Saison 1984 / 1985

 

 

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par Louis Lequette
 
 
De 1968 à 1983 le nombre de skieurs avait progressé en France de un million à six millions, sans compter les étrangers que l'on estimait à six cent mille.
 
Pourtant la crise venait.
Les conséquences du choc pétrolier, le nombre de stations créées, le nombre de logements réalisés amenaient les promoteurs à faire des logements «  de plus en plus petit ».
Nous avions en 1960 fixé la grandeur du lit « administratif » à 15 mètres carrés, on construisait désormais des studettes de 17 mètres carré, et pour quatre personnes. Cela allait avoir une incidence sur le stationnement des voitures.
De une voiture par logement de 60 m² on passait à une pour une studette de 20 m².
Par contre le skieur consommait moins de ski, l'expression limer les pistes devenait du passé.
 
Certains disaient qu'il fallait démocratiser le ski, d'autres disaient le populariser, il fallait rechercher de nouveaux marchés, les chercher vers une couche de population moins favorisée, le bas.
Notre administrateur Monsieur Graff des Marmottes Bleues, revendait une option sur un terrain pour limiter les risques. Il démissionnait de son poste d'administrateur.
Une alerte?
 
Il fallait commercialiser, vendre  l'occupation de nos stations.
Le conseil général refusait de prendre en compte le projet d'implantation d'une maison départementale ou régionale du tourisme à Paris. Alors que quelques années avant, tout le monde était satisfait de l'inauguration de la Maison des Hautes Alpes et de l'Ubaye! C'étaient les mêmes élus ….!
 
Faisant suite à mes démarches, Monsieur Richard, directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignation avait finalement accepté  de rentrer au capital de la Satis.
 
Le dynamisme de la station avait séduit la CDC.
La note technique exposant l'ensemble des investissements durant les cinq dernières années, la progression du chiffre d'affaire, les potentialités convenaient à la caisse.
Vars et Pra loup avaient investit la même somme, de l'ordre de cinquante millions en cinq ans et faisaient pratiquement le même chiffre d'affaire avec leurs  remontées mécaniques.
 
Les besoins d'élargir la surface financière de la Satis était évident. L'actionnaire principal, la commune, avait une surface financière limitée, même si ses taux d'imposition étaient parmi les plus bas des stations, voir des communes.
La Caisse des Dépôts était donc bien venue.
 
Nous verrons que cet espoir fût assez illusoire. La CDC  siégera au conseil d'administration. Elle demandera que la direction de la Sem soit confiée à sa filiale la Scet.
Notre espérance était que la caisse nous fasse entrer dans son réseau de station, et consolide notre capital pour poursuivre le développement de la station.
C'est ce que j'avais clairement exposé lors de mes discutions préalables avec le président Monsieur Richard, qui adhérait à ce schéma.
 
Les sportifs, les notables ont une propension à faire parler d'eux, d'où leur relation avec la presse. C'est leur fonds de commerce.
La presse annonçait le départ de Jacky Fourno. Apparemment, cette fois ce n'était  «qu'un bruit !» Jacky Fourno n'était pas au courant.
Nous en parlions ensemble et pour mettre fin à cette polémique il était obligé de répondre par voie de presse.
Comme nous le supposions, tous les deux, cette information cachait une manœuvre de déstabilisation. Je demandai au conseil d'administration d'apporter son soutien à notre directeur.
 
Malgré ma volonté de le conforter par la mise au point d'un contrat le protégeant, Jacky préférait programmer son départ de la station.
 
Jacky avait le parler franc. Il soulignait devant le conseil « le peu de reconnaissance et de compréhension voire les critiques de certains au sein de l'entreprise mais aussi au sein de la station ».
 
La station allait perdre dès le printemps 1985, un précieux collaborateur, passionné par « sa station », par sa montagne.
Pour ne pas exposer toutes ses qualités, je dirai simplement que nous perdions un « Homme ».
 
Ceux qui louvoyaient dans la pénombre  et qui étaient à l'origine de cette volonté de le déstabiliser n'en étaient pas,... il fallait donc veiller.
 
Jacky Fourno formait avec Jean Bellon qui avait la charge de l'Office de Tourisme, une franche équipe. Jean Bellon avait été le premier moniteur de la station, fondateur le l'ESF.
C'était un des piliers dévoué de Pra loup.
Malgré son dévouement à la station, sa puissance de travail, (il ne regardait jamais le temps qu'il consacrait à sa mission) il subissait également des critiques sournoises.
 
Et pourtant, notre gestion commune était appréciée, à l'extérieur de la vallée, au point que d'autres communes venaient s'intéresser à notre fonctionnement. Digne nous envoyait une commission.
La Satis avait désormais un quart de siècle.
 
L'administration préfectorale craignait à juste titre de voir les skieurs allant d'Allos à Pra loup ou de Pra loup à Allos soient dans l'impossibilité de regagner leur hébergement en cas de panne d'un des appareils permettant la liaison. Elle demandait aux deux communes, donc aux deux sociétés de sécuriser la liaison, en doublant la chaîne des remontées mécaniques qui la constituaient.
 
