Saison 1978 / 1979

 

 

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par Louis Lequette
 
 
  Constatant que la Satis communiquait par voie de presse, je faisais passer ce message au Provençal
 
            « Une équipe toujours soudée, un site de plus en plus connu et recherché »
 
Honoré Bonnet déclarait : « je ne quitte pas ma station » 
 
Un état comparatif de l'exploitation faisait prendre conscience au  conseil de l'évolution de la société. Il suffisait de le lire pour se rendre compte.
Les amortissements diminuaient, les frais généraux augmentaient.
 
Le conseil d'administration, après avoir largement délibéré, suggère:
« que les investissement soient réduits au minimum et que le service donné à la clientèle soit irréprochable, mais non superflu. »
 
Je confirmais ma démission de directeur général adjoint, présentée l'an passé en précisant « que le titre ne suffit pas pour remplir les fonctions ni à conférer l'autorité »
Le conseil acceptait et souhaitait que je conserve seul la signature de la société.
C'était une preuve de reconnaissance.
Monsieur De Alexandris demandait que ses appointements soient portés à 132.000 francs par an.
Monsieur Sartor démissionnait de son poste d'administrateur. Il était remplacé par André Toucas d'Aix en Provence.
La majorité d'André Gandoulf se confortait.
Le conseil était satisfait de la liaison des Agneliers. La commune d'Uvernet sur laquelle tout avait été réalisé, avait réglé le problème des passages. Elle achetait les alpages des Borels, avec l'intention de réaliser un refuge dans le bâtiment existant en bon état. D'autres allaient choisir de le détruire.
La Commune refaisait la toiture de l'église, tant pour la sauver que pour avoir un toit pouvant servir de refuge en cas de problèmes dans ce secteur.
 
La liaison devait être sécurisée. Monsieur Gavoty réalisait un refuge dans le bâtiment des Ponts et Chaussées. Mes collègues du  conseil général avaient suivi ma demande de location pour la création d'un point chaud pour des  raisons de sécurité.
 
La construction de l'immeuble Le Signal progressait, les ventes par action piétinaient.
Un ingénieur qui nous avait aidé dans divers domaines nous demandait une rémunération, De Alexandris proposait de lui céder un des commerce, à « un prix spécial », ce qui choquait une partie du conseil. L'autre commerce était vendu à « la belle époque ».
 
Le syndicat intercommunal Allos Uvernet  fonctionnait sans problème.
La préparation de l'hiver 1979 1980 n'appelait «  rien de neuf si ce n'est l'affectation de Rémy Asso à un poste de responsabilité dans le contrôle des caisses et le contrôle de la fraude éventuelle de nos clients sur les remontées mécaniques »
Au cours de l'hiver nous découvrions une fraude sur les cartes journalières.
Nous arrivions à localiser le fraudeur, qui imprimait des fausses cartes. N'arrivant pas à contacter rapidement le Procureur, pour obtenir l'autorisation d'effectuer une perquisition, je prenais l'initiative de visiter un chalet suspect, accompagné d'un gendarme.
Nous trouvions toutes les preuves. J'en référais au président puis au conseil.
 
Le président m'interdit de poursuivre «  C'était un sous directeur de banque national et on pouvait en avoir besoin »  J'eus ma première altercation.
Selon que tu seras puissant ou misérable …
Évidement cela mis fin à la mobilisation de tous contre la fraude.
 
Les Relations entre les communes et les exploitants en remontées mécaniques devaient faire l'objet d'une mise au point. Le sujet couvait et il allait éclore lors de l'examen de la loi sur les transports publics d'intérêts locaux.
Les communes étaient d’abord responsables des risques humains, elle devaient donner des garanties financières, elles prenaient donc en dernier ressort, les risques de l'exploitation, elles devaient régler les conflits avec les propriétaires fonciers dont les terrains étaient nécessaires aux équipements, elles devenaient responsables de la promotion, et des risques naturels.
Certains exploitants voulaient disposer de ce confort, sans être soumis à un certain retour en acceptant de contracter au travers un contrat de concession, par exemple.
 
Ce serait pour  fin 1979...et 1980.
 
Emmanuelle Vitriat, l'un des premiers opérés du cœur venait se reposer à Pra Loup. J'obtenais son autorisation pour fêter le dixième anniversaire de son opération. Il acceptait sous réserve que ne soit présent qu'un seul journaliste. Je choisissais AFP
La photo fit le tour du monde!       Merci Emmanuel
 
Le conseil municipal sur la proposition de Yves Janin, conseiller municipal, organisait par son Office du Tourisme, le premier festival animalier, vocation de Pra Loup. L'idée était bonne.
Paul Emile Victor venait y assister.
Denise Fabre choisi comme présidente, devait remettre le trophée, le « Croc de Cristal ».
Le seul problème était que cette manifestation prenait la quasi totalité du budget de l'Office du Tourisme.
 
