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Retour fin de la Sem |
par Louis Lequette
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- Avec l'acte de cession prenait
fin la vie de la SATIS.
- Elle avait 33 ans.
- Ses actions valaient les Franco
Russe
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Les actions Satis
- Dès la décision du tribunal, il
avait bien fallu annoncer la nouvelle aux
actionnaires.
- Cette tâche désagréable me
revenait.
- Je devais préciser dans le détail
le contexte politique qui avait amené leur société à
cette fin.
- La plupart des actionnaires
m'avaient suivi dès la fondation de la Satis, dans
un esprit de développement de la Vallée.
-
- Sur ce point ils étaient
satisfaits.
-
- Mais il fallait leur annoncer la
perte de leur investissement.
- Un « fondateur » commerçant de la
rue Manuel eut la gentillesse de me dire « nous
avons investi pour le développement de la vallée.
Nous avons récupéré par l'augmentation de notre
chiffre d'affaire » Une parole réconfortante!
- Personne ne contesta
l'information, ni les actionnaires, ni encore
moins... « les auteurs qui en portaient la
responsabilité ».
- La liquidation d'une société,
comme le terme l'indique, voit le plus souvent ses
valeurs se liquéfier et disparaître, malgré la
vigilance du failli.
- La liquidation d'une Sem qui de
surplus passait dans les mains d'une collectivité
laissait sans aucune réaction.
-
Lettre aux actionnaires
- Ce qui appartient à tout le
monde, n'appartient à personne.
- Ce champ libre, amènera des
convoitises... des profiteurs sans scrupule.
- Avec le conseil municipal nous
devions veiller pour « protéger le patrimoine
collectif »
-
- Personne ne pouvait se douter de
l'avenir que nous réservait Transmontagne!
- Transmontagne se disait
« portée » par la Lyonnaise des Eaux, liée à son
patron Jérôme Monod, proche du pouvoir… du président
Jacques Chirac...
- Avec Philippe Lamour et Jérôme
Monod, nous avions en 1960, parcouru, Bayasse et la
Moutiére pour y réaliser un développement maitrisé à
l'exemple du Queyras.
- Les ambitions politiques,
l'argent, font évoluer les bonnes intentions!
-
- De Georges Langlois, extrait
échos.. « selon les aveux enregistrés.. d'un ancien
bras droit de Monod... une opération aurait permis
la remise au RPR de 11 millions dont 7 destinés en
1994 à la campagne présidentielle. Le juge
d'instruction Marx Laleix enquête » (Lyon)
- Une autre affaire ou un lien ?
- Personne ne pouvait se douter
qu'avec la complaisance de responsables,
Transmontagne allait amener douze stations dans la
difficulté avec un dépôt de bilan retentissant et
faire ainsi connaître à l'économie montagnarde son
plus grand scandale financier.
- Pra loup « restait dans la
vallée. Dixit...Chabre » on avait rejeté la société
touristique du Mont Blanc et bien d'autres très
valable.
- On allait donner à Transmontagne
la possibilité d'user de la manne financière de Pra
loup, de disposer du chiffre d'affaire.
- La remise en état de la route de
Pra loup, un labour, était reportée à plus tard.. Le
conseiller général ne défendant pas le dossier....
il fallait déplaire, pour favoriser le changement de
Maire en 1995...
-
- On ne fait pas de cadeau sans
retour! Alors au profit de qui?
- Une présomption politique de
culpabilité ?
-
- Le doute était dans les esprits,
le doute!!!!
- Si tout au contraire la puissance
financière, ses relations amenaient un
développement?
- L'immoralité serait alors vite
oubliée...
- Remplacée par le profit, par la
fraude, serait-ce un moteur de relance!!
-
- Cette manne, mise à la
disposition de Transmontagne, sans contrôle, allait
servir de bras de levier à lever des capitaux, pour
l'ascension du groupe.... de Pra loup à ….Zacopane
….à Dubaï
-
- Pour ce premier hiver,
Transmontagne allait agir pour le compte du Syndicat
Mixte et placer Bernard Goirand à la direction de
l'exploitation.
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- Il m'avait envoyé son CV. Je lui
avais précisé qu'il n'y avait pas de concurrence.
Qu'il pouvait se présenter uniquement à
Transmontagne.
- Je le présentais à Pra loup,
comme le fils d'un ami… qui de plus à la demande de
Pomagalski avait accueilli mon fils pour le stage de
fin d'étude des Arts et Métiers, à Agudio-Poma en
Italie.
