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par Louis Lequette
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- « Nous avons peut être
perdu un conseiller général mais nous avons
regagné un maire »
- Ces paroles d'habitants
d'Uvernet étaient confiées à la presse, ces
paroles chaleureuses se voulaient
réconfortantes. Ces habitants ignoraient le
combat en sous mains que Jean Chabre, élu,
allait mener pour assurer sa domination. La
presse titrait pour assurer « sa
féodalité ».
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- « Il y a des certaines
choses qu'on n'a pas le droit de faire:
jouer ou laisser jouer avec l'honneur d'un
adversaire politique » 1959 François
Mitterrand.
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- Le tract qui avait
fragilisé la Sem Satis n'était qu'un début.
- J'avais fait inscrire au
budget prévisionnel du conseil général la
remise en état de la route de Pra Loup qui
devenait impraticable. Il fit ajourner les
travaux.
- La saison s'en ressentie!
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- Au conseil
d'administration de la Sem Satis, les
tensions devenaient monnaie courante.
- On palabrait.
- Le contrat de direction
de la SCET, était remis maintes fois en
cause.
Les investissements votés, remis en
question, cela ne facilitait pas le travail
de Monsieur Chanel, le directeur délégué de
la SCET.
- Le contrat de gestion
avec la SCET s'élevait à 400.000 francs par
an.
- Les défauts de gestion
d'une société dans laquelle aucun
administrateur n'engageait « ses propres
capitaux », ces défauts de la Sem
apparaissaient.
- Au contraire commençait à
travers le pouvoir de représentation de la
commune, à apparaître en filigrane les
intérêts personnels.
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- Un accident mortel le 12
janvier vint alourdir les tensions, et le
manque de solidarité.
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Lorsque j'arrivais au
bureau, je croisais Monsieur Chanel, le
directeur, qui avait choisi d'être absent.
- Ce conseil limitait sa
préoccupation à la couverture par
l'assurance.
- L'attache de sécurité
d'une barquette de secours, s'était dénouée.
La barquette était repartie dans la pente de
la montée du téléski de La Clappe. Le père
avait évité la barquette, mais sa fille de
neuf ans avait pris une poignée en pleine
poitrine, décédant sur le coup.
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- Soutenir les parents dans
leur malheur, soutenir le secouriste....
assumer.
- C'est dans ces moments
que l'on aimerait la solidarité!
- Nous reviendrons sur les
mises en cause et sur la procédure, qui dura
deux années, mais dont le souvenir pèsera
toujours.
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- Le bilan de l'exercice
clos au 30 septembre dégageait une perte
fiscale de 400.000 francs, mais le cash flow
s'élevait à 3.400.000 francs.
- Le conseil arrêtait le
montant des livraisons à soi même à la somme
de 1.917.000 francs. Cette somme étant
obtenue après comparaison des chiffres
fournis par le constructeur, la SA
Pomagalski pour une livraison clef en mains,
moins 10%. Follacci, arbitrairement
demandait de limiter à 1.500.000 francs, une
façon de minimiser les résultats et le
travail de notre équipe.
- Sa proposition ne
reposait sur aucune base, sauf celle de
déstabiliser.
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- Le gouvernement avait
imposé le contrôle des prix. Malgré les
investissements nous ne pouvions justifier
l'augmentation des tarifs de remontées
mécaniques. Il eut suffit de pouvoir
augmenter nos tarifs de 2 % pour équilibrer,
et ne pas avoir cette perte fiscale.
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Les journaux publiaient
nos résultats, mettant l'accent sur les
retombées économiques pour la vallée, pour
la région, pour l'emploi, et la nécessité de
libérer les prix.
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- Cette économie
attirait.....
- Je reçu la visite d'un
personnage désireux de créer un casino.
Comme je lui faisais remarquer qu'il fallait
de l'argent et un casier judiciaire vierge,
il me répondit « j'ai un ami qui a cela »
- J'en référais à mon
adjoint. La voiture noire aux vitres fumées
passait devant nous.
- Mon adjoint me dit
« c'est untel, propriétaire du bar, ici
mieux qu'en face »
- En face des Baumettes!
- Je le mettais au courant
d'une action menée par la brigade des
stupéfiants. Deux personnes furent
interpellées. Une ira en prison l'autre au
Mexique. Un problème de relations!
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- Notre comptable
constatait que ses affaires étaient
fouillées, que des lettres ne lui
parvenaient pas, que des règlements
tardaient, que des déclarations de TVA
n'arrivaient pas à destination.
- Elle prit l'habitude de
tout mettre en lieu sûr.
- Christiane d'une
honnêteté scrupuleuse, ne pouvait faire
l'objet d'un doute.
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- Le contrôle fiscal, avait
pris une tournure malsaine, désagréable,
donnant l'impression que quelqu'un voulait
nous nuire.
- Michel Pezet, alors
président de la Région Provence Alpes Côte
d'Azur, acceptait d'intervenir auprès de
Monsieur Emmanuelli, secrétaire d'état au
Budget.
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- Nous obtenions un rendez
vous, rue de Rivoli, ce qui me permit de
défendre le dossier.
- La Sem Satis obtenait
satisfaction.
