Saison 1991 / 1992

 

 

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par Louis Lequette
 
L'ambiance  au conseil d'administration s'améliorait, néanmoins Maitre Lageat était obligée de « demander au conseil d'administration de travailler positivement, dans le cas contraire, elle se trouverait dans l'obligation d'intervenir ».
En sous entendu, le plan de redressement pouvait en pâtir.
 
L'ambiance avait provoqué des démissions, des départs pour des horizons moins pollués, plus prometteurs pour leur carrière.
Le départ de Thierry Auzet de l'Office du Tourisme, et de Jean François Montjean se réalisait sans rupture dans leur mission.
démissions
La tache de la direction n'était pas facile, si le conseil devait être ouvert aux critiques il était nécessaire que l'autorité soit respectée.
La création d'une commission composée de commerçants appelés à donner leur avis sur l'entretien des pistes devait mettre fin aux agressions verbales envers la direction. Un administrateur, chargé des pistes, avait été grossièrement pris à partie dans le centre commercial par des commerçants.
 
La CFDT ignorait les conditions climatiques aléatoires et exigeait des contrats saisonniers de quatre mois. L'équilibre de leur société, la Satis, n'était pas leur premier soucis.
La Mairie avait, durant les années sans neige décidé de faire effectuer des travaux d'entretien par les employés de la Satis pour garantir la durée de l'emploi.
cfdt
Plusieurs anciens, ceux du pays soulignaient que « ce n'était pas la position de la majorité de collaborateurs »
La mémoire est parfois de courte durée.
Ainsi pour assurer l'emploi, la mairie confiait l'entretien de bâtiments communaux à la Satis.
La chapelle de Pra Loup avait été repeinte.
Chacun était conscient de la nécessité d'assurer un revenu minimum au saisonnier.
Comme le député Bellon avait défilé,... comme d'autres avaient brulé des cierges pour faire tomber la neige, nous le chargions de demander à l'Etat de créer une caisse de compensation, identique à celle des entreprises de travaux publics
Le conseil tranchait sur une durée minimum de trois mois.
conseil du 8 janvier 91
Nous voulions éviter les grèves
L'hiver se déroulait sans soucis de neige, donc sans soucis de durée de contrat de travail.
L’Etat, fixait la fin des congés scolaires au 17 mai ce qui ne pouvait que se ressentir sur le résultat de la saison d'hiver.
Le coût de l'exploitation des remontées se chiffrait à 50,000 francs de perte journalière.
Par ailleurs il affirmait vouloir venir en aide aux stations créatrices de retombées économiques.
Au cours de l'hiver la station organisait le plus possible de courses et événements pour que la presse communique.
objectif communiquer
Le plan de continuation prévoyait d'alléger la Satis des frais engendrés par sa filiale la STUV, Société Ubaye Verdon chargée de l'exploitation de la liaison Allos - Pra loup.
La dissolution était donc décidée au cours d'une assemblée tenue en préfecture le 6 décembre 1990.
Le syndicat intercommunal Allos Uvernet prenait le relais, ce qui ne changeait rien à l'économie.
La répartition des frais de gestion devait se faire sur la base de 50/50.
Le Maire d'Allos, répondant au souci de la préfecture souhaitant sécuriser ou plutôt fiabiliser la liaison entre les deux stations, réalisait le télésiège doublant Les Ubaguet.
Maitre Lageat rappelait le 24 avril 1991, au conseil l'obligation de céder le Pouret et les Quartiers à la nouvelle structure.
 
Comment gérer sans en avoir le temps. La menace de résolution du plan était avancée. Il fallait demander une modification du plan et la soumettre au tribunal.
 
La rapidité nécessaire pour satisfaire l'économie du plan, ne pouvait se concilier avec la nécessité de réflexion des prises de décisions, avec le temps nécessaire à la mise en place des structures publiques, et leur approbation par l'administration.
 
La justice aussi a besoin de temps, mais que l'attente est longue.
Depuis l'inculpation, j'étais toujours l'objet de suspicion depuis 1989 et ….sans nouvelle des investigations pouvant me concerner.
Le 28 avril, j'appelais l'attention du ministre de la Justice.
Le 15 mai une ordonnance de non lieu était rendue.
J'en eu connaissance que fin mai.
ministère de la justice, Vauzelle
 
La presse ne prenait pas autant de peine pour diffuser l'information que pour l'inculpation.
Je devais écrire à la direction du Dauphiné pour obtenir le passage d'un article.
non lieu, Dauphiné
Pourquoi vouloir effacer le mal que l'on a voulu faire!
 
L'Association des Maires, le monde politique, (les amis de l'UDF au PC) m'adressaient leur satisfaction.
La notion d'inculpation devait être examinée et remplacée par celle de mise en examen par les parlementaires.
Ce fût une petite satisfaction pour d'autres!
association des Maires, François Léotard, Renaud Donnadieu de Vabres, réforme de la procédure pénale
Cette annonce libérait notre équipe.
L'équipe dirigeante, se mobilisait pour que l'été soit une réussite, pour que la communication engendre des envies de fréquentation en hiver.
 