-
Transmontagne agit pour
le syndicat mixte
- Nos informations nous obligeaient
à nous interroger, à douter, mais personne ou
presque ne disant mot tout le monde semblait
consentir. « qui ne dit mot consent »
- .. et puis tout pouvait
réussir..!
-
- Très rapidement la commune
d'Allos allait réagir.
- Bien que d'une surface financière
plus importante que Uvernet, la commune ne pouvait
soutenir ses stations de la Foux et du Seignus. La
Sté d'exploitation de la Foux n'avait pu honorer ses
dettes envers la STUV filiale de la Satis,
augmentant nos difficultés.
- Nous ne pouvions mettre en
demeure, ni réclamer pour ne pas provoquer,
accélérer, un dépôt de bilan.
-
- Le bilan de la Sem d'Allos fût
néanmoins déposé. Le conflit allait éclater avec le
Conseil Général.
- René Céze, maire et conseiller
général d'Allos faisait parti du RPR donc, de la
même majorité.
-
- Ainsi apparaissait qu'il ne
s'agissait pas de problèmes politiques, mais
d'honnêteté.
-
- La meilleure façon de l'affaiblir
était de le dénigrer. Ce fût fait avec la
réalisation de la route du Mandarom réalisée par son
entreprise....et bien d'autres sujets, bassesses peu
honorables.
- Le conflit entre Allos et le
Conseil Général ira grandissant
-
- Par ce dépôt de bilan de la Sem
d'Allos, la commune se retrouva dans la même
situation que Uvernet et voici ce qu'il écrivit.
-
- « Le Conseil Général a alors pris
la décision de retirer à notre Sem la gestion des
remontées mécaniques.
- Nous nous sommes élevés contre
cette décision, mais sans succès, et c'est ainsi
qu'un appel d'offres, ou il n'y a eu que
Transmontagne, a été lancé.....
- Entre nous la cause était
entendue, ce qui a eu pour conséquence un désaccord
important contre Rinaldi et Delmars, ainsi que la
majorité du Conseil Général.
- Résultat, j'ai voté à gauche, et
Transmontagne 'viré'
-
extrait d'une lettre de
René Cèze
- Ce témoignage du Maire d'Allos
résume parfaitement l'ambiance politique du moment!
- Il faut saluer son courage
politique....sa probité... oser affronter
-
- « le courage c'est de dire la
vérité, de renoncer à la gloire du mensonge qui
passe ... »Jean Jaurès
-
- Dans le Cantal, le journal La
Montagne, et La Galipote essayaient d'attirer
l'attention des élus et des assujettis.....sans
grand succès. La Galipote informait régulièrement,
elle n'était pas entendue.
- Une information sans succès.
- La Galipote n'était pas attaquée
pour ses révélations, car toutes leurs sources
étaient fondées, vérifiables.
- La majorité du Conseil Général
était la même que dans les Alpes de Haute
Provence... et reprenait la station de Super Lioran,
pour la donner à Transmontagne.
-
La Galipote
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- L'équipe de la Satis avait été
exemplaire, dévouée à Pra loup pour préparer
l'hiver. Sur ce point les nouveaux maîtres ne
pouvaient trouver une critique.
- Ils allaient en chercher
d'autres....
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Lettre à Gillibert,
préparation de la station
-
- Le Conseil Général ayant pris les
rennes, l'aide attendue des instances dépendant de
l'état était débloquée, sous réserve, que le
syndicat mixte soit maitre d'ouvrage.
- Le Conseil Général voulait
contrôler les marchés ! La commune ne devait pas
être populaire pour les élections.
- Le syndicat mixte allait avoir
950 958 HT d'aide dans le cadres des aides aux
stations, ce qui avait été refusé à Uvernet, pour
que nous puissions réussir.
-
Fonds d'aide aux stations, lettre Rinaldi du 3
décembre 1993
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- « Pra loup sera toujours la
Satis » déclarait le député Delmars, pour justifier
la mise à la vente d'anciens titres de transport,
périmés depuis plusieurs années et portant le nom de
la défunte.
- Ces titres vendus étaient venus
atterrir en grande quantité sur mon bureau de la
Mairie, apportés par des employés attachés à leur
station.
-
Copie de titres de
transport de la Satis
- Ils me reprochaient de ne pas
agir....!
- L'année précédente une caisse
enregistreuse avait disparue. Une plainte avait été
déposée « classée sans suite, une action publique
éteinte.
-
Information du parquet,
action publique éteinte
-
- Si, on ne pouvait douter de tout.
