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par Louis Lequette
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- Le plan pluriannuel de
développement touristique adopté par sept ministères
prévoyait de réaliser à Molanes une télécabine de
débit important à la place du télésiège qui
existait, et la réalisation de parkings de surface.
- Cette réalisation devait
permettre de régler le problème de stationnement sur
Pra Loup.
- Les Préfets, le service d'études
et d'aménagement de la montagne (SEATM) tenaient à
cette réalisation pour des raisons évidentes de
sécurité. Les difficultés de stationnement rendaient
difficile, les accès des immeubles en cas
d'incendie. Les incendies au Gray d'Albion et au
Cheverny avaient fait expérimenter cette sinistre
hypothèse.
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- Un silo à voiture devait être
réalisé à l'entrée de Pra Loup. Il devait être
dissimulé, incorporé à la montagne.
- Un ascenseur réalisé dans ce
parking devait remplacer le téléphérique des
Choupettes.
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- Lors de la réalisation du
télésiège des Molanes, le conseil avait étudié la
possibilité de réaliser deux remontées, l'une
faisant office de télé-urbain jusqu'au hameau des
Blancs, l'autre des Blancs au plateau du Clos du
Serre.
- Cette réalisation en deux
tronçons aurait eu pour avantage, de faciliter les
échanges urbains. Cette liaison urbaine aurait pu
fonctionner plus longtemps dans la journée, limiter
le service de transport par navettes.
- Un transbordeur de l'une à
l'autre était prévu pour éviter les désagréments de
débarquement et d'embarquement. Le promoteur de Val
Soleil avait l'obligation de réaliser une remontée
portée pour acheminer ses clients vers cette gare
intermédiaire.
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- La réalisation, en un seul
appareil avec angle coutant moins cher, en
construction et en exploitation, cette option fût
retenue.
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- Le Seatm et le conseil souhaitait
implanter la gare intermédiaire au pied de la seule
piste de retour possible. L'Office national des
forêts, et son service de protection de la nature
(devenu le RTM) s'opposait avec raison à tout autre
tracé au nord, pour des raisons de sécurité.
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- La Garcine est classée forêt de
protection pour ces raisons de sécurité.
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- Lors de l'étude du projet de la
station, j'étais remonté dans le temps pour
comprendre l'évolution, les contraintes, et
bénéficier de l'expérience, des observations des
Anciens.
- Le site avait été fréquenté par
des personnalités célèbres, tel Coolidge qui fût
séduit par la source du Courtil, ou Derbez de la
Tour, député sous la convention.. ils laissaient des
traces de mémoire.
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- Mais c'est grâce aux Anciens
encore vivant, que ces mémoires m'étaient
transmises, on pouvait remonter à compter de 1925
environ. Une seule saison d'hiver, 1927, n'avait
connu la neige que le 3 mars.
- Mais ensuite, il y eu tellement
de neige, qu'aux Agneliers, les foins furent
rentrés, en passant fin juin sur les avalanches.
- Ces Anciens des Molanes se
rappelaient de trois avalanches, une vers Bessan
haut, une allant jusqu'au prieuré, une autre
traversant la grange de la ferme des Moïs.
- Leur volonté de protection
s'était exprimée, jusqu'à demander le classement de
ce secteur sous l'autorité des Eaux et Forêts.
Marcel Ricaud des Moïs, comme Albert Brun du Prieuré
me demandaient de veiller sur le respect de cette
décision, et d'interdire toutes les coupes d'arbres.
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- Molanes bien exposé avait des
habitations alignées sur le dernier rayon de soleil,
un chemin, une histoire.. Pra Loup à l'Ubac, n'avait
qu'une ferme, un sentier difficile.
- Les moines auraient été à
l'origine du drainage du vallon de Langail, du
partage des eaux avec les Thuiles, de la réalisation
du canal des prises d'eau.
- Lorsque Pra Loup naissait, seules
les sources du Courtil et de Sestrières étaient
captées. Ces sources étaient défaillantes, le
principal étiage étant en février et non en
septembre.
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La source du Courtil
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- J'utilisais ce canal pour
irriguer les alpages et ainsi ces sources
défaillantes étaient réapprovisionnées.
- La zone de la Clappe, calcaire
corallien, emmagasinait, et restituait comme un
véritable réservoir naturel.
- Puis ce canal d'arrosage amenait
l'eau pour arroser ces prés boisés successifs,
situés entre 1800 et Molanes. Le surplus de l'eau
était enfin déversé dans le ravin des prises d'eau,
et servait d'arrosage vers les Molanes.
