Saison 1985 / 1986

 

 

Retour accueil

 

Retour SATIS

 

Retour SEM

par Louis Lequette
 
 
 
« Nous avons peut être perdu un conseiller général mais nous avons regagné un maire »
Ces paroles d'habitants d'Uvernet étaient confiées à la presse, ces paroles chaleureuses se voulaient réconfortantes. Ces habitants ignoraient le combat en sous mains que Jean Chabre, élu, allait mener pour assurer sa domination. La presse titrait  pour assurer « sa  féodalité ».
 
« Il y a des certaines choses qu'on n'a pas le droit de faire: jouer ou laisser jouer avec l'honneur d'un adversaire politique » 1959 François Mitterrand.
 
Le tract qui avait fragilisé la Sem Satis n'était qu'un début.
J'avais fait inscrire au budget prévisionnel du conseil général la remise en état de la route de  Pra Loup qui devenait impraticable. Il fit ajourner les travaux.
La saison s'en ressentie!
 
Au conseil d'administration de la Sem Satis, les tensions devenaient monnaie courante.
On palabrait.
Le contrat de direction de la SCET, était remis maintes fois en cause. Les investissements votés, remis en question, cela  ne facilitait pas le travail de Monsieur Chanel, le directeur délégué de la SCET.
Le contrat de gestion avec la SCET s'élevait à 400.000 francs par an.
Les défauts de gestion d'une société dans laquelle aucun administrateur n'engageait « ses propres capitaux », ces défauts de la Sem apparaissaient.
Au contraire commençait à travers le pouvoir de représentation de la commune, à apparaître en filigrane les intérêts personnels.
 
Un accident mortel le 12 janvier vint alourdir les tensions, et le manque de solidarité.
Lorsque j'arrivais au bureau, je croisais Monsieur Chanel, le directeur, qui avait choisi d'être absent.
Ce conseil limitait sa préoccupation à la couverture par l'assurance.
L'attache de sécurité d'une barquette de secours, s'était dénouée. La barquette était repartie dans la pente de la montée du téléski de La Clappe. Le père avait évité la barquette, mais sa fille de neuf ans avait pris une poignée en pleine poitrine, décédant sur le coup.
 
Soutenir les parents dans leur malheur, soutenir le secouriste.... assumer.
C'est dans ces moments que l'on aimerait la solidarité!
Nous reviendrons sur les mises en cause et sur la procédure, qui dura deux années, mais dont le souvenir pèsera toujours.
 
Le bilan de l'exercice clos au 30 septembre dégageait une perte fiscale de 400.000 francs, mais le cash flow s'élevait à 3.400.000 francs.
Le conseil arrêtait le montant des livraisons à soi même à la somme de 1.917.000 francs. Cette somme étant obtenue après comparaison des chiffres fournis par le constructeur, la SA Pomagalski pour une livraison clef en mains, moins 10%. Follacci, arbitrairement demandait de limiter à 1.500.000 francs, une façon de minimiser les résultats et le travail de notre équipe.
Sa proposition ne reposait sur aucune base, sauf celle de déstabiliser.
 
Le gouvernement avait imposé le contrôle des prix. Malgré les investissements nous ne pouvions justifier l'augmentation des tarifs de remontées mécaniques. Il eut suffit de pouvoir augmenter nos tarifs de 2 % pour équilibrer, et ne pas avoir cette perte fiscale.
 
Les journaux publiaient nos résultats, mettant l'accent sur les retombées économiques pour la vallée, pour la région, pour l'emploi, et la nécessité de libérer les prix.
 
Cette économie attirait.....
Je reçu la visite d'un personnage désireux de créer un casino. Comme je lui faisais remarquer qu'il fallait de l'argent et un casier judiciaire vierge, il me répondit «  j'ai un ami qui a cela »
J'en référais à mon adjoint. La voiture noire aux vitres fumées passait devant nous.
Mon adjoint  me dit « c'est untel, propriétaire du bar, ici mieux qu'en face »
En face des Baumettes!
Je le mettais au courant d'une action menée par la brigade des stupéfiants. Deux personnes furent interpellées. Une ira en prison l'autre au Mexique. Un problème de relations!
 
Notre comptable constatait que ses affaires étaient fouillées, que des lettres ne lui parvenaient pas, que des règlements tardaient, que des déclarations de TVA n'arrivaient pas à destination.
Elle prit l'habitude de tout mettre en lieu sûr.
Christiane d'une honnêteté scrupuleuse, ne pouvait faire l'objet d'un doute.
 
Le contrôle fiscal, avait pris une tournure malsaine, désagréable, donnant l'impression que quelqu'un voulait nous nuire.
Michel Pezet, alors président de la Région Provence Alpes Côte d'Azur, acceptait d'intervenir auprès de Monsieur Emmanuelli, secrétaire d'état au Budget.
 
