévenet, qui semblait en pleine forme alors que Eddie Merckx, peinait à un tel point que l'on cru un moment qu'il ne pourrait aller jusqu'au bout à un kilomètre et demi, à l'arrivée sur la place de l'office du tourisme.
 
Bernard Thévenet prenait le maillot jaune avec une minute et demie d'avance.
J'avais pesé et obtenu que la route de Pra loup soit confortable. La porte de notre commerce futur.
Confortable voulait que le pourcentage de pente ne dépasse pas 6%. Compte tenu de sa longueur c'était insuffisant. Avec les Ponts et Chaussées nous avions décidé de porter ce pourcentage à 7%, mais uniquement sur les parties les lieux exposés au soleil.
Nous voulions diminuer le risque de patinage des voitures.
On nous expliqua que Eddie Merckx n'avait pas changé de « braquet » et qu'il avait  « mouliné ».
Ces termes nous étaient inconnus, mais le résultat était là.
 
Je suivais comme un passionné des deux roues, notre champion  jusqu'à Paris. Je le vis attaquer en vainqueur les Champs Elysées.
Sans consulter mon conseil, j'envoyé un télex à l'AFP et divers journaux pour annoncer que Bernard Thévenet était « fait citoyen de la Commune de Pra Loup».
Pour la circonstance Pra Loup devenait Commune.
 
Au moment où  Bernard Thévenet s'avançait vers le Président de la République, Valery Giscard d'Estaing, pour recevoir les félicitations d'usage, le speaker annonçait cette nomination.
 
Nous ne pouvions espérer une meilleure communication internationale.
Nous allions organiser une réception dès l'hiver prochain.

 

 

 

 

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