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par Louis Lequette
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- Pra Loup en Ubaye, classée
station climatique nationale.
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- Ce n'était pas un rêve mais un
but. Il pouvait être atteint, car ce projet soutenu
par le conseil général, par l'administration, par la
faculté de médecine de Bobigny, correspond à la
« vocation de la Vallée »,
- On
pourrait tout aussi bien dire, « à son devoir
envers la société. »
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« Ce
que l'on reçoit.. on le doit »
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or la vallée a beaucoup reçu
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- Lors du voyage anniversaire des
cent cinquante ans du départ des premiers Ubayens
vers la Louisiane pour arriver ensuite au Mexique,
nous allions avec le conseil général à leur
rencontre.
- Nous pouvions constater avec
quelle nostalgie « ces expatriés » parlaient encore
de leur paradis perdu.
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Ce
paradis c'était l'Ubaye, leur Vallée.
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- L'histoire raconte, que les
Mexicains ont tout fait pour préserver, pour
conserver leur vallée intacte, afin de la retrouver
comme il l'avait quitté.
- Par leur influence... Ils
auraient mis fin au projet de chemin de fer, à son
désenclavement, la privant ainsi du développement
industriel.
- Inconsciemment ou peut être guidé
par un intérêt, ils la protégeaient fort
heureusement de la pollution industrielle, de la
pollution chimique.
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- Ils ont attiré au Mexique, les
enfants entreprenants....privant la vallée de forces
vives.
- Ils ont souvent aidé les membres
de la famille restés sur la terre familiale, les
membres gardiens de leur passé...Ils étaient
généreux...
- Alors certains estimaient que
cette générosité rendait « les Ubayens » moins
combatifs voir ... les rendaient dépendants.
- Que ne faut-il pas entendre!
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- Ils ont laissé pour preuve de
leur volonté de retour, leurs maisons et leurs
tombes… de beaux cimetières à visiter.
- Tous n'ont pas fait fortune et
certains sont revenus.
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- La banque de Barcelonnette était
classée parmi les plus grosses banques de dépôt de
France.
- De cette richesse, ne découla
aucun investissement productif en Ubaye...hormis des
dons aux hôpitaux, ou aux mairies, aux bonnes
œuvres.
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- Et de tout cela certains de
conclure par une critique sévère « les mexicains
ont nuit au développement de la Vallée »
- Ne faudrait il pas au
contraire, les remercier
de l'avoir protégée, de lui avoir conservé intact sa
principale richesse. « son climat et sa qualité de
vie »
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- Dès la création de la communauté
européenne, travaillant sur la nécessité de donner à
la vallée une activité complémentaire à
l'agriculture, au tourisme, nous recensions avec le
Sous Préfet Cuby, les vallées qui en Europe,
pouvaient s'enorgueillir d'être ainsi protégées.
Nous en trouvions seulement six.
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- Dans « la France profonde »
selon l'expression de Giscard d'Estaing, aucune ne
bénéficiait d'un tel micro climat. Le notre avait
été préservé par à son enclavement. Un paradis est
toujours dur à atteindre.
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- La vallée fût cependant menacée.
Le barrage de Serre Ponçon, faisait naitre l'idée
d'un autre projet, celui d'un plan d'eau à la
Fresquière. La production d'électricité n'était pas
l'objectif principal de cette retenue. Il fallait
surtout créer un bassin de décantation pour les
alluvions, les terres noires, pour retarder
l'envasement de Serre Ponçon.
- On craignait un effet négatif sur
le climat, la formation de brume, de brouillard !.
- Il fallut intervenir auprès du
gouvernement, se mobiliser.
- L'accès allait en souffrir, il
serait encore plus difficile. Une déviation devait
faire le tour de la retenue, la route d'accès serait
rallongée de plusieurs kilomètres.
- Le train s'était déjà éloigné, de
la gare de Prunière vers Gap.
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- En dehors de l'association de
protection de la vallée, peu de personnes
soulevaient ce risque d'agression. D'autres voyaient
la possibilité de tirer des aides de l'EDF, tel
l'article 13 de la convention engageant l'EDF pour
la réalisation de Serre Ponçon.
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Projet de barrage sur
l'Ubaye
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- L'argent facile a toujours
attiré, aussi un projet d'une succession de barrages
sur l'Ubaye, était envisagé par le syndicat
intercommunal. L'argument développé était séduisant.
Ces barrages allaient produire des ressources afin
de ne pas augmenter la pression fiscale.
- Un argument difficile à
combattre. Un vrai discours électoraliste!
- Heureusement, le Préfet était