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- par Louis Lequette
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- On ne peut dire que cette période fût
calme et que la cohabitation fût agréable.
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- Le bras de fer s'instaurait, l'équipe
De Alexandris - Gandoulf - Bonnet était convaincue
qu'ils allaient faire « plier » la commune.
- Ils ne signeraient pas de
concessions, disposeraient des terrains communaux....
- La mairie était à leur disposition.
Elle assurerait la sécurité, les droits de passage, la
promotion.....les risques des garanties d'emprunts
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- Au Mexique « les intermédiaires sont
raisonnables dans leurs prétentions »........
- C'était peut être une invitation.....
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- Certes la mairie avait fait tout ce
qu'elle pouvait pour aider la Satis à naître.
- Elle souhaitait encore l'aider, mais
les rapports entre les collectivités et les exploitants
avaient évolués. Avec un temps de retard le gouvernement
avait légiféré.
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- Imaginons qu'un maire accorde toutes
les facilités à la société dont il est le directeur
général !
- Que de soupçons en perspective !
- C'était cela que voulait l'équipe, et
ils le dirent, il leur fallait« un maire salarié de leur
société ».
- Il le dirent lorsque, pour connaître
leurs intentions, je leur demandais « vous voulez que je
démissionne de la place de Maire.? »
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- Sans grand succès ils allaient voir
le préfet.
- Ils décidaient de porter l'affaire
devant le tribunal administratif. Ils voulaient faire
annuler les acquisitions d'actions par l'Office de
Tourisme. Cette transaction avait reçu l'aval de
l'administration.
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L'Alpe d'Huez en faisait
l'expérience.
- L'aval du gouvernement, de
l'administration, qui appuyait la commune qui suivait
les directives.
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- En m'écartant du conseil, en
réclamant ma démission de directeur général, et
finalement en me licenciant, ils me plaçaient dans une
position juridique confortable.
- Nous restions courtois.
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- Une fois néanmoins, le président
était seul en face de moi dans mon bureau. Il m'assenait
de reproches, de fadaises, de fautes artificielles.
- Je me levai rapidement pour lui
dire « vous savez comment nous traitions des gens comme
vous à la coloniale ».
- Il eut tellement peur qu'il tomba de
sa chaise et fit un malaise. J'étais amené à le soigner
et à le ramener chez lui.
- Je me rappelais qu'il m'avait déjà
fait un malaise en traversant le vallon des Agneliers,
en peau de phoques par le col de Sestrière. J'avais
heureusement ce qu'il fallait en poche pour remédier aux
chutes de tension.
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- Je commençais à bien connaître ses
limites.
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- Je proposais à De Alexandris
d'acquérir leurs actions.
- Ils estimaient la Satis à cinquante
sept millions huit cents mille francs.
- A l'époque on parlait que Vars allait
se vendre entre 25 et 30 millions.
- On pouvait prendre son estimation
pour un compliment, j'allais m'en servir...
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- Le préfet acceptait de nous réunir
pour trouver une solution à cette impasse.
- De Alexandris, A Gandoulf et H Bonnet
défendaient leurs intérêts et je défendais la
municipalité.
- Monsieur Relave du Seatm, le
directeur de l'équipement Mr Drevon assistaient.
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- Le directeur de l'équipement faisait
valoir qu'il y avait beaucoup de surface à bâtir.
J'étais obligé de le tancer, de le prier de ne pas
défendre les promoteurs.
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- Certes, il y avait des terrains, mais
nous devions nous soumettre aux procédure des UTN et des
PPDT (unité touristique nouvelles et plan pluriannuel de
développement touristique) et nous avions un Pos, et il
fallait vendre ces terrains.
- C’était une valeur potentielle.
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- Honoré Bonnet exposait les
possibilités de développement.
- On pouvait développer vers le
Villaret, faire un téléporté partant des Chapeliers qui
deviendrait la porte d'accès de la station. On pouvait
étendre les constructions sur les plateaux de Bessan.
- On pouvait équiper les Séolanes,
doubler le télésiège des Molanes, faire des parkings à
Molanes.
- C'était un développement éventuel
à réaliser.
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- Lorsque l'on vante autant une
marchandise, c'est que l'on est vendeur.
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- Au bout d'un moment la valeur de la
Satis diminuait de presque la moitié. C'était encore
trop au regard de la valeur payée pour les premières
transactions. C'était un problème d'équité, un cas de
conscience.
- Comment réajuster les transactions
passées? Nous n'avons pas trouvé de solution, dans le
cadre du code des marchés.
- La station ne pouvait rester
longtemps dans une impasse.
- Sous l'autorité du Préfet nous
arrêtions la valeur de 700 francs l'action et convenions
d'un délai de réflexion.
