Saison 1986 / 1987

 

 

Retour accueil

 

Retour SATIS

 

Retour SEM

par Louis Lequette
 
 
 
La saison commençait sur un coup d'éclat du nouveau président, agissant seul sans avertir son conseil, ni le directeur, ni le service comptabilité, il annonçait dans les journaux qu'il portait plainte contre x pour infractions concernant la gestion des années passées
 
On ne pouvait faire mieux comme publicité négative.
La saison allait accuser le coup.
L'article passait en même temps que l'annonce de la coupe de Val d'Isère, et avait une large audience.
 
L'attaque, le coup bas, concernait tout le monde.
D'abord l'intéressé lui même, qui avait approuvé toutes les décisions et les avait signé.
L'ensemble du conseil y compris la CDC et la SCET qui passaient pour des ignares.
Les commissaires aux comptes, privé Monsieur Clozel et public Monsieur Rossi qui passaient pour des incapables.
Le Conseiller Juridique Monsieur Guillosson  pouvait être jugé d'incompétent.
Le percepteur, Monsieur Bobbia, passait pour quelqu'un n'ayant pas rempli sa mission.
Et enfin l'autorité de tutelle, Commissaire du Gouvernement, représenté par le Sous Préfet Janin Reynaud, serait, le moins que l'on puisse dire, aveugle.
Tout ce monde aurait donc été incapable de voir les infractions soulevées, ou les aurait approuvées et pour quelle raison?
 
Diverses correspondances révélaient des amitiés, des connivences qui pouvaient justifier cette action. Je retrouvais les mêmes hommes, qualificatif qu'ils ne méritaient pas.
Comment après ce coup d'éclat, obtenir un prêt, des garanties et éventuellement de nouveaux associés pour participer à une augmentation de capital?
 
Dans la station courraient divers bruits ou hypothèses. Cette  action de déstabilisation avait pour but de minimiser la valeur de la Sem pour faciliter son transfert dans d'autres mains! Cette action serait un coup bas politique!
 
Pour justifier ses agissements le président licenciait la comptable le 15 novembre. Durant plus de dix années elle avait rempli parfaitement sa fonction, ce qui aurait cessé d'un coup.
Peut être que son défaut était d'être scrupuleusement honnête et fidèle.
Elle ne se remit jamais de cette éviction et décéda prématurément.
 
Incidemment, impolitesse oblige, je faisais connaissance du nouveau directeur, délégué par la SCET et choisi par le président.
Monsieur Bigou, ne connaissait pas la montagne ni la neige. Il apprenait à déraper en voiture sur un parking. Je m'étais arrêté pour recommander la prudence à ce que je prenais pour un cascadeur, ou un hurluberlu, ne sachant qu'il venait nous apprendre « la conduite » d'une société.
 
Il allait sanctionner sans considération des piliers de la station.
Daniel Tron sera lui aussi congédié, il ne se remis pas de  cette mise à l'écart de sa station.
Il se laissa aller et décéda.
S'attaquer à l'esprit de la Satis « une entreprise familiale et sociale » c'était lui faire perdre ce qui faisait sa force, sa bonne humeur, sa solidarité.
Il fallait savoir lâcher du lest à certains moments de basse fréquentation sachant qu'en cas de coup dur tout le monde était présent et solidaire.
Il fallait couvrir les erreurs, les défendre pour obtenir en retour.
 
L'exigence requiert de celui qui la réclame une attitude exemplaire.
Rapidement on le qualifia de « pistachier », c'était gentil mais significatif.
 
Le 9 février, Alain Verdier recevait une lettre de menaces.
Monsieur Bigou, lui déclarait en riant, ne pas en avoir reçu. Hasard, il en recevait une le lendemain.
Cela faisait rire! Et pourtant c'était grave.
L'une était postée de Marseille et l'autre de Barcelonnette.
Le président diffusait celle concernant Alain Verdier et mettait le doute sur des employés.
Aucun je pense, je suis certain, n'aurait eu recours à un tel procédé.
 
Le 22 février, je recevais le patron du Crédit Vaudois, banque suisse qui s'intéressait à la Station.
Dans la soirée du dimanche soir, le coffre de la Satis allait être forcé et la recette de quatre jours, de jeudi à dimanche allait curieusement disparaître.
Il y avait, entre 1,5 et 1,8 millions qui s'envolaient.
La période était bien choisie, c'était le changement de zone de février.
Trente employés regroupés au sein du comité d'entreprise, décidaient de se constituer partie civile, plainte étant déposée à la gendarmerie de Barcelonnette.
 
