Saison 1989 / 1990

 

 

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par Louis Lequette
 
La Satis avait une nouvelle équipe dirigeante.
Elle succédait à la SCET.
La station de Merlette avait également dû mettre fin aux investissements décidés par la CDC, et sa filiale la SCET, investissements qui l'avaient entraîné dans des difficultés sérieuses. Le conseil général des Hautes Alpes était intervenu pour sauver la station.
 
Cette nouvelle équipe dirigeante allait travailler avec enthousiasme, mais sous tutelle et sans aide publique! Sans aide bien au contraire du conseil général.
 
L'espérance d'une belle saison avec les premières chutes de neige tombées dès novembre s'estompait rapidement avec un premier redoux.
La saison commençait mal.
Non seulement la neige faisait défaut pour Noël, mais le peu que nous avions allait disparaître le 27 décembre avec un nouveau redoux. Le printemps!
Notre équipe faisait des prouesses pour satisfaire la clientèle. On transportait des camions de neige, depuis les Agneliers, on en ramenait avec des traineaux de fortune, des parties boisées vers les pistes.
On en fabriquait lorsqu'il faisait froid, rarement!
La crise était générale, Alpes et Pyrénées, ce qui ne compensait pas notre malheur.
Au contraire la presse communiquait sur ce désastre pour les stations.
Toutes les stations étaient frappées, on titrait, « Sports d'hi....vert »
 
Nous étions un peu mieux lotis que les Alpes du Nord, nous allions multiplier la communication positive « on ski à Pra loup » pour contre balancer la négative.
 
Pra loup retrouvait un esprit de solidarité publique...car tous étaient concernés.
FR3  avec qui nous avions d'excellentes relations venait faire des gros plans de neige, en réduisant le champ de vision aux secteurs, aux ilots enneigés.
Robert Goin chargé de la communication faisait merveille. Il était passionné pour Pra Loup.
Sa compétence reconnue lui permettait de communiquer pour les Ets Salomon et Pra loup. Cette association nous donnait une autre dimension.
Ces efforts étaient payants. Fin janvier nous enregistrions un chiffre d'affaire de 2 618 680 francs contre 669 155 francs à la même date de l'année passée.
Dans une période de suspicion certains s'interrogeaient sur ce résultat.
 
SKI: en manque de neige pour la troisième année. Où sont les neiges d'antan?
Le gouvernement déclarait vouloir venir en aide à la montagne sans neige.
Faute de recette d'exploitation il fallait vendre des stocks de terrain. Ce n'était pas facile avec cette publicité!! Et pourtant nous allions arriver à trouver des promoteurs.
 