- « Il a paru possible de
ne pas insister sur le redressement »
- Cette appréciation, « ne
pas insister » nous confortait dans nos
doutes, l'essentiel était d'avoir
satisfaction.
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Cette décision était
obtenue, dans la plus grande transparence,
sans aucune demande de retour, hormis la
reconnaissance.
- Le Trésorier Payeur
Général avec qui je siégeais à la Banque de
France m'avait annoncé cette décision,
puis
me le confirmait.
- Le conseil
d'administration ne faisait aucun
commentaire...Au contraire, lors du
changement de président, ce dernier affirma,
que nous n'avions pas assez provisionné, au
bilan.
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- La commune d'Allos et la
Safa de la Foux d'Allos, s'inquiétaient du
retard que nous prenions, à leurs yeux, dans
le projet de doublement des remontées
mécaniques de la liaison.
- Le Préfet leur rappelait
la nécessité de fiabiliser cette liaison en
doublant la chaine des remontées mécaniques.
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- La prudence exigeait que
tous les accords soient conclus, sur le
programme, sur l'exploitation, sur les
charges financières.
- La préfecture avait
encore un devoir de tutelle, elle devait
s'assurer, avant de donner l'autorisation de
construire de la rentabilité des
investissements.
- La présence de la CDC, au
conseil d'administration de la Satis,
représentait une garantie.
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- Mais comme on dit au
Mexique, « il est facile de saluer avec le
chapeau du voisin »
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Un rapport sur la liaison
était communiqué à tous les intervenants.
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- Monsieur Chanel se
lassait de l'ambiance,
de toute l'évidence
de la Caisse des Dépôts et de la Scet,
réagissaient de même.
- Il annonçait son
intention de quitter le poste de Directeur.
- La CDC et la SCET
assistaient sans réaction.
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- Monsieur Chanel avait
perçu qu'une coalition se tramait.
- Il avait vendu des
forfaits (168.000. francs) à une colonie,
domiciliée à Allos, rompant nos accords avec
notre confrère.
- Nous n'allions pas être
payé de cette somme, et s'ajoutait à cet
impayé, Clos Sorel 14.000, Giani 6.300, Aemo
5580, Roux 2.130...des créances ou
aménagements douteux, dont on ne pouvait lui
faire porter la responsabilité. Au total
plus de 208.000 francs s'évaporaient !!
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- Cette inélégance lui
avait été néanmoins reprochée, et puis... il
y avait eu cet accident mortel.
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- Trop de démocratie, de
transparence, trop d'enjeux, devait faire
naitre des appétits!
- Dans l'équipe du conseil
municipal que j'avais choisi, mon adjoint
arrivait à se faire désigner comme candidat
pour la place de président de la Satis.
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- Quelle était la
motivation?
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- L'influence politique
était certaine depuis les élections du
conseil général.
- Mais aussi, peut être,
une volonté de maîtrise, un désir
d'intéressement, de gain, ou simplement de
pouvoir ?
- Pour faire naitre une
opposition, il suffit de faire une remarque
sur un permis de construire non observé, de
refuser un privilège, de refuser une
ristourne sur le prix des remontées, de
vouloir vendre un terrain sur lequel devait
se réaliser des commerces, ce qui pouvait
engendrer une concurrence? Ce terrain devait
assurer partie du financement des remontées
mécaniques à construire.
- Que sais-je encore ?
- Le pouvoir use!
- Françoise Giroud écrivait
« Le pouvoir ne se partage pas »
- J'avais eu tord
d'essayer.
- La lumière se ferait
bientôt.
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- Lors de la réunion du 19
juillet 1986, Monsieur Follacci était nommé
Président de la Sem.
- J'ai voulu un vote pour
analyser, c'était clair.
- Après avoir voté
positivement sur tout, tout était remis en
cause!
-
Il était demandé à la
Scet et la Caisse des Dépôts de nommer un
nouveau directeur.
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- Le nouveau président
souhaitait être rémunéré. Je faisais
remarquer que j'assurai cette mission
bénévolement.
- Le conseil restait sur
cette position.
- Dès l'hiver, nous avions
des litiges, sur les paiements des forfaits
des remontées mécaniques.
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Le président se faisait
commissionner au taux de 15% sur des ventes
réalisés par son agence.
- Cela n'avait jamais été
pratiqué à la Satis... mais pour autant, on
ne relevait pas ces opérations dans celles
visée par l'article 101.
- Cette évolution, pour ne
pas dire révolution, n'entamait pas les
rapports avec la majorité de la
municipalité.
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- Il fallait faire avec
...............
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- L'été se finissait avec
les 41éme Championnat de France de Pétanque
et jeu Provençal.
- Un succès médiatique que
le conseil municipal, l'Office de Tourisme,
et la Satis avaient décidé d'organiser.
- Montrant sa mauvaise foi,
Follacci, qui faisait partie de toutes ces
instances, « écrivait notre situation
financière ne nous permet pas de nous
impliquer ... à titre gracieux »
- Ce dernier mot en disait
long....
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Les commerçants, l'image
de Pra loup bénéficiaient de cette promotion
à la veille de l'hiver.
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