Cette déclaration du député, mettait néanmoins du
piment, le doute sur cette vente de forfait périmé.
Pourquoi utiliser des forfaits périmés?
- Pourquoi elle motivait cette
déclaration explicative....sommaire, la main sur le
cœur?
- Pourquoi utiliser des forfaits
périmés? À l'évidence pour occulter des recettes.
-
- Le député estimait que ma
présence le gênait dans la mise en place de la
gestion de Pra loup.
- Cette présence l’obligeait,
paraît-il, à respecter la loi Sapin. Cela faisait
perdre du temps..
- Le rôle du préfet était de
veiller également sur la légalité.
- Vraisemblablement il pouvait
ignorer ce qui se tramait, et il devait garantir le
respect des règles ou... les apparences.
-
- Contrairement à son engagement le
Conseil Général avait dans l'acte de cession exigé
que les actifs non nécessaire à l'exploitation lui
soient cédés.
- Un coup dur pour la commune qui
comptait sur ces valeurs, leur produit pour
équilibrer ses engagements.
- Il fallait se taire, n'offrir
aucune résistance au loup « dominant ».
-
- Je faisais néanmoins remarquer
que la liaison avec Allos, par les Agneliers, était
exploitée sans aucun contrat, et sans redevance.
- Le maire étant responsable en
matière de sécurité. Je devais savoir à qui confier
ma délégation pour assurer les secours. Cette
liaison appartenait encore au syndicat intercommunal
Allos Pra loup.
- Cette situation irresponsable
allait durer. Je dus la rappeler pour l'hiver 94/95.
-
Les Agneliers, lettre à Lanfranchi et réponse
- Cette notion de responsabilité en
matière de sécurité allait être reprise à mon
encontre.
-
- La neige qui tardait en début de
saison, allait tomber en quantité le mercredi 5
janvier et le jeudi 6 janvier. Un mètre de hauteur
en deux nuits, le jour demeurant ensoleillé.
- Une aubaine pour la station. Un
mètre, de l'or pour toute la saison.
- Avec l'équipe technique qui ne
ménagea pas sa peine les routes furent rapidement au
goudron.
- Je restais avec eux sur le
terrain jusqu'au week-end end pour être certain que
tout soit parfait, pour participer.
- J'avertissais le Smap à Digne,
par fax, que la situation était parfaite.
- Je précisais que je pouvais
m'absenter le 9 décembre, un samedi soir.
- Quelle erreur!
- Il ne restait que le déneigement
des voitures en stationnement, dont le déneigement
n'incombait pas à la collectivité.
-
- Sur « ordre » du député, le
préfet acceptait de convoquer le conseil en urgence,
en quatre jours.
-
- La lecture de la presse et du
procès verbal de la réunion du 13 en disent long.
- Quelle pantomime, toute la
rancœur de l'opposition élus y a été vomie par ces
élus présents, devenus courageux sans la présence de
« l'adversaire ».
- Une ambiance délétère.
- « Je ne veux pas prendre part à
cette polémique » précisait quand même, le sous
Préfet qui représentait le Préfet en partance, et
qui « soit disant » avait voulu cette réunion.
-
- Le thème de la sécurité des
usagers n'était qu'un prétexte.
- C'était en fait l'insécurité des
élus... dont il s'agissait.
- Ils redoutaient la transparence.
Ma présence dans les instances délibérantes les
gênait.
- Avoir les mains libres....pour
agir sans contrôle...et vite..
- C'était le reproche principal,
grossièrement déguisé.
- Par cette réunion ils attendaient
que soit prononcé la déchéance du Maire.
- Ce fût un fiasco.
-
Conseil de crise article
et procès verbal
-
- Le Préfet, de Monchauvet,
préférait changer d'air. Il était plutôt social ou
socialiste, disons neutre comme l'exige son rôle. Il
supportait mal d'être soumis à l'autorité politique
politicienne.
-
- Il fût remplacé par l'homme
idoine, plus que souple, collaborant, s'adaptant à
la situation, aux besoins affairistes de la majorité
du Conseil Général.
- Lambotte était l'homme idéal.
- La presse allait parler plus tard
de ses qualités, celles nécessaires aux élus en la
circonstance.
- Il était passé par la direction
générale du Conseil Régional de la Guadeloupe .
- Il allait être mis en examen pour
faux et complicité d'escroquerie avec constitution
de partie civile. Une tentative pour le rendre
responsable de ses actes.
- Michaud Chevry allait défendre
son serviteur.
