Saison 1988 / 1989

 

 

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par Louis Lequette
 
La volonté de maitriser Pra Loup, d'écarter la commune d'Uvernet devenait de plus en plus évidente, sous couvert de déclaration telle que:
 « Pra loup doit rester à la Vallée », ce qui n'était que sensiblerie,
Le maire de Barcelonnette, proposait la création d'une nouvelle société d'économie mixte, alors qu'il eut suffit de rentrer au capital de celle existante.
Il s'opposait aux propositions de la société Touristique du Mont Blanc, mais affirmait vouloir s'aligner sur la proposition de reprise de cette dernière.
Pour que ce mensonge, soit « populaire » il déclarait « Pra loup doit rester dans (à) la vallée ».
Lapalisse n'aurait pu faire mieux!
La commune devait faire semblant pour apaiser les tensions, et s'opposer à cette hypothèse présentée comme variante au plan de continuation.
 
Les journaux qui devinaient les manœuvres titraient OPA sur la station de Pra Loup.
 
Devant tant d'avis divergents, le conseil municipal faisait donc semblant de s'aligner, pour montrer au tribunal qu'il y avait une unité de vue pour obtenir  l'homologation d'un plan de continuation, et gagner du temps.
 
Le tribunal acceptait le plan le 20 avril 1988.
 
Le maire de Barcelonnette également conseiller général, contrairement à ses déclarations de soutien n'entrainait pas l'adhésion du conseil général, qui rejetait le plan.
La presse relatait le refus du conseil général de garantir l'emprunt nécessaire à la réussite du plan de continuation.
C'était la première fois que la Satis essuyait un refus du conseil général. Non seulement elle n'était pas défendue par son conseiller général, mais celui-ci  votait contre le plan de continuation.
 
On ne pouvait plus douter de la volonté politique de nuire à Pra loup, ou à travers Pra Loup au maire d'Uvernet! Ou encore de vouloir reprendre la station à bon compte!
 
Au SIVM nous avions eu des débats difficiles, qui confirmaient cette volonté dernière aux relents politiques et affairistes.
 
La mise sous « tutelle » ne rendait pas facile la gestion de la société.
Le poste "honoraires" prenait de l'importance, il s'élevait à 1.627.000 francs, soit environ 10 % du chiffre d'affaire des remontées mécaniques. (expertises et contre expertise, honoraires syndic)
Le résultat de l'exercice clos au 30 septembre 1988 était déficitaire de 249.072 francs
Le poste, amortissement s'élevait à plus de 5 millions et celui du redressement fiscal de l'ordre de 7 millions sur des exercices concernant la Satis privée, et ses filiales.
Le CEPME perdait sa créance de 8.149.071 francs, rejetée pour forclusion.
« moyen moderne de gestion » disait le président....moyen pas très honnête
Cette banque n'avait pas produit dans les délais. Je proposais son entrée au capital... dans le cadre d'une augmentation...proposition refusée!
 
Lors de la transformation en Sem, des négociations en vue du transfert du privé au public, réalisées en présence des services de l'état, y compris des impôts, personne n'a pensé, assortir la transaction d'une garantie de passif, ceci, aurait eu pour conséquence de mettre à la charge des anciens actionnaires une partie des redressements contestables, ou de rejeter simplement les prétentions de l'état.
 
En vue de réaliser une augmentation du capital, un cabinet d'expertises estimait pouvoir réévaluer les actifs  à 34 500 000 francs, la valeur réelle étant de l'ordre de 80 millions. La Satis avait donc la capacité de se sortir de « ses difficultés ».
 