J'avais obtenu du conseil général, l'ouverture du refuge des Agneliers pour créer un point chaud.
Jo Gavoty y faisait merveille, un passionné de montagne qui créait une ambiance chaleureuse que la clientèle recherchait.
Lorsque Jean Chabre devint conseil général le refuge fût fermé, ainsi que l'accès par la route.
La liaison avec Allos perdit beaucoup par la suppression de ce point chaud qui rassurait..
La commune avait refait l'église, qui pouvait servir de refuge, mais c'était « un toit sans âme », sans la chaleur de Jo.
 
Effectivement dans un tableau catastrophe, on imaginait quatre à cinq cents skieurs ne pouvant regagner l'une ou l'autre des deux stations, on imaginait le scénario obligeant de réquisitionner des autocars pour rapatrier ces skieurs en passant par Digne, quatre heures de route.
Si l'assistance psychologique n'était quand même pas, pas encore, un devoir des maires, les deux Mairies se voyaient rappeler, « l'obligation d'assistance » « la responsabilité en matière de sécurité ».
Les deux sociétés, la Safa et la Satis se concertaient pour les investissements nécessaires et leurs gestions.
 
Le conseil de la Satis était invité à se pencher sur le sujet.
 
Alors que nous n'avions pas encore réglé le problème du contrôle fiscal de la Satis privé, nous avions un nouveau contrôle, portant principalement sur l'immobilier, hérité de la Satis.
 
Le contrôleur donnait franchement l'impression de vouloir nous mettre en difficulté. Il affirmait être intéressé aux pourcentages. Il était difficile de savoir ce qu'il cherchait... il se dégageait, une ambiance malsaine... une volonté de nuire.
Sa personnalité se révéla au grand jour, dans une autre affaire à Digne.
Il arrivait à faire parler l'épouse d'un contrôlé... avec des  méthodes de séducteur que l'administration devait réprimander.
 
Au cours de l'été 1985, La collaboration avec la SCET, Société d'équipement du territoire, filiale de la CDC, se mettait au point. La Satis avait désormais les conseils extérieurs d'experts, de gestionnaires et un banquier privilégié. La Satis y croyait!
 
La SCET nommait Monsieur Chanel au poste de directeur délégué.
La Satis consolidait ses positions.
 
L'assemblée annuelle du 21 mars 1985 approuvait la nomination au poste d'administrateur, de Monsieur Constantin, représentant de la CDC et de Monsieur Blin, représentant la SCET.
Elle prenait acte du  résultat bénéficiaire de l'année 1984, de 313.263.00 francs.
 
La CDC demandait d'élargir l'objet sociale de la Satis afin quelle puisse « gérer, exploiter, tous biens, meubles et immeubles, et tous services publics nécessaires au développement touristique, culturelle, et sportive de Pra loup »
 
Nous avions des partenaires sérieux, qui semblaient désireux de développer nos activités.
La Satis semblait être dans de bonnes mains.
 
La CDC  et la SCET installaient leur directeur Monsieur Chanel le 8 juillet 1985. Jacky Fourno lui transmettait fonction devant le conseil, en faisant les remarques nécessaires sur les réalisations que le conseil voulait réaliser.
 
Il fallait en accord avec la CDC et la SCET préciser le rôle de nos nouveaux partenaires.
« des intervenants dans le cadre de services extérieurs, mais qui ne prendraient en aucun cas des positions au lieu et place de la SEM. »
 
Attentifs, participant aux choix ou simplement les accompagnants!
 
CDC et SCET à la fin critique; fort de la puissance de la CDC ! N'hésitant pas à dire .. Monsieur Chanel selon ses dires : « Les habitants de la vallée vivent dans un climat de confinité !! »
 
Par besoin de minimiser les résultats de la société, Monsieur Follacci demandait que le poste de livraison à soi-même soit diminué de un million cinq cent mille francs.
C'était peut être un besoin de dénigrer. Il préparait son avenir!
Cette diminution de résultat nous amenait à une présentation du résultat fiscal en déficit de  313.263, 02 francs le cash flow demeurant à 3.400.000 francs.
 
Il faut préciser que le conseil d'administration, que l'administration fiscale qui nous avait contrôlé, que l'administration, que les commissaires aux comptes et divers conseillers juridiques avaient tous jusqu'alors admis la façon d'évaluer.
Le montant de ces travaux était estimé, à la vue de leur prix de revient, selon la comptabilité interne et se situait bien en dessous des évaluations des entreprises extérieures.
 
Il faut dire que lors de la campagne du conseil général ce résultat permettait au maire de Barcelonnette, Jean Chabre, de déclarer que la Sem Satis était « au bord de la faillite, ce qui justifiait l'entrée de la Caisse des Dépôts au capital »
 
L'ensemble du personnel souhaitait porter plainte, car ce tract diffusé dans la vallée était très déstabilisateur.
 
Lorsque la Sem Jausiam, fût entrainée à la faillite par la Sicalp, personne n'ajoutera par des affirmations de ce genre.
Chacun se rappelle qui gérait, qui récupéra le stock et le matériel durant la période suspecte.
 
C'était d'une inélégance qui n'a pas cours …...
La noblesse de la Politique, n'a pas cours chez les politiciens.
 
 
 
 

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