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par Louis Lequette
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- De 1968 à 1983 le nombre de
skieurs avait progressé en France de un million
à six millions, sans compter les étrangers que
l'on estimait à six cent mille.
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- Pourtant la crise venait.
- Les conséquences du choc
pétrolier, le nombre de stations créées, le
nombre de logements réalisés amenaient les
promoteurs à faire des logements « de plus en
plus petit ».
- Nous avions en 1960 fixé la
grandeur du lit « administratif » à 15 mètres
carrés, on construisait désormais des studettes
de 17 mètres carré, et pour quatre personnes.
Cela allait avoir une incidence sur le
stationnement des voitures.
- De une voiture par logement
de 60 m² on passait à une pour une studette de
20 m².
- Par contre le skieur
consommait moins de ski, l'expression limer les
pistes devenait du passé.
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- Certains disaient qu'il
fallait démocratiser le ski, d'autres disaient
le populariser, il fallait rechercher de
nouveaux marchés, les chercher vers une couche
de population moins favorisée, le bas.
- Notre administrateur Monsieur
Graff des Marmottes Bleues, revendait une option
sur un terrain pour limiter les risques. Il
démissionnait de son poste d'administrateur.
- Une alerte?
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- Il fallait commercialiser,
vendre l'occupation de nos stations.
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Le conseil général refusait de prendre en compte
le projet d'implantation d'une maison
départementale ou régionale du tourisme à Paris.
Alors que quelques années avant, tout le monde
était satisfait de l'inauguration de la Maison
des Hautes Alpes et de l'Ubaye! C'étaient les
mêmes élus ….!
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Faisant suite à mes démarches, Monsieur Richard,
directeur général de la Caisse des Dépôts et
Consignation avait finalement accepté de
rentrer au capital de la Satis.
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- Le dynamisme de la station
avait séduit la CDC.
- La note technique exposant
l'ensemble des investissements durant les cinq
dernières années, la progression du chiffre
d'affaire, les potentialités convenaient à la
caisse.
- Vars et Pra loup avaient
investit la même somme, de l'ordre de cinquante
millions en cinq ans et faisaient pratiquement
le même chiffre d'affaire avec leurs remontées
mécaniques.
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- Les besoins d'élargir la
surface financière de la Satis était évident.
L'actionnaire principal, la commune, avait une
surface financière limitée, même si ses taux
d'imposition étaient parmi les plus bas des
stations, voir des communes.
- La Caisse des Dépôts était
donc bien venue.
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- Nous verrons que cet espoir
fût assez illusoire. La CDC siégera au conseil
d'administration. Elle demandera que la
direction de la Sem soit confiée à sa filiale la
Scet.
- Notre espérance était que la
caisse nous fasse entrer dans son réseau de
station, et consolide notre capital pour
poursuivre le développement de la station.
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C'est ce que j'avais clairement exposé lors de
mes discutions préalables avec le président
Monsieur Richard, qui adhérait à ce schéma.
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- Les sportifs, les notables
ont une propension à faire parler d'eux, d'où
leur relation avec la presse. C'est leur fonds
de commerce.
- La presse annonçait le départ
de Jacky Fourno. Apparemment, cette fois ce
n'était «qu'un bruit !» Jacky Fourno n'était
pas au courant.
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Nous en parlions ensemble et pour mettre fin à
cette polémique il était obligé de répondre par
voie de presse.
- Comme nous le supposions,
tous les deux, cette information cachait une
manœuvre de déstabilisation. Je demandai au
conseil d'administration d'apporter son soutien
à notre directeur.
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- Malgré ma volonté de le
conforter par la mise au point d'un contrat le
protégeant, Jacky préférait programmer son
départ de la station.
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- Jacky avait le parler franc.
Il soulignait devant le conseil « le
peu de reconnaissance et de compréhension voire
les critiques de certains au sein de
l'entreprise mais aussi au sein de la station ».
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- La station allait perdre dès
le printemps 1985, un précieux collaborateur,
passionné par « sa station », par sa montagne.
- Pour ne pas exposer toutes
ses qualités, je dirai simplement que
nous perdions un « Homme ».
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- Ceux qui louvoyaient dans la
pénombre et qui étaient à l'origine de cette
volonté de le déstabiliser n'en étaient pas,...
il fallait donc veiller.
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- Jacky Fourno formait avec
Jean Bellon qui avait la charge de l'Office de
Tourisme, une franche équipe. Jean Bellon avait
été le premier moniteur de la station, fondateur
le l'ESF.
- C'était un des piliers dévoué
de Pra loup.
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Malgré son dévouement à la station, sa puissance
de travail, (il ne regardait jamais le temps
qu'il consacrait à sa mission) il subissait
également des critiques sournoises.
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- Et pourtant, notre gestion
commune était appréciée, à l'extérieur de la
vallée, au point que d'autres communes venaient
s'intéresser à notre fonctionnement.
Digne nous envoyait une commission.
- La Satis avait désormais un
quart de siècle.
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- L'administration préfectorale
craignait à juste titre de voir les skieurs
allant d'Allos à Pra loup ou de Pra loup à Allos
soient dans l'impossibilité de regagner leur
hébergement en cas de panne d'un des appareils
permettant la liaison. Elle demandait aux deux
communes, donc aux deux sociétés de sécuriser la
liaison, en doublant la chaîne des remontées
mécaniques qui la constituaient.
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- J'avais obtenu du conseil
général, l'ouverture du refuge des Agneliers
pour créer un point chaud.
