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par Louis Lequette
-
- Rares sont les
sociétés qui s'auto-détruisent par
plaisir.
-
- Jusqu'alors
véritables jocrisses, certains
administrateurs qui avaient approuvé
toutes les déclarations du président
commençaient à s'interroger.
- La Scet et la Cdc
continuaient béatement à jouer les
benêts , affirmant « accompagner
l'autorité politique en place ».
- Lors de mes
entretiens avec Pierre Richard,
directeur général adjoint de la Caisse
des Dépôts, et Monsieur Constantin, son
sous-directeur, nous avions pourtant
fixé, ou je n'avais pas compris... que
la caisse devait remplir un rôle
prépondérant, actif, primordial dans le
développement de Pra Loup.
-
-
Pourquoi ce ressort
s'était t il cassé? Les tergiversations
découlant des guerres intestines en
étaient peut être la cause.!
- Nombreux étaient ceux
qui commençaient à se poser des
questions sur les motivations du
président.
-
- Volonté de minimiser
l'outil pour le transférer à bon compte?
- Déstabilisation
politique?
- Consolider le dossier
de plainte contre X?
- Ou simplement manque
de maturité?
-
- L'assemblée générale
approuvait les comptes se soldant par
une perte de 9 161 428 francs
- Elle émettait des
réserves sur la remise en cause du
montant des livraisons à soi-même, sans
aucune analyse, pire sans connaissance.
- Personne ne soulevait
l'énigme du vol de la recette de quatre
jours, l'absence de règlement de
factures de forfaits de remontées
mécaniques.
- Le rapport du
commissaire aux comptes sur l'article
101 éludait ou ignorait certains
intéressements.
- Dans un rapport
confidentiel, était quand même soulevé,
des discordances dans la tenue de la
comptabilité en 1987. Des écarts « entre
les caisses et les factures ». Nous
allions bientôt trouver des explications
dans un coffre.
-
- La propension à
admettre toutes les affirmations
s'amenuisait.
- La période de grâce
s'estompait.
-
Le commissaire aux
comptes ne faisait aucune allusion sur
le passé mis en cause, et pour cause, il
en était!
-
- L'analyse financière
faite par le nouvel expert, montrait une
dégradation.
- Le chiffre d'affaire
des remontées diminuait.
- La publicité
négative n'y était pas pour rien,
s'ajoutait également les conditions
météorologiques. L'esprit de
l'entreprise, s'étiolait.
- J'entendais des chefs
d'équipe …....« Faire ça ou peindre la
girafe »
- Il nous restait une
réserve foncière bâtie et non bâtie
importante, fallait-il vouloir la
réaliser!
-
- Pour des intérêts
individuels, comme le refus de
concurrence commerciale à Molanes, nous
refusions des ventes. Nous recherchions
apparemment la difficulté. L'échange de
correspondance avec
Maître Carraset-Marillier
confirme cette position
incompréhensible.
-
-
Le Cabinet Demay et
Pottier estimait en 1987, la valeur
d'utilité à 64.859.600,00 francs valeur
confirmée en 1990 par l'expert Tardy à
83.954.000 francs. Valeur volontairement
minimisée.
- Les nouveaux,
(conseiller juridique, comptable,
commissaire au compte), avaient tendance
à noircir une situation déjà
suffisamment difficile.
- Ils s'adaptaient aux
nouvelles directives du président!
-
- La station de Tignes
se sortait de ses difficultés en
obtenant des droits à construire, nous
nous faisions le contraire! Nous avions
25.342 mètres carré de planchers à
construire, on en diminuait la surface à
18.039 mètres.
- La valeur de
transaction était de 1000 nouveaux
francs hors taxes.
- Aucune entreprise ne
dévalorise autant ses actifs!
-
- Cette réserve
foncière attirait, et elle pouvait
encore être améliorée.
