Saison 1979 / 1980

 

 

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par Louis Lequette
 
 
Apparemment tout allait bien. Je faisais semblant d'ignorer les intrigues qui se tramaient.
A l'écoute, j'avais mes fidèles et la presse, puisque mes ex -amis aimaient lui confier confidentiellement les toutes dernières nouvelles...espérant s'attirer les faveurs de la population.
 
Les positions du conseil m'étaient négatives. Il refusait la reconduction du ski pass Vallée. Je présentai un candidat pour réaliser un hôtel-club, De Alexandris disait avoir un autre projet.
Thierry Gandoulf et Honoré Bonnet voulaient doubler le téléski du Péguieou. C'était une erreur.
Le conseil les suivait. Mais sur l'avis du service d'étude et d'aménagement de la montagne de Challes les Eaux, le Préfet ne donna pas l'autorisation de construire.
 
Certains de nos collaborateurs allèrent travailler en « Irak » ou Honoré Bonnet avait un contrat.
J'en étais averti comme les futurs exclus du  conseil au dernier moment.
 
La position de l'administration fiscale devenait préoccupante. La Stuv fermier du Syndicat avait récupéré globalement la tva sur investissement.
Le conseiller fiscal du promoteur De Alexandris était, Monsieur Lechien
Il innovait dans les niches fiscales possibles.
 
J'étais informé par Jean Pierre Soissons que Gandoulf avait  chargé Honoré Bonnet de le rencontrer pour obtenir que la commune ne puisse acquérir des actions de la Satis.
La réponse était claire « Le dossier de Louis, est sous mon coude. La démarche de la commune s'inscrit dans les objectifs du gouvernement »
La démarche se soldait par un échec.
 
La presse faisait largement état de cette évolution de l'évolution des rapports entre diverses stations et leurs exploitants.
Nouvelle attaque du promoteur de la station de contre le Maire d'Uvernet
Un mouvement qui fait boule de neige, celui des maires des stations désirant prendre le contrôle des remontées mécaniques.
L'affaire de Tignes  Alpe d'Huez, conflit municipalité- remontées mécaniques devant le tribunal administratif.
Pra Loup un Maire à liberté contestée.
Honoré Bonnet, l'affaire Satis
Minute qui reprenait un interview d’Honoré Bonnet voulant rebondir sur celui du Figaro.
Toutes ces communications ne pouvaient améliorer l'ambiance.
 
Même le Président de la République, Valery Giscard d’Estaing, lors d'une visite surprise à Notre Dame du Pré venait entendre et appuyer le Maire qui déclarait «  la commune gardera la maîtrise des remontées mécaniques. Le dossier est prêt: il a été transmis à Paris.. »
 
Nos collaborateurs souriaient sous cape. Ce n'est pas inintéressant de les entendre.
« Il y a plus de monde au bureau que sur les pistes » l'un me disait « laisse pisser le mérinos »
« De Alexandris n'est pas de la montagne »......
Ils savaient que le Président s'octroyait 132.000 francs et qu'il freinait les autres rémunérations.
Les petits actionnaires éconduits réagissaient.
 
Le conseil municipal suivant les directives de l'administration et le désir des petits actionnaires se portait acquéreur d'action de la Satis, par l'intermédiaire de son Office du Tourisme.
Le conseil obtenait facilement les crédits pour cela
Je poursuivais ma mission pour l'association des maires pour faire aboutir la loi TPIL . Toutes ces réunions de travail élargissaient mes connaissances et servaient la commune.
 
Hormis le club, André Gandoulf, son fils, Honoré Bonnet, aucuns autres administrateurs ne pouvaient imaginer ce qu'ils tramaient.
 
A la réunion du conseil du 16 juin, c'est par surprise que le président fît « une communication » demandant ma révocation en qualité d'administrateur et ma mise à la porte pour faute grave. Il se gardait de dire toute la vérité, occultait nos échanges.
Honoré Bonnet insistait, « cet homme a trahi sa société, il doit s'en aller » «  je connais ce genre d'attaque émanant de gauchiste »
Personne ne pouvait m'imaginer « gauchiste »!
Jean Sigrand trouvait cette attaque inadmissible «  Il est impossible de sanctionner un homme qui travaille depuis 19 ans à la Satis......ne se trouve pas être le seul responsable de la situation actuelle » 
Jean Sigrand demandait la convocation d'une assemblée générale et la démission de tous les administrateurs.
En septembre De Alexandris revenait sur les modalités de licenciement.
Le 1er septembre le conseil convoquait une assemblée générale.
 