- Cette succession de clairières et
de prés-boisés allaient sensiblement donner le tracé
de la piste de retour qui était choisi.
- Une suite logique aux
observations et non une trouvaille.
- Vers le sud les alpages des
Bonnefond n'étaient pas favorables car trop soumis
aux avalanches.
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- La rentabilité d'une remontée
augmente en fonction des pistes qu'elle dessert.
- L'agrément des skieurs est
évidemment plus de descendre que de monter.
- Le rappeler paraît simpliste!
- Les jours de Mistral, surtout,
l'exposition de la piste des Molanes était
appréciée.
- Les anciens et les skieurs ne s'y
trompaient pas.
- La création de la piste de retour
s'imposait, son tracé n'est qu'un simple retour aux
sources, aux habitudes des Anciens.
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- Les réalités guidées par la
nature demeurent. Les oublier peuvent causer de
graves accidents naturels.
- Ce rappel peut donc servir.
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- Mais la première chose que
fait la mémoire est d'oublier....
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- C'est pourquoi, les études vont
souvent rejoindre les archives aussitôt terminées.
- Elles ont souvent dans les
communes qu'un effet pré-électoral escompté, et
peuvent donc « s'empoussiérer »avec les urnes.
- L'étude sur le développement de
l'espace Lumière, n'enthousiasmait pas. Il faut
toujours se méfier des avis extérieurs car ils
risquent de contrarier les projets, immobiliers par
exemple!
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Un engagement sans
conviction
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- Le SMAP souhaitait réaliser la
nouvelle remontée sur le même tracé
que celui choisit en 1975,
- Choisit 31 ans plus tôt en tenant
compte des observations des Anciens.
- Ce tracé avait l'avantage de
bénéficier des servitudes de passages déjà
constituées, du déboisage déjà réalisé.
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- Un projet de tracé direct de
remontées mécaniques était défendu par la
municipalité. Pour
conforter ce choix, une étude était lancée et
prévoyait la réalisation d'une piste jusqu'au
Prieuré des Molanes.
- Il y avait donc divergence !
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L'association
Avenir Pra
Loup confirme, une télécabine reliant directement
les Molanes au Clos du Serre
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- Des travaux importants,
terrassement, passage des routes, enneigement
artificiel, devait compléter l'équipement de ce
nouveau télécabine au tracé direct.
- « nous avons opté pour une
liaison directe puisque la zone intermédiaire sera
desservie par cette piste »
disaient en commun Transmontagne (à
la veille du dépôt de bilan) et la mairie, liés par
un projet immobilier.
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Ils investissent dans la
confiance
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- Cette divergence reposait sur
un projet immobilier qui devait se situer sur le
plateau du Clos du Serre.
- Une route devait traverser la
forêt de la Garcine, classée forêt de protection,
bien gardée par le RTM.
- La précédente municipalité avait
fait classer en zone rouge cette zone avalancheuse,
selon les observations et l'expérience des Anciens.
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PPR contour de la zone
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- Les problèmes de route,
d'alimentation en eau, en électricité étaient
éludés, comme des problèmes secondaires. Peut être
que le promoteur espérait les mettre à la charge de
la collectivité.
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- A trop vouloir construire,
pour faire de l'argent immédiat.
- A trop détruire le potentiel
naturel.
- La vocation de dépaysement,
d'agrément, de quiétude de la station sera détruite.
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- L'excès nous conduira, de la
désertification naturelle à la désertification
urbanisée.
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- Le Smap réagissait à l'écoute des
associations, des usagers....
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Rien ne va plus entre le SMAP et la CCVU
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- Les tergiversations, les
déclarations discordantes, le flou alimenté par la
presse finissait par excéder les propriétaires des
Molanes, qui ne savaient plus à quel saint se vouer.
- Les effets d'annonces qui peut
être avaient pour but de sonder ou qui révélaient
une méconnaissance du dossier provoquaient de vives
réactions.
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- Un propriétaire apprenait que sa
propriété allait être surplombée par la nouvelle
télécabine! Il prenait un avocat!
- Une autre vendait la sienne pour
s'éloigner avant la réalisation et la moins value!
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- L'impossibilité de réaliser une
remontée dans un secteur protégé à risque
d'avalanche aurait du apaiser les esprits.
- Ce fût le contraire, et
d'entendre dire, il faut s'attendre à tout car
« ils ont tous les droits »
- Une ambiance de profit
particulier et de règlement de compte perturbait.