Robert Goin avait toute notre confiance pour organiser cette communication. Tout le monde reconnaissait que nos efforts de communication, de la Mairie, de l'Office du Tourisme était sans précédent. C'était grâce à lui.
Robert Goin, effort de communication
 
Après le succès de l'été dernier, l'activité de Dévalkart était reconduite, on ajoutait le Trial et le VTT.
Nous devions réglementer le Dévalkart car la vitesse l'emportait souvent sur la prudence.
Cet engin usait les pistes mais faisait parler de la station.
On créait la première piste permanente de descente en VTT et les championnats de France se déroulaient fin juin.
Pra loup avait été la première station à organiser les premiers championnats de Deltaplane,
Le rassemblement « Le Chamois » nous amenait 12.000 motos en un week-end.
Pra Loup avait de l'ambition.....
été en fête, plusieurs articles
 
L'été était endeuillé par la disparition d'Alain Prieur.
Avec Jacques Villeneuve ils furent les ambassadeurs de Pra Loup.
Alain Prieur
 
On inaugurait la salle de jeux du Bachelard réalisée par Monsieur Sabourin.
Elle aussi avait eu droit aux sous entendus. Cela venait de soupçonneux maladifs ou ombrageux, que l'on finissait par plaindre, tant on estimait que cet état d'esprit devait les rendre malheureux.
jeux et bowling
 
Le conseil d'administration  était remis en face de la réalité, par l'obligation de demander une modification du plan de redressement.
Sans vente de terrain, suite à l'obstruction incompréhensible de certains ou obstruction motivée par le protectionnisme pour d'autres, le sauvetage de la Satis devenait difficile malgré les bons résultats d'exploitation.
L'augmentation de capital ne pouvait motiver des privés qui avaient besoin des « collectivités » pour garantir les emprunts ...alors que celle ci voulaient s'approprier la station pour le franc symbolique.
La demande de prolongation du plan était déposée  le 7 octobre 1992 et reportée
 
Nous eûmes la surprise d'entendre la CFDT demander au juge, la résolution du plan.
La CFDT déposait une plainte auprès du procureur estimant qu'il n'y  avait pas assez de réunions du comité d'entreprise!
En fait elle était manipulée, peut être sans s'en rendre compte par d'anciens qui ne souhaitaient pas la réussite.  Certains voulaient que la Satis soit cédée à « une collectivité » pensant accéder au statut de fonctionnaire. Il était facile de deviner qui tirait les ficelles de la marionnette.
 
Nous étions avertis, « en cas d'issue défavorable de l'acceptation du plan, l'application des principes comptables, généralement admis dans un contexte de continuité de l'exploitation et notamment l'évaluation de l'actif et des dettes pourrait s'avérer non appropriée.... », disait le commissaire aux comptes, ce à quoi le syndic ajoutait «  Tout est dit et fort bien dit »
 
Le plan était enfin présenté  à l'audience du 04 novembre 1992
            A) la valeur d’estimation s'élevait à 83.953.000 francs plus 10.000.000 de trésorerie.
            B) les excédents d'exploitation étaient de 7.258. 000 francs en 1991 pour un chiffre d'affaire de 24. 769.000 francs et de 7.439.000 en 1992 pour un chiffre d'affaire de 24.439.000.      
            C) la dette à financer s'élevait à 42.189.000.
            D) ceci nous permettait de présenter un tableau prouvant la capacité d'autofinancement pour autant que l'enneigement redevint normal.
pièces jointes plus info au conseil
            La conclusion déposée par le syndic en dit long.....sur la volonté politique ... de s'approprier la station, sous couvert de la sauver.
Il exposait que les SEM ont été crées en Allemagne et Belgique, associaient collectivités et privés, que c'était un compromis entre libéralisme et socialisme d'état et que cela présente une grande difficulté, tenter de concilier, l'inconciliable « l'intérêt public et l'intérêt privé »
Il soulignait au tribunal qu'aucun d'entre nous ne recevions de rémunération pour nos fonctions d'administrateur ou de président de la Sem Satis.
 
Il se soumettait …. et présentait un schéma de reprise par la collectivité départementale.
(13* audience, pièces comptable,  Sem Gillibert, attestation Tousnakoff)
 
Seule la date tardive de la présentation du plan, à la veille de la saison d'hiver pouvait être favorable à l'octroi d'un sursis.
Ce qui fût décidé !...
 
Il fallait pour la station réussir un prochain et dernier hiver.
La Satis était « dans le couloir de la mort » l'ambiance du conseil redevenait plus calme voir respectueuse.
 
Toute la montagne était convalescente.
la montagne convalescente
Auron allait recevoir une aide 52 millions...
L'état venait au secours de Briançon, car le conseil général et la ville étaient solidaires.
 
Ce n'était pas le cas chez nous puisque la « politique »avait d'autres vues! Et puis déjà on relevait des déviations, constatées par le conseil de la concurrence. Décisions n°91-D23 juillet 1991.
Le président du conseil général, maire de Digne faisait l'objet d'une information judiciaire « pour détournement de fonds publics, corruption, recel, et abus de confiance »
 
Isola était sauvée provisoirement par la reprise par une holding Luxembourgeoise, à laquelle avait été placée Sophie Deniau. Le conseil général des Alpes Maritimes accordait son aide à Valberg, ce qui valut des démêlés avec la justice à son exploitant (également conseiller général)
 
Font-Romeu augmentait son imposition de 30% pour aider sa station. Son budget était en déséquilibre de 16 millions.
Toutes recevaient des aides, nous étions exclus.
La chambre régionale des comptes jugeait « qu'il n'y avait pas lieu de nous proposer des mesures de rétablissement d'équilibre....
aide de l'état
La commune n'avait pas la surface suffisante pour agir seule, même si ses taux d'imposition étaient parmi les plus modestes. Elle se déclarait néanmoins, pour les médias, solidaire de la Satis
taux d'imposition et  Uvernet destin solidaire
 
La presse était positive sur les capacités de la station, de la commune.
Notre volonté de communiquer positivement demeurait.
L'attente continuait.
Le juge  voyait clair sur « les tractations politiques» de dernière minute.
Il prenait son temps.
l'attente continue et divers articles de presse
 
C'est dans l'inconnu du devenir de la Satis, des conditions d'enneigement qu'il faudrait réussir la dernière saison d'hiver de la Satis.
 
 
 
 
 

  

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