Lors de cette assemblée générale du 27 octobre 1979, et la réunion du conseil qui suivit, la Famille Sigrand allait payer ses franches positions.
Le père et le fils allaient être évincés du conseil d'administration.
 
Le vote est explicite.
Le club, De Alexandris, Gandoulf, faisait élire à la place des deux Sigrand, Jean Chabre notaire et maire, et Saint Gal de Pons.
L'incompatibilité des fonctions était évidente. Il conseillait mal le conseil.
 
Entre temps pour étayer leurs positions  Profitant de mon absence  et alors qu'ils m'avaient garanti de ne rien entreprendre à mon encontre durant cette absence, ces administrateur procédaient en catimini à une action tendant à prouver que le livre « de transfert des actions avait été volé »
Ils recherchaient une faute grave.
 
Extrait de la déposition:
«  à la suite d'un coup de téléphone de Monsieur Honoré Bonnet directeur de la Satis, je me suis rendu à Pra loup le 23 Aout 1979 dans la matinée, à la demande de Monsieur De Alexandris PDG de la Satis, rechercher le registre d'établissement et mouvements des actions de la Satis, logiquement et légalement, ce registre devait se trouver dans le coffre.
Ce coffre été ouvert par le directeur adjoint de la Satis, Monsieur Thierry Gandoulf, j'ai pu constater l'absence de ce registre..... »
 
Dans la déclinaison de ses qualités il oublié de dire et  il n'était pas le seul, qu'il avait été recruté, par moi! Belle reconnaissance!
Que d'erreurs, de mensonges et quel manque de bienveillance dans leurs actions!.
Le club manquait totalement de professionnalisme.
 
La Satis était une société anonyme, non astreint à l'obligation de tenu d'un registre de mouvement.
De ce fait aucun mouvement ne se trouvait porté depuis 1966. Ce livre inutile demeurait bien rangé avec  mes divers livres de droit, les conventions et autres divers.... à sa place habituelle comme le précisait Françoise, une secrétaire.
 
Ces récits n'auraient aucun intérêt, s'ils n'avaient radicalement orienté le devenir de la Satis.
Le conseil municipal, nombreux étaient ceux qui travaillaient à la Satis, souhaitait simplement mettre les rapports entre mairie et exploitant , en conformité avec les textes.
 
L'administration qualifiait «  de douteux » certains accords.
L'acquisition des actions des actionnaires minoritaires suffisait.
La réaction du conseil était solidaire fut de se porter acquéreur de la majorité.
De Alexandris invitait le conseil à faire un recours au tribunal administratif.
Allions nous faire comme Alpe d'Huez ?
 
Cette fois je savais à qui j'avais à faire, il fallait essayer de négocier l'apaisement.
 
La station devait tourner, personne ne devait percevoir ce que je croyais encore pouvoir demeurer comme une divergence.
Honoré Bonnet avait réussi à organiser une épreuve de Ski Parallèle.
 
Le cascadeur, Alain Prieur, avait au cours de l'hiver passé sauté en montagne au dessus du chalet de la Dalle en Pente. Il voulait sauter du parking des Clappiers sur la route d'accès.
J'étais sûr qu'il se fracasserait.
Le maire est responsable de la sécurisé. Je m'opposais. J'eus cette réflexion « cela fera une publicité bordée de noir ».
Pour éviter les éclats, je donnais un avis sous réserve de celui du Préfet à qui je téléphonais.
Prieur allait « atterrir » sur la route départementale. Le Préfet ne donna pas son autorisation.
Madame Prieur allait me remercier.
Quelques temps plus tard Prieur voulu passer d'une aile d'un planeur en vol à une autre aile d'un autre planeur. Il mit fin ainsi à ses jours.
 
Le 27 octobre 1979 l'assemblée générale convoquée spécialement à cet effet, votait l'exclusion de la famille Sigrand et la mienne.
Jean Chabre qui avait été nommé pour conforter la majorité était élu administrateur.
Il avait des vues politiques aussi il  allait vite démissionner  pour incompatibilité entre les diverses fonctions de Maire Notaire et administrateur.
 
Jean Sigrand me demandait «  Louis qu'allez vous devenir », ce à quoi je répondais «  je ne sais pas....je reste ».
Il allait être le premier à vendre leurs actions à la commune, il était écœuré, blessé, fidèle.
 
La neige calme les esprits, elle tomba pour le dernier hiver de la Satis privée.
 
Les clients de la station ignoraient ces manœuvres  nées du refus de normaliser les rapports entre la municipalité et la Satis, de se conformer aux dernières directives, mais aussi ... cachant aussi des intérêts privés et des rancœurs.

 

 

 

 

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