Nous obtenions un rendez vous, rue de Rivoli, ce qui me permit de défendre le dossier.
La Sem Satis obtenait satisfaction.
« Il a paru possible de ne pas insister sur le redressement »
Cette appréciation, « ne pas insister » nous confortait dans nos doutes, l'essentiel était d'avoir satisfaction.
Cette décision  était obtenue, dans la plus grande transparence, sans aucune demande de retour, hormis la reconnaissance.
Le Trésorier Payeur Général avec qui je siégeais à la Banque de France m'avait annoncé cette décision, puis me le confirmait.
Le conseil d'administration ne faisait aucun commentaire...Au contraire, lors du changement de président, ce dernier affirma, que nous n'avions pas assez provisionné, au bilan.
 
La commune d'Allos et la Safa de la Foux d'Allos, s'inquiétaient du retard que nous prenions, à leurs yeux, dans le projet de doublement des remontées mécaniques de la liaison.
Le Préfet leur rappelait la nécessité de fiabiliser cette liaison en doublant la chaine des remontées mécaniques.
 
La prudence exigeait que tous les accords soient conclus, sur le programme, sur l'exploitation, sur les  charges financières.
La préfecture avait encore un devoir de tutelle, elle devait s'assurer, avant de donner l'autorisation de construire de la rentabilité des investissements.
La présence de la CDC, au conseil d'administration de la Satis, représentait une garantie.
 
Mais comme on dit au Mexique, « il est facile de saluer avec le chapeau du voisin »
 
Un rapport sur la liaison était communiqué à tous les intervenants.
 
Monsieur Chanel se lassait de l'ambiance, de toute l'évidence de la Caisse des Dépôts et de la Scet, réagissaient de même.
Il annonçait son intention de quitter le poste de Directeur.
La CDC et la SCET assistaient sans réaction.
 
Monsieur Chanel avait perçu qu'une coalition se tramait.
Il avait vendu des forfaits (168.000. francs) à une colonie, domiciliée à Allos, rompant nos accords avec notre confrère.
Nous n'allions pas être payé de cette somme, et s'ajoutait à cet impayé, Clos Sorel 14.000, Giani 6.300, Aemo 5580, Roux 2.130...des créances ou aménagements douteux, dont on ne pouvait lui faire porter la responsabilité. Au total plus de 208.000 francs s'évaporaient !!
 
Cette inélégance lui avait été néanmoins reprochée, et puis... il y avait eu cet accident mortel.
 
Trop de démocratie, de transparence, trop d'enjeux, devait faire naitre des appétits!
Dans l'équipe du conseil municipal que j'avais choisi, mon adjoint arrivait à se faire désigner comme candidat pour la place de président de la Satis.
 
Quelle était la motivation?
 
L'influence politique était certaine depuis les élections du conseil général.
Mais aussi, peut être, une volonté de maîtrise,  un désir d'intéressement, de gain, ou simplement de pouvoir ?
Pour faire naitre une opposition, il suffit de faire une remarque sur un permis de construire non observé, de refuser un privilège, de refuser une ristourne sur le prix des remontées,  de vouloir vendre un terrain sur lequel devait se réaliser des commerces, ce qui pouvait engendrer une concurrence? Ce terrain devait assurer partie du financement des remontées mécaniques à construire.
Que sais-je encore ?
Le pouvoir use!
Françoise Giroud écrivait « Le pouvoir  ne se partage pas »
J'avais eu tord d'essayer.
La lumière se ferait bientôt.
 
Lors de la réunion du 19 juillet  1986, Monsieur Follacci était nommé Président de la Sem.
J'ai voulu un vote pour analyser, c'était clair.
Après avoir voté positivement sur tout, tout était remis en cause!
Il était demandé à la Scet et la Caisse des Dépôts de nommer un nouveau directeur.
 
Le nouveau président souhaitait être rémunéré. Je faisais remarquer que j'assurai cette mission bénévolement.
Le conseil restait sur cette position.
Dès l'hiver, nous avions des litiges, sur les paiements des forfaits des remontées mécaniques.
Le président se faisait commissionner au taux de 15% sur des ventes réalisés par son agence.
Cela n'avait jamais été pratiqué à la Satis... mais pour autant, on ne relevait pas ces opérations dans celles visée par l'article 101.
Cette évolution, pour ne pas dire révolution, n'entamait pas les rapports avec la majorité de la municipalité.
 
Il fallait faire avec ...............
 
L'été se finissait avec les 41éme Championnat de France de Pétanque et jeu Provençal.
Un succès médiatique que le conseil municipal, l'Office de Tourisme, et la Satis avaient décidé d'organiser.
Montrant sa mauvaise foi, Follacci, qui faisait partie de toutes ces instances, « écrivait notre situation financière ne nous permet pas de nous impliquer ... à titre gracieux »
Ce dernier mot en disait long....
Les commerçants, l'image de Pra loup bénéficiaient de cette promotion à la veille de l'hiver.
 
 
 

Retour haut de page