- Le conseil devait être consulté. Sur
cette base, la valeur globale de la Satis était estimée
à 15 millions et non 57 millions.
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- André Gandoulf se déclarant solidaire
de De Alexandris demandait une estimation de la Satis.
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Il proposait le Cabinet Roux, qui
avait déjà travaillé pour la SATA, exploitant des
remontées mécaniques de l'Alpe d'Huez
- Il m'écrivait « mon cher Louis ».
Mais il rejetait, toutes mes tentatives de conciliation.
- Il votait mon exclusion.
- Leur proposition d'indemnisation
était ridicule. Elle ne tenait même pas compte des plus
élémentaires règles.
- Nous en arrivions à porter cette
affaire devant la justice.
- L'avocat de De Alexandris fût requis.
Nous allions le retrouver dans toutes les affaires,
adversaire de la commune, défendant Transmontagne, les
faux en écriture. Nous y reviendrons.
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Sous la signature de deux
conseillers, la mairie avait envoyé une lettre aux
actionnaires leur confirmant que nous pouvions acquérir
leurs actions.
- Nous avions proposé de doubler la
valeur du nominal soit 200 francs par action.
- Nombreux étaient ceux qui
souhaitaient vendre.
- Nous avions déjà acheté pour 700.000
francs d'actions avec l'autorisation de
l'administration.
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- Le conseil d'administration de la
Satis, sur proposition de Jean Sigrand, décidait de
démissionner dans son ensemble et de convoquer une
assemblée générale.
- Il notait « que les oppositions avec
le conseil municipal se sont aggravés par la révélation
de la prise de participation à notre capital . »
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- Je tentais une nouvelle tentative de
médiation en demandant que trois postes
d'administrateurs soient réservés à la mairie.
- La réponse fût sans appel. Le
résultat des votes le montre clairement.
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La Famille Sigrand et les trois
représentants de la commune sont éliminés.
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- Devant ce blocage le conseil
municipal décidait de poursuivre les acquisitions
d'actions, sous couvert et avec non seulement
l'autorisation mais les encouragements de
l'administration.
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La presse résumait la situation.
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De Alexandris était renouvelé à la
présidence
- Il s'allouait 11.000 francs par mois.
- Maniant l’ouverture, il bluffait le
conseil avec des positions intransigeantes.
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Le 2 février 1980, il disait à son
conseil d'administration, avoir entrepris des actions
auprès du sous préfet, du préfet, du ministre.
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- Il dissimulait la vérité.
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Il avait en mains la lettre du Préfet
du 5 novembre 1979, adressée au ministre de l'intérieur,
confirmant que la délibération du conseil municipal qui
décidait de l'acquisition d'actions serait exécutoire le
4 janvier 1980.
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- Personne ne faisait attention à
l'esbroufe, aux contre-vérités.
- Au contraire, le conseil municipal,
en déduisait qu'il allait vendre, histoire de temps et
d'argent.
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Et puis il devait savoir, que dès
1980, André Gandoulf avait fait une offre de vente, à la
municipalité sous réserve du cours.
Malgré notre réserve, des
informations filtraient par la Satis, habituée aux
conférences de presse.
cela détériorait l'esprit de
courtoisie........
L'adjoint rappelait " qui souffle le
vent, récolte la tempête"
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- L'obligation d'aboutir à la
transformation de la Satis de Sté privée en Sté
d'économie mixte progressait.
- Certain de l'aboutissement de cette
transformation, le conseil municipal demandait
l'intervention du service d'étude et d'aménagement
touristique de la montagne pour élaborer le devenir de
la station.
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Une analyse du domaine skiable
s'imposait.
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- Enfin, André Gandoulf et De
Alexandris décidaient de vendre leurs actions à la
mairie.
- Ils en informaient le conseil le 11
octobre 1980.
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Thierry
Gandoulf et Honoré Bonnet
démissionnaient.
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En janvier 1981, le ministre de
l'intérieur, le ministre de l'économie, le ministre du
budget, le ministre des transports, signaient un arrêté,
approuvant l'acquisition par la commune des actions de
la Satis.
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- J'allais devoir assurer, l'intérim
par cooptation, la fonction de Président, jusqu'à la
prochaine assemblée.
- Pierrot Rosetto était nommé
administrateur. Je retrouvais, un ami avec qui j'avais
réalisé la route d'accès en 1960.
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- L'opération du Signal, en
multipropriété, tournait au désastre.
- Nous avions sur le dos un
redressement fiscal.
- Il nous fallait rénover le parc des
remontées mécaniques.
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- Guy Lyons assurait avec dévouement et
compétence, la direction de la station durant la saison
d’hiver.
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- Un hiver sans aucun problème se
déroulant à la satisfaction de tous.
- On pensait à l'avenir de la station.
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