- Cette même procédure que, plus
tard, je souhaitais mener à l'encontre de
Transmontagne et des élus responsables des mêmes
faits, allait m'être refusée par la mairie
d'Uvernet.
- Mêmes causes, mêmes effets
-
Article de presse: Lambotte et la justice
- Ce préfet était omniprésent à Pra
loup. Il était chez lui, invité, Il s'habillait
même, d'un anorak des perchmans, au couleur de Pra
loup.
- Un petit cadeau d’entreprise,
pour bien faire voir, que par sa présence il était
solidaire.
-
- Très vite avec le Maire d'Allos
nous avons compris qu'il ne fallait pas lui confier
nos soucis sur les déviations auxquelles nous
assistions, car il communiquait tout à la partie
adverse.
- Nous avions bêtement confiance au
représentant de l'état.
- Le Maire d'Allos fût amené en
1996 à écrire en recommandée au préfet.
-
Lettre du maire d'Allos
au Préfet, A.R le 6 août 1996
-
- Avant de partir après l'épisode
du déneigement, j'avais été voir le commandant de la
gendarmerie.
- Je l'avais informé d'un transport
de fond, qui proviendrait des recettes des remontées
mécaniques. L'information venait du bureau, (disons
de la Satis) Elle était crédible, elle décrivait
même la mallette, en cuir rouge, qui contenait un
montant très important.
- Je lui confiais que peut être on
lui amènerait, avant qu'elle ne disparaisse.
-
- Cette mallette fût vue au péage
de l'autoroute de Sisteron. Elle était transportée
par un élu qui était dépourvu d'argent. La mallette
était placée sur le siège. Il l'ouvrit pour piocher
de quoi payer son péage. Les faits sont consignés à
la main courante.
- Le préposé avait été ébloui. Il
croyait en un holdup.
- C'en était un......Une
intervention politique ouvrit le portillon.....de
l'autoroute...
-
- Quelques temps après, un attaché
case de cuir rouge fût retrouvé le long de l'Ubaye.
Vide sauf plusieurs chèques désignant la provenance.
- Il n'y eu pas de plainte, pas
d'enquête, à quoi ça sert.....!
-
- Toutes ces informations qui me
venaient de mon ancienne équipe, me prouvaient que
la confiance demeurait entre nous.
- Mais je le conçois, je devais la
décevoir, ne pouvant agir comme elle le souhaitait.
-
- Transmontagne, allait prendre
les dispositions pour mettre fin à la transparence
qui fût toujours la règle de la Satis. Nous verrons
que les archives secrètes qui devaient être occulté,
ne resteraient plus au siège... Les soupçons
« d'indiscrétions » allaient être sanctionnés par
des harcèlements psychologiques, des mises à
l'écart.
-
- Cet hiver 93/94 fût un très bon
hiver pour toutes les stations.
- Et pourtant le chiffre d'affaire
de Pra Loup plafonnait à moins de 21millions. (pour
autant que cette information donnée fût exacte)
- Vars qui faisait depuis des
années le même chiffre que nous annonçait plus de 27
millions.
-
- Nous avions l'habitude de
vérifier le chiffre d'affaire, avec des données
(comme l'utilise l'administration) le poids des
ordures ménagères, la consommation d'eau,
d'électricité, le passage des perches et des
cabines. Nous estimions qu'il manquait de l'ordre de
7 millions, déclaré.
- Avec le SEATM la mairie disposait
encore d'informations comparatives sur toutes les
stations.
- Nous aurions du faire au moins
comme Vars!
- Bien des agents de l'état
assistaient sans possibilité d'agir.
-
- Informé la SRPJ , concluait....en
résumé ...c'est un dossier politique.
-
- Maitre Gillibert avait il
raison de s'inquiéter ? Et
d'écrire.....
-
« Quid si
Transmontagne n'est pas retenue ?»
-
mais désormais.....
-
Comment en douter!
-
- Car après avoir ferraillé, les
élus allaient bétonner le transfert de Pra Loup à
Transmontagne.... et ceci durant toute l'année 1994,
sous l'œil bienveillant du Préfet Lambotte...
-
- Les dépenses allaient être
collectivisées, et les profits privatisés.
- C'était la privatisation,
c'était la fin de la transparence..
-
- L'hiver 93 bien enneigé, se
passa sans aucun incident technique, le parc des
remontées mécaniques ayant été parfaitement préparé
…....par le SEM Satis.
-
-
Il faut rendre hommage à toute
l'équipe qui travaillait pour leur station, pour que
leur société défunte, trucidée au nom de la
politique, afin qu'elle demeure .
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