Tout le monde savait que depuis le début de sa création, aucune somme importante n'était gardée dans les bureaux.
J'avais multiplié les possibilités de dépôts dont nous limitions l'importance,
Ces dépôts se faisaient à la Bnp avec des petits conteneurs appelés « obus », un mis dans un tube à la banque, à la Poste, ou au Crédit Agricole, ou encore à la Brinks. Il nous arrivait de descendre nous même des petites sommes ou d'en confier la garde à la gendarmerie.
La BR, brigade de recherche de la gendarmerie fit merveille lors des premières constatations.
Elle fût déchargée du dossier au profit de la Srpj, par le procureur Weisbush.
 
Ce dossier mérite d'être développé, publié. Les détails vous laissent pantois. 
Mais nous allions encore vers de plus grandes surprises en décembre 1988.
 
Pourquoi avoir conservé autant d'argent pendant plusieurs jours?
Les collaborateurs de l'entreprise, riaient  de cette aventure et se posaient des questions!
La réputation de Pra Loup en pâtit, le banquier suisse ne remis pas les pieds à Pra Loup.
 
Les temps étaient durs pour les stations qui se faisaient une concurrence farouche.
Elles s'engageaient toutes dans une course au développement, sous l'impulsion des divers services de l'Etat.
Pra Loup progressait moins rapidement dans un marché en stagnation depuis quatre hivers.
Certains parlaient de faillite, « la fin d'un monde » Il fallait choquer...
 
Le télésiège du Pouret était terminé. Il était réceptionné sans réserve par le BDARM.
Le déballage public des affaires de la Satis par son président amenait notre confrère et associé, la SAFA, à ne pas réitéré ou du moins à se faire tirer l'oreille pour l'exploitation durant l'hiver 86-87.
Au lieu de négocier, le président décidait seul, de ne pas mettre en service ce nouveau secteur de la station, la privant du bénéfice de la découverte et des retombées économique que cela entraîne.
La station d'Allos, comme Pra loup accusait le coup, ce qui faisait réagir le maire qui en appelait à la médiation du Préfet.
 
Par contre les alliances de bas étages se négociaient. Pour étendre son influence sur Pra Loup, Jean Chabre faisait, incidemment, élire son cousin la tête de l'ASA.
Petit service, petit profit. La Satis payait une étude inutile, dont le résultat comme le paiement alla aux archives, en perte et sans profit. Bonnes œuvres politiques!
Au conseil général, le député Delmars lui aussi RPR, faisait en sorte que la Satis n'obtienne pas la garantie sollicitée.
« Du pipo » déclarait il !  (écrit ainsi dans le texte)
 
Nos soucis avec les services fiscaux devaient se régler à l'amiable. Le président chargeait, un administrateur Monsieur Péquignat, inspecteur des impôts d'exhumer toutes les « niches fiscales» pouvant justifier un paiement.
Il remontait jusqu'en 1972, période de la Satis privée, et forclose, et réaction invraisemblable se faisait remercier par les administrateurs pour son excellent travail.
Il fallait voir dans cette nouvelle démarche la volonté de justifier le dépôt de bilan.
Ce dépôt de bilan fût décidé par le président, sans aucune consultation du conseil d'administration qui fût étonné de l'apprendre, une fois de plus par la presse.
 
Le président déclara «  le dépôt de bilan est une manière moderne de gérer ».
Cette annonce en début de saison, « allait plomber » une fois encore le chiffre d'affaire des remontées mécaniques.
 
La commune principal actionnaire ne pouvait remercier la presse de l'informer et se réunissait pour débattre des conséquences. Je ressentais très mal ce dépôt qui pouvait être évité.
Enfin le président réalisait que le blocage des aides venait du monde politique politicien.
 
Pra Loup devenait dépendant........de la politique.
Première « de cordée » des stations qui avaient toutes des difficultés mais se « cramponnaient ».
 
La CFDT manifestait le 20 novembre 1987, Chérèque exploitant déjà, les députés venaient se faire prendre en photos, sans aucune connaissance du dossier et de ses dessous.
Des mots que des mots, pour se faire valoir mais sans suite.
La gauche au contraire montrait qu'elle n'avait pas compris l'enjeu politique politicien!
 
Jean Bellon le directeur de l'office du tourisme, fondateur de l'ESF était licencié, encore un pilier de Pra Loup qui devait partir sans aucune considération. Il avait rempli sa fonction de directeur d'Office du Tourisme parfaitement, ne ménageant pas son temps. Ce fût un des meilleurs car il était en plus attaché à Pra Loup et à sa vallée.
Il suivait Georges Pons que le président avait licencié arbitrairement. Pourquoi lui, c'était comme à la roulette russe! Sans aucun sens humain.
(conseil du 21 avril 1987)
Je vis quand même un administrateur en pleurer!
Les épreuves commençaient.... il faudra assumer....
 
La Caisse des Dépôts ne réagissait pas, malgré les bonnes relations que j'avais eu avec Pierre Richard, relations qui nous avaient permis de nous associer.
Elle assistait avec une neutralité coupable, car son autorité aurait pu modifier ce climat destructeur.

 

 

Retour haut de page