-
- Le président du
syndicat intercommunal de l'Ubaye venait
me voir en mairie avec Jacques
Ribourel, président du groupe immobilier
éponyme, pour prendre le contrôle de la
Sem Satis.
- Ribourel était en
difficulté, et allait être repris par le
Crédit du Nord.!!!
- Cette démarche mérite
d'être soulignée et conservée en
mémoire.
-
- Le télésiège du
Pouret était enfin inauguré le 3 janvier
comme un grand succès.
- Enfin une réaction,
une publicité positive.
- Le Dauphiné saluait
« les clefs d'un nouveau domaine
skiable », un « domaine exceptionnel ».
- Mais l'article
relatait des problèmes avec Allos, qu'il
était peu opportun d'étaler. Ces
informations inutiles pour le public,
car réductrices en matière de publicité,
venaient du président.
-
-
Le maire d'Allos
avait demandé au Préfet d'organiser une
réunion entre responsables.
-
- La réalisation du
Pouret avait été marquée par un parcours
difficile.
- Et pourtant:
- Le préfet avait le 11
décembre 1985, autorisé la D.D.E à
assurer les études et la direction des
travaux.
- Le 18 novembre 1985,
les travaux étaient interrompus par
arrêté préfectoral.
- Le 30 décembre une
réunion devait aborder les divers
problèmes.
- Le 5 août 1986 le
préfet signait l'autorisation de
construire.
- Le 22 novembre 1986,
le préfet signait l'approbation de PIDA.
-
Le dossier
Pouret
-
- La presse n'avait pas
tort en titrant « Grande manœuvre autour
de Pra Loup.
-
Ou encore « Pra Loup
doit rester dans la vallée » « Faut-il
hurler avec les loups? »
-
- Il fallait flatter
l'opinion, démontrer que les élus
étaient soucieux de l'emploi, il
fallait gagner des électeurs.
- Les retombées
économiques de Pra loup, des stations
étaient évidentes.
- Le Sivm et
Barcelonnette décidaient de créer une
nouvelle SEM pour reprendre Pra loup,
alors qu'ils avaient refusé de
participer à une augmentation de
capital.
- Ils voulaient
dominer.
- Personne ne savait,
que Monsieur Lanfranchi, président du
Sivm, avait présenté, Jacques Ribourel
le promoteur, pour une reprise de la
station.
-
- On commençait ou on
continuait à jouer au poker menteur.
-
- On mentait sur les
propositions de reprise de la Société
Touristique du Mont Blanc (STMB), qui
offrait de reprendre l'activité des
remontées mécaniques ce qui nous
permettait d'apurer tous les comptes.
- Le conseil municipal
d'Uvernet faisait passer dans la presse,
sa décision d'accepter d'abandonner sa
majorité dans le cadre de l'augmentation
de capital.
-
Pour calmer mais rien
ne fit!
-
- La STMB était côtée
en bourse au deuxième marché depuis
1985.
- La STMB ne reprenait
que les actifs liés à l'exploitation des
remontées mécaniques.
- Elle en donnait 36
millions de francs. La Satis conservait
les autres biens fonciers bâtis et non
bâtis.
- La STMB conservait
tout le personnel.
- La STMB acceptait de
majorer son offre de 20% au delà d'un
chiffre d'affaire de 21 millions.
- La STMB acceptait de
passer avec la commune les conventions,
préconisées par la loi montagne et la
loi TPIL. (Transport Public d'Intérêt
Local)
- La STMB nous donnait
la contre garantie de la Compagnie des
Wagons Lits
-
-
C'était pour l'Ubaye,
le meilleur partenaire ….
- Nous avions à faire à
des repreneurs de grandes qualité, de
grande courtoisie et d'honnêteté.
-
- Mais la STMB, ne
répondait pas aux critères que voulaient
ces élus qui manipulaient leurs
collègues en ne révélant pas le contenu
de cette proposition. Ces collègues ne
pouvaient que suivre aveuglement!