Alain Verdier trouvait la mort dans un accident d'hélicoptère, par manque de carburant, sa jauge indiquait pourtant qu'il avait environ trente pour cent du réservoir plein!
La lettre de menaces qu'il avait reçue à la Satis nous interpellait.
Une enquête fût menée, ….sans suite.
Un an avant un restaurateur de Pra loup, Jean Hovanessian, avait trouvé la mort dans des circonstances encore non élucidées. Peu de temps après le vol du coffre. Il se disait de lui à Pra loup « c'est une balance »......Pendant le vol les administrateurs prenait l'apéritif chez lui, et parlaient de cette recette « remisée » dans le coffre.
Les langues faisaient des rapprochements...
Des « notables » du milieu venaient se mettre au vert à Pra Loup. Ainsi, nous apprenions, mais après, que Gaétan Zampa, avait été  logé à la Voile des Neiges , logé par un adjoint ! Le Président de la Satis!
Malvesi venait skier, avant d'être arrêté pour être à la tête d'un laboratoire...
Pra loup vivait des moments difficiles! Bien que la fréquentation « par les chefs » protège des petits.
La mairie était amenée à monter une opération avec la brigade des stupéfiants. Le résultat fût contrarié par des fuites.
 
En retour, Je connaissais également les menaces, du genre, essieux de voiture dévissés!
J'étais armé et le faisais savoir.
 
Ces fréquentations, cette réputation, ne favorisaient pas l'arrivée de nouveaux partenaires.
Nous avions visé d'être « le Saint Tropez des neiges », nous changions d'éthique!
 
La météo de cet hiver 88/89 nous posait également des problèmes. Au 30 janvier, seulement 12 remontées mécaniques pouvaient tourner.
Au trente et un janvier, le chiffre d'affaire n'était que de  1.005.692 francs contre 6.800.000 francs jour pour jour.
 
Une  intervention auprès de la Banque de France pour aider l'économie n'avait pas donné grands résultats.
 
Malgré ces difficultés ou peut être à cause, les élections de mars 1989 étaient très favorable à mon équipe.
 
Mon ex-adjoint et  président Follacci quittait Pra loup. De Alexandris démissionnait. La presse disait « il disparaissait ».
Le directeur, Bigou allait suivre.
A l'évidence sa position, les quelques aventures durant ces trois dernières années, (le coffre, le vol)
Le rôle, ou l'absence de rôle, joué pas la Caisse des Dépôts et sa filiale, la Scet  pouvait justifier ce retrait....des affaires.
Les alliances s'éclaircissaient.
 
Nous héritions d'une situation difficile.
Nous étions sous tutelle.
Nous ne pouvions compter, que sur les coups bas du conseil général, à dominante RPR.
Nous ne pouvions qu'espérer en une météo favorable, en un enneigement conséquent.
Nous devions redresser par la communication, l'image de la station, pour faire du chiffre.
 
En ma qualité de maire, le conseil  me désignait président de la Satis.
J'y revenais pour la troisième fois.
 
Nous tenions notre première réunion du conseil d'administration, le 8 juin 1989, avec un conseil partiellement renouvelé.
Le départ de Messieurs Bigou et de Alexandris était confirmé.
 
L'arrêt de la cour de cassation du 4 juillet 1989, désignant le tribunal de Nice pour l'instruction de la plainte à mon encontre, avait été communiqué à la presse par notre procureur Weisbush, l'ami RPR.
On annonçait sous cape, mon inculpation qui ne vint en fait que le 7 juin 1990.
Je n'arrivais pas encore à avoir connaissance des faits éventuellement reprochés, mais les renseignements généraux m'assuraient que le dossier était vide.
Il fallait attendre.
 
Je pouvais compter sur mon nouveau conseil.
Tous les conseillers avaient  accepté de venir à mes côtés, ils connaissaient les difficultés.
J'avais choisi toute l'équipe municipale, j'étais sûr de leur volonté de travailler pour la commune, d'être solidaires, sans être asservis.
Michel Carraud venait de s'installer dans la commune. Je pensais qu'il apporterait un sang nouveau, de l'extérieur.
Je le choisis donc comme premier adjoint. Il se disait socialiste, c'était face au RPR une garantie de fidélité supplémentaire.
C'est ce que je croyais, d'ailleurs, il m'assurait par écrit de sa "collaboration efficace".
Très rapidement il allait faire preuve d'hésitation dans les prises de décision, ou preuve de suspicion généralisée.
Je l'avais fait désigner au conseil de la Satis
 
Cette valse permanente d'hésitation n'était pas favorable au fonctionnement de la société, déjà sous tutelle pour toutes décisions.
Faire des choix après analyse est nécessaire, les assumer est une obligation.
On ne peut d'ailleurs être heureux sans être capable de choisir sa voie.
 