- Jo Gavoty y faisait
merveille, un passionné de montagne qui créait
une ambiance chaleureuse que la clientèle
recherchait.
- Lorsque Jean Chabre devint
conseil général le refuge fût fermé, ainsi que
l'accès par la route.
- La liaison avec Allos perdit
beaucoup par la suppression de ce point chaud
qui rassurait..
- La commune avait refait
l'église, qui pouvait servir de refuge, mais
c'était « un toit sans âme », sans la chaleur de
Jo.
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- Effectivement dans un tableau
catastrophe, on imaginait quatre à cinq cents
skieurs ne pouvant regagner l'une ou l'autre des
deux stations, on imaginait le scénario
obligeant de réquisitionner des autocars pour
rapatrier ces skieurs en passant par Digne,
quatre heures de route.
- Si l'assistance psychologique
n'était quand même pas, pas encore, un devoir
des maires, les deux Mairies se voyaient
rappeler, « l'obligation d'assistance » « la
responsabilité en matière de sécurité ».
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Les deux sociétés, la Safa et la Satis se
concertaient pour les investissements
nécessaires et leurs gestions.
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Le conseil de la Satis était invité à se pencher
sur le sujet.
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- Alors que nous n'avions pas
encore réglé le problème du contrôle fiscal de
la Satis privé, nous avions un nouveau contrôle,
portant principalement sur l'immobilier, hérité
de la Satis.
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- Le contrôleur donnait
franchement l'impression de vouloir nous mettre
en difficulté. Il affirmait être intéressé aux
pourcentages. Il était difficile de savoir ce
qu'il cherchait... il se dégageait, une ambiance
malsaine... une volonté de nuire.
- Sa personnalité se révéla au
grand jour, dans une autre affaire à Digne.
- Il arrivait à faire parler
l'épouse d'un contrôlé... avec des méthodes de
séducteur que l'administration devait
réprimander.
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- Au cours de l'été 1985, La
collaboration avec la SCET, Société d'équipement
du territoire, filiale de la CDC, se mettait au
point. La Satis avait désormais les conseils
extérieurs d'experts, de gestionnaires et un
banquier privilégié. La Satis y croyait!
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- La SCET nommait Monsieur
Chanel au poste de directeur délégué.
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La Satis consolidait ses positions.
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- L'assemblée annuelle du 21
mars 1985 approuvait la nomination au poste
d'administrateur, de Monsieur Constantin,
représentant de la CDC et de Monsieur Blin,
représentant la SCET.
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Elle prenait acte du résultat bénéficiaire de
l'année 1984, de 313.263.00 francs.
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- La CDC demandait d'élargir
l'objet sociale de la Satis afin quelle puisse
« gérer, exploiter, tous biens, meubles et
immeubles, et tous services publics nécessaires
au développement touristique, culturelle, et
sportive de Pra loup »
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- Nous avions des partenaires
sérieux, qui semblaient désireux de développer
nos activités.
- La Satis semblait être dans
de bonnes mains.
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La CDC et la SCET installaient leur directeur
Monsieur Chanel le 8 juillet 1985. Jacky Fourno
lui transmettait fonction devant le conseil, en
faisant les remarques nécessaires sur les
réalisations que le conseil voulait réaliser.
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- Il fallait en accord avec la
CDC et la SCET préciser le rôle de nos nouveaux
partenaires.
- « des intervenants dans le
cadre de services extérieurs, mais qui ne
prendraient en aucun cas des positions au lieu
et place de la SEM. »
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- Attentifs, participant aux
choix ou simplement les accompagnants!
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- CDC et SCET à la fin critique; fort de la puissance
de la CDC ! N'hésitant pas à dire .. Monsieur
Chanel selon ses dires : « Les habitants de la
vallée vivent dans un climat de confinité !! »
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- Par besoin de minimiser les
résultats de la société, Monsieur Follacci
demandait que le poste de livraison à soi-même
soit diminué de un million cinq cent mille
francs.
- C'était peut être un besoin
de dénigrer. Il préparait son avenir!
- Cette diminution de résultat
nous amenait à une présentation du résultat
fiscal en déficit de 313.263, 02 francs le cash
flow demeurant à 3.400.000 francs.
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- Il faut préciser que le
conseil d'administration, que l'administration
fiscale qui nous avait contrôlé, que
l'administration, que les commissaires aux
comptes et divers conseillers juridiques avaient
tous jusqu'alors admis la façon d'évaluer.
- Le montant de ces travaux
était estimé, à la vue de leur prix de revient,
selon la comptabilité interne et se situait bien
en dessous des évaluations des entreprises
extérieures.
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- Il faut dire que lors de la
campagne du conseil général ce résultat
permettait au maire de Barcelonnette, Jean
Chabre, de déclarer que la Sem Satis était « au
bord de la faillite, ce qui justifiait l'entrée
de la Caisse des Dépôts au capital »
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L'ensemble du personnel souhaitait porter
plainte, car ce tract diffusé dans la vallée
était très déstabilisateur.
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- Lorsque la Sem Jausiam, fût
entrainée à la faillite par la Sicalp, personne
n'ajoutera par des affirmations de ce genre.
- Chacun se rappelle qui
gérait, qui récupéra le stock et le matériel
durant la période suspecte.
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- C'était d'une inélégance qui
n'a pas cours …...
- La noblesse de la Politique,
n'a pas cours chez les politiciens.
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