-
- De la même façon on
allait, nous imposer, imposer à
l'Ubaye.....Transmontagne!
-
- Un de mes chefs
d'équipe me téléphonait pour me demander
s'il pouvait déménager un petit coffre
désaffecté et s'il devait l'ouvrir avant
de le porter à la décharge.
- Non seulement je lui
disais oui mais j'ajoutais...en riant..
« ce n'est pas tous les jours que vous
pouvez vous payer un coffre »
-
- La surprise était
totale. Se trouvait dans ce coffre de
nombreux chèques, dont les dates
d'émission s'étalaient du 9 juin 1986 à
fin 1987.
- Ils avaient donc été
déposés durant la nouvelle présidence et
direction de la Sem.
-
- Un chef d'équipe,
Daniel Tron, avant d'être congédié,
disposait seul de ce coffre pour y
mettre, d'un jour sur l'autre, les
chèques d'avance demandées par nos
collaborateurs et une réserve de
détonateurs.
-
- Il était impossible
de ne pas faire une relation avec le
précédent vol que la presse avait décrit
avec suffisamment de sous entendus.
- Quatre jours sans
remettre la recette des remontées
mécaniques en sureté dans une banque.!
-
- Les cambrioleurs
étaient passés par la porte. Ils avaient
cassé la vitre trop haut, pour faire
croire qu'ils étaient passé par là.
- La BR en déduisait
qu'ils étaient rentrés avec une clef et
avaient cassé à la hâte, la vitre trop
haut en sortant!
-
- Les voleurs avaient
pour travailler tranquille, déplacé le
gros coffre. Ils avaient obligatoirement
été obligés de passer devant ce petit
coffre.
-
- Lorsqu'un gendarme
avait posait cette question, « pourquoi
les cambrioleurs n'ont pas ouvert ce
coffre » la réponse avait été « dans
celui ci il n'y a pas d'argent »
- Lorsqu'ils avaient
demandé « ouvrez ce coffre » il avait
été répondu « nous n'avons pas la clef »
-
- Lorsqu'ils ont
interrogé la comptable, elle
confirmait et déposait en ce sens "avoir
remis la clef au président en présence
du directeur, ainsi que le code AAA". Un
chef d'équipe présent, a également
témoigné, et précisé cela par écrit.
-
- La presse une fois de
plus avait matière à se déchainer.
- Un administrateur se
trouvant à Paris déclarait «avait il
besoin d'ouvrir ce coffre! »
- Pour une société en
difficulté cela faisait, 180 millions de
centimes plus 75 millions qui avaient
disparu (au moins durant un temps) . Un
inspecteur me disait « c'est ce que l'on
appelle mettre au frigidaire ».
-
La presse parlait en
centimes pour faire davantage d'effet et
notait la légèreté de la gestion.
- Ce n'était pas encore
une publicité positive pour la station.
- Une nouvelle plainte
déposée ne fût pas suivi d'effet ? Le
procureur Weisbuch ne donnait pas suite!
-
- La SCET poursuivait
l'étude de faisabilité du projet de
création du centre de « phyto-balnéothérapie ».
- Je me refusais à tous
commentaires, faisant savoir que la
mairie protégerait ses acquis.
-
La rédaction d'une
note sur la Satis permettait d'éclairer
le tribunal siégeant en matière
commerciale.
-
- Les juges choisissent
la continuation.
- La presse titrait
« triple O.P.A sur Pra Loup »
- La commune faisait le
dos rond, et en accord avec la STMB,
n'affichait pas sa préférence, car tout
était entaché de soupçons!
-
- Le président voyait
dans la décision du tribunal, sa
victoire qu'il allait fêter chez Paul
Bocuse,
déplacement et agapes au frais
de la Sem Satis.
-
- Ce n'était pas la
seule largesse. Il fallait élargir le
cercle des relations, les élections de
1989 approchaient.