 De Alexandris, Honoré Bonnet, Thierry Gandoulf, Jean Chambre maire de Barcelonnette voulaient créer un circuit de conduite sur glace. L'idée était bonne mais on ne pouvait choisir plus mauvais endroit. La glace ne pouvait tenir longtemps. C'était trop de leur demander de le mettre dans un quartier à l'ombre. Le conseil municipal bien que conscient de cette erreur d'implantation, donnait son autorisation sur des terrains communaux. Dès que le soleil s'élevait, la glace du circuit était éphémère, « comme ma rose ».
Il eut son instant de gloire, lors de l'inauguration.
Jacques Villeneuve le pilote canadien  avait un chalet à Molanes, il honorait de sa présence.
Dans l'assistance, on notait la présence d'Alain Prieur le cascadeur, personne ne faisait attention à Christian Estrosi qui lui faisait tout pour briller sur sa moto.
L'humour Français n'allait pas manquer pas de rappeler ses débuts. La moto allait le conduire au sommet de la politique. Il sera ministre.
Par humour ses collègues le disaient « motodidacte ».
 
Après un démarrage rue de Miromesnil, la maison des Hautes Alpes et de  l'Ubaye s'installait avenue de l'opéra à Paris. Notre association de Maires voulait maintenir sa présence dans la capitale pour attirer la clientèle dans les Alpes du Sud.
Le cocktail réunissait de nombreuses personnalités.
 
Le secrétariat d'état au tourisme rappelait aux communes les règles d'octroi des prêts à taux bonifié destinés aux équipements touristiques.
Les garanties des collectivité sont demandées pour tous les emprunts nécessaires au financement des remontées mécaniques.
L'obligation d'établir des contrats entre communes et exploitants. Il ne souhaitait pas signer de convention pour officialiser les rapports entre exploitants, ESF, mairie. Je confirmais sa position par lettre.
De Alexandris m'écrivait qu'il préférait en rester au droit coutumier.
Le conseil municipal demandait par délibération à l'administration « de bien vouloir l'aider à mettre au point une convention d'affermage.
La délibération était remise à De Alexandris. Il faut souligner d'ailleurs que Honoré venait à chaque réunion suivre les débats du conseil municipal.
On ne pouvait être plus au courant.
Tout était transparent.
 
La commune proposait de signer une convention tripartite, entre les remontées, et l'école de ski.
Elle essuyait un refus. Nos propositions, les mêmes dans toutes les stations, étaient qualifiées de « tendancieuses ». Malgré tout j'essayais d'effacer « les ombres » par la lettre ci joint
Il était clair que l'équipe De Alexandris voulait allait au clash.
La presse le soulignait. «  Le torchon brule à Pra Loup »
 
Les petits actionnaires de la Satis, s'inquiétaient. Par leur souscription dès le départ, ils avaient provoqué le mouvement de confiance, qui avait attiré les « capitaux extérieurs ».
Leur affaire passait dans les mains d'un groupuscule.
Après consultation du ministère, leur proposait de racheter leurs actions.
 
La préparation de la loi relative aux « transports publics d'intérêt local » suscitait beaucoup de réactions, car les imprécisions du passé avaient laissé un vide juridique.
L'association des Maires me chargeait d'en suivre l'évolution. Je rédigeais une motion sous forme de vœux qui était voté à l'unanimité par le conseil général du département, puis par d'autres conseils généraux des départements de montagne.
 
Monsieur Becam secrétaire d'état direction des collectivités locales, Gilbert Bellin sénateur du Puy-de-Dome, Maurice Charretier vice président de la commission des lois, Roger Chinaud Président de l'UDF, Michel Barnier député de Savoie, Michel Brocart député , les maires de Tignes, de Saint Martin de Belleville, de  l'Alpe d'Huez, de Saint Chaffrey,  appuyaient la nécessité de clarification.
 
De nombreuses stations connaissaient les mêmes difficultés, la presse nationale et régionale soulignait les divers conflits.
 (* je peux mettre divers articles et lettres)
 
Dans le Figaro, Geneviève Gaillet reprenait le même sujet que Danièle Arnaud dans «  La neige empoisonnée » mais pour prouver que « Le snow business n'a pas tué la Montagne »
Nous étions cités en exemple, «  faisant bon ménage »
L'exemple de Pra Loup, où le promoteur venu de Lille il y a quelques années est maintenant maire et conseiller général prouve que colonisés et colonisateurs peuvent faire bon ménage.
 
De Alexandris et ses amis y trouvaient ombrage, faute de laize popularité?
Pendant mon absence ils allaient fabriquer une faute de toute pièce…

 

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