Nous avions une proposition d'achat à 1153 francs hors taxe alors que De Alexandris, l'ex Pdg de la Satis et promoteur offrait 850 hors taxes.
Notre réserve foncière était de 25 342 m² réduit pour minimiser volontairement à 8.039 m²
(en 2010 elle sera portée à plus du double)
Le commissaire au plan, le président du tribunal étaient favorable à ces transactions...le conseil était défavorable.
Le projet du promoteur prévoyait un mini centre commercial et des ateliers d'artisans d'art, il n'en fallait pas plus!
Il ne fallait pas de concurrence.
Les réunions du conseil devenaient impossibles, tout devenait suspect. Il était difficile parfois de savoir les motivations d'une contestation, tant l'intéressé lui même se perdait dans son verbiage.
En fait tout cela était le résultat de la dominante de l'intérêt privé, et de l'approche de l'inculpation qui faisait naître des appétits de calife aux judas. Les décisions se perdaient dans un labyrinthe intellectuel vaseux sans accès de sortie. (conseil 26 janvier)
Le 27 février l'équipe qui après le travail se réunissait dans un appartement de fonction au Signal, se faisait prendre en otage, alors qu'elle travaillait. Ils étaient bâillonnés et obligés de donner les clefs du bureau.
J'avais donné des instructions pour que les recettes soient remises en banque au fur et à mesure.
J'avais recommandé de mettre en vue sur le bureau du comptable les reçus de banques, attestant que nous ne détenions pas d'argent..
Donc, rien ne fût pris, hormis du désordre, quelques documents sans valeur demeuraient introuvables!
Si nous arrivions à minimiser cette communication négative, mais certains s'y complaisent néanmoins.
J'en ferais bientôt les frais.
(prise d'otage)
Suite à l'arrêt de la cour de cassation le juge, Boisseau du tribunal de grande instance de Nice me convoquait le 19 juin 90.
(arrêt et convocation)
La lecture des procès verbaux des conseils n'honore pas les auteurs des troubles!
(conseil 15 juin 1990)
Nous allions réussir à faire voter le concept dévalkart pour que la station travaille en été.
Ce concept allait provoquait un chiffre d'affaire des remontées mécaniques jamais atteint en été.
Ces engins étaient remontés, traînés par le téléski de la Clappe
Malheureusement ces engins conçus pour la promenade allaient devenir engins de compétition et en ma qualité de Maire, les jugeant dangereux et polluants j'allais être amené à en faire arrêter l'exploitation.
Ils étaient polluants par la poussière qu'ils provoquaient en usant les parcours de descente.
C'étaient à celui qui allait le plus vite, prenait le plus de risque, rentrait chez lui le plus sale!
La bicyclette tout terrain ferait moins de pollution. Elle sera plus limitée car exigeant des efforts.
(devalkart)
J'apprenais que la presse se déchainait à mon encontre, alors que j'étais en réunion de conseil d'administration du parc du Mercantour. Ils lisaient Nice Matin et me dévisageaient!
Inutile de dire par qui cette communication était managée.
Histoire d'étiquette annonçait le Méridional! Histoire interprétée selon les titres! Le RPR était nommé!
La guerre du Blanc à Pra loup
Le Dauphiné faisait réaliser des affiches apposées dans la vallée et sur des banques avec qui je travaillais en vue du développement du « Fumeton », spécialité que j'avais fait breveter.
(affiche du Dauphiné etc)
L'affiche complétée par mon nom pour être plus agressive fût collée lors de la prochaine campagne du conseil général de Barcelonnette.
Ainsi, l'auteur signait.
Tous les journaux informés par l'AFP de Barcelonnette, titraient....
(AFP et argus presse)
Je recevais de nombreux soutiens.
L'association des Maires des Stations dont je faisais partie depuis des années me soutenait, inquiet, « que l'on puisse divulguer de telles informations qui portent atteinte à l'honneur d'un homme ».
 
Christian Bonnet à ma demande, acceptait d'en parler au garde des sceaux, le terme «  inculpation » devait bientôt être remplacé par un autre, mis en examen moins accusateur.
(lettre  association des maires)
 
Je relate ici d'autres affaires, d'autres appréciations qui donnent la mesure des infamies dont la politique politicienne est capable.
Il faut se rappeler les attaques contre Bérégovoy, contre François Léotard, contre Jacques Heuclin...
Aucune réaction... Aucun article, sur le dysfonctionnement de la justice, (de Mongolfier, Nice), le mépris du droit (Jean Denis Bredin, Académie Française), la confiscation d'un système (Delalande, député Val d'Oise), la justice aux ordres du pouvoir (Maryse Lebranchu et Arnaud Montebourg)
« Il y a certaines choses qu'on n'a pas le droit de faire: jouer ou laisser jouer avec l'honneur d'un adversaire politique. (François Mitterrand)
Aucun rappel de l'obligation d'un minimum de moralité... ne mettra fin à la perversité de l'avidité du pouvoir de certains!
Oserait-on rappeler «de vivre la politique comme un service, qui exige....une moralité à toute épreuve dans l'exercice désintéressé et transparent du pouvoir » Jean Paul II devant Mikhail Gorbatchev et 12 députés et sénateurs Français.
La politique n'a pas de morale, pas de patron comme Thomas More
(articles sur morale politique)
 
Le 28 juin le conseil devait examiner des affaires plus ou moins claires de l'ancienne direction, la fiabilité des canons polonais, et la mise en examen.
Monsieur Carraud se faisait interviewer par le Dauphiné, il montait au créneau!
 
Face à ces débordements, le conseil se tenait en la présence de Maître Auda et Maître Sivan huissiers.
La structure était secouée mais tenait.
(extrait pv du 28 juin )
Enfin les motifs de la mise en examen étaient connus et ne révélaient, comme l'avait dit les renseignements généraux, rien de répréhensible.
Il fallait attendre.
 
Au cours de l'été, notre équipe sous la direction du CREET préparait au mieux l'hiver 90/91, mais on sentait que l'enthousiasme était entamé par les tensions internes.
 
Il fallait resserrer les rangs.
Aucune décision urgente ne s'imposait.
Le temps de calmer les esprits la prochaine réunion du conseil était fixée au 21 décembre.

  

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