- A force de faire des comptes ou
d'en régler, de préférer l'autoritarisme au dialogue
des rapports de force se créent.
- La confiance était perdue.
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- Une association de défense puis
une autre se constituaient!
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- Je rédigeais une note sur
l'aménagement concerté de l'urbanisation et de
l'équipement du domaine skiable, envoyée à tous les
services.
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Note sur l'aménagement
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- Mêmes les élus de l'Ubaye ne
voyaient plus clair dans ces projets « et le ton
monte au sujet de Pra Loup.
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Les défenseurs des Molanes
contre-attaquent
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- Malgré divers échanges de
lettres, constatant que rien ne se précisait, une
association prenait un avocat.
- Autant le président du Smap,
dialoguait et donnait toutes les informations à
l'avocat, autant les autres partenaires, pour ne pas
les citer, restaient dans le flou, pour ne pas dire
dans le mensonge ou la dissimulation.
- L'avocat, Maître Jorion, déposait
une requête sommaire devant le tribunal
administratif de Marseille.
- Cette requête ci joint exposait
clairement le problème.
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Echange de lettre et
requête
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- L'association avait gain de cause
et enfin la concertation s'instaurait, avec réunion
organisée par le SMAP, exposant le tracé à
l'identique.
- L'argumentation développée dans
la requête au tribunal administratif, était telle
qu'il était inutile d'aller plus loin.
- Le SMAP revenait à sa première
volonté.
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- Oubliant l'impossibilité de
traverser une zone avalancheuse, oubliant les
problèmes de surplomb de propriétés privés et la
volonté des propriétaires de se faire indemniser,
oubliant l'économie réalisée en empruntant le même
tracé, les servitudes de passage déjà acquise,
oubliant que le seul retour de piste de retour
aboutissait à la gare intermédiaire, la polémique
trouvait un autre sujet dans le surcout financier,
(un chiffre lancé à la louche), de la gare
intermédiaire.
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- L'association consultait la
concurrence autrichienne.
- Le ton montait entre la
communauté des communes et le SMAP.
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- La communauté affirmait « que des
terrassements étaient faits en prévision de la piste
enneigée artificiellement. Piste qui devait
accompagner la nouvelle télécabine » erreur
mensongère.
- Les élus reconnaissaient
« Visiblement le contrat entre le Smap et
Transmontagne est flou »
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- Le président déclarait « les
choix sont faits sans nous » surprenant pour un
délégué qui siégeait au Smap.
- Et « vous ne pouvez que
voter..... pour»
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Le ton monte au sujet de
Pra Loup
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- C'était une première: les élus
reconnaissaient enfin que les relations avec
Transmontagne étaient floues.
- Dix ans de procédure pour ouvrir
les yeux, seraient passés inaperçu?
- Le calme était ramené par le
président, personne ne voulait s'éclairer...et pour
cause!
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- Ce surcout aurait été limité si
la gare avait été implantée sur du bon sol, et non
sur 10 mètres de remblai destiné à la réalisation
d'un parking, si on avait pas oublié la desserte du
lotissement des Moïs, les déplacement de VRD....
- Si....
- Le choix a été fait au vu d'une
étude d'un cabinet, exposant, défendant en
spécialiste son projet devant des interlocuteurs ,
souvent non spécialistes.
- Si...
- Si on avait consulté les
études, si les archives avaient été dépoussiérées,
si on avait consulté les mémoires.
- Il y a cinquante ans, (on nous le
rappelait), « vous travailliez avec des mules »
- Nous répondions que nous
adaptions les remontées mécaniques à la montagne, et
aujourd'hui avec les moyens mécaniques importants
vous adaptez la montagne aux remontées.
- Autres temps..
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- Les bergers étaient effrayés par
le mouvement des terres, le bouleversement de leur
montagne défigurée sur des hectares.
- Durant des générations ils
avaient ramassé pierre par pierre pour les entasser
en clappiers.
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- L'humour ou la faconde de
certains politiciens les faisaient rire.
- Ils riaient en lisant la prose
de la communauté des communes « nos réalisations
sont éco-responsables, nous avons supprimé 72
pylônes pour seulement 21 construits »
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- Tout est donc dans l'expression
…...
- les bergers de la France rurale
répondaient « ils nous prennent pour des c..s ».
- « Si tous les moutons votaient on
se ferait entendre.... » mais ils votent !
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- C'est ainsi que Pra loup prenait
un nouveau départ.
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- Un télécabine, suivi d'un
télésiège.
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