Gaston mettait également tout en doute. Gaston, (se) posait des questions? Sans apporter de réponse, sans proposer de propositions... positions faciles mais équivoques!!
 
En fait, par exemple en s'opposant à la réalisation de foncier à bâtir sur le Molanes il préservait sa "Chasse privée".
 
Il fallait s'opposer aux abus antérieurs, comme les honoraires de l'avocat de De Alexandris qui souhaitait recevoir 375.000 francs pour « une convention d'honoraires de résultat » pour l'affaire CEPME. Cet avocat allait devenir, l'avocat du Syndicat intercommunal, de toutes les causes face à la commune.
 
Devant le médiocre résultat de l'hiver, à la suite du manque de neige, devant le refus de la région et du conseil général, qui réservaient leurs aides à d'autres stations sinistrées par ce manque de neige, nous devions trouver d'autres moyens ...mais avec l'autorisation du commissaire au plan de continuation.
 
Il nous fallait trouver un nouveau directeur.
La Scet déclinait, elle ne souhaitait poursuivre sa mission, au regard de ses trois années de gestion.
 
La lecture des conseils montre si nécessaire la difficulté à gérer.
 
Notre principal souci étant le manque de neige, faute de subvention, faute de liquidité nous nous dirigions vers l'acquisition de canons à neige polonais.
Nous allions, alors que le mur de Berlin, n'était pas encore tombé, profiter de cette acquisition pour faire une opération de communication nationale.
Cette communication, événementielle, couverte par la presse nationale, amortissait partiellement l'investissement en matériel.
 
Ces canons, étaient de conception rustique. Ils étaient d'un prix très abordable, le tiers des canons mis sur le marché de l'Europe de l'ouest.
Leur intérêt était d'amener près des gicleurs, de l'air compressé et refroidi ce qui favorisait la cristallisation.
Il demandait par contre une certaine attention et surveillance.
Les ingénieurs Polonais, payés au Smic, étaient capables de faire des tonnes de neige. Nous n'étions (ou ne voulions syndicalement) en faire autant.
Munis de bouteille de vodka, ils bravaient le froid, ils étaient volontaires, nous étions syndicalement embourgeoisé.
La veille d'un « Show Malboro » avec deux volontaires, nous fîmes tellement de neige que personne n'en revenait.
Ces canons ont longtemps été utilisés en Pologne.
 
Pour diriger la station nous trouvions une équipe dirigeante, venant de Savoie.
Une équipe sous contrat. La commissaire au plan approuvait ce choix de direction déléguée sous contrat.
  • Conseil du 9 décembre 1989
  • Conseil du 26 décembre 1989
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    Pour aider la Satis le conseil municipal souhaitait réaliser la réserve foncière qu'elle possédait sur Saint Pons. Barcelonnette si l'on peut dire « barrait » la route. Nous ne pouvions mettre en valeur sans réaliser un accès. En fait nous nous butions encore à des intérêts privés.
    Il fallut plusieurs accidents pour faire évoluer la situation. Le conseil général pour des raisons de sécurité, ne pu faire autrement que d'accepter de laisser, Genty Cathiard, financer le carrefour.
     
    Ce carrefour devait permettre, outre la sécurité apportée, de traverser l'Ubaye pour réaliser une déviation vers Pra loup, et un accès direct vers Saint Pons.
    Cet aménagement du territoire fût contrarié !
     
    La saison d'hiver pouvait commencer le 23 décembre.

     

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