-
L'Asa représentait un
potentiel de voix, avec le cousin de
Jean Chabre comme président. Il pouvait
drainer des voix.
-
- Les renseignements
généraux m'informaient de la suite
donnée à la plaine contre X déposée par
Follacci. J'étais en première ligne.
- Le procureur de Digne
avait demandé à la cours de cassation de
désigner la juridiction qui pourrait
être chargée de connaître les poursuites
à mon encontre .
- J'avais d'après
l'inspecteur rien à craindre, il avait
eu connaissance des faits reprochés.
-
- J'avais néanmoins
hâte de savoir. Je demandais donc un
rendez vous à Weisbush.
- Un ami, maire de
Curbans, m'avait dit méfie toi, « il
veut te mettre au trou »
- Après des
hésitations, prétextant une faute de
procédure, il accepta de me recevoir.
-
- Il avait une
réputation forgée par plusieurs
affaires, des proxénètes à Grenoble,
l'affaire de la petite Céline, l'adjoint
de Forcalquier....
-
- A peine dans son
bureau il me dit « arrêtez de faire de
la politique, nous avons des gros
dossiers sur vous ». Je répondais que
j'étais venu pour en prendre
connaissance.
-
- Il y avait une
armoire derrière son bureau. Il se leva
et en sortit un gros dossier fermé avec
une ceinture textile.
- Il sortit un premier
dossier. « Parlez-moi des Marmottes
Bleues »
- Le promoteur de cet
immeuble avait fait faillite. Lors d'une
réunion du conseil de la Banque de
France, j'avais rencontré des
entrepreneurs impliqués et qui
risquaient de perdre gros.
- Je leur avais
conseillé de former une Sci selon la loi
de 1938, de faire une offre au tribunal
pour racheter et poursuivre
l'achèvement.
- Ils m'avaient écouté.
J'avais demandé au maire de Château
Arnoux, Jo Escanez, conseiller général
comme moi, de m'assister dans ce dossier
pour que l'on ne puisse pas lui donner
une connotation politique.
- Le montage avait bien
marché et ces promoteurs occasionnels
avaient même payé à la Mairie les taxes
dues.
- « ce dossier est
parfait »
- Il ne m'interrogea
plus et sans autre appréciation, il
refermait le gros dossier à sandow.
-
- « Arrêtez de gêner le
RPR et le Maire de Barcelonnette. »
- Vous savez « même un
homme honnête, au bout de huit jours au
trou, il parle »
- Et qu'est ce qu'il
vous dit, « ce qu'on lui demande pour
sortir »
- Il me décrivait
l’enfer carcéral !
-
- En refermant le
dossier, il me donnait la force de
l'affronter, car j'étais sûr qu'il n'y
avait rien à reprocher.
- Je lui dis « si vous
me mettez qu'une heure au trou et que
vous en diffusez l'information, je
n'aurai plus rien à perdre, et pas plus
à vous dire »
- « Vous dites cela
mais vous verrez »
-
- Je lui dis "Vous ne
savez pas à qui vous avez à faire, je
vais vous parle d'une histoire".
- « A la fin de la
guerre mon Père a été arrêté par la
gestapo, pas un enfant n'a parlé.
- Puis à la libération
quatre allemands se sont rendus à mon
frère et moi. Nous les avons ramené à la
maison et nous avons conservé toutes les
armes »
-
- Il me dit « c'est
une menace? » et lui répondis « non ce
sera une exécution pour vous et votre
protégé »
- Je n'entendis plus
jamais parler de lui, sauf dans
l'affaire Botton et Michel Noir.
-
-
J'avoue que j'eus une
certaine satisfaction, lorsque Pierre
Méhaignerie, a décidé de le déplacer
d'office.
-
- Quel hasard, mon
affaire sortit juste avant les
élections.
- Weisbuch avait
raison, elle était bien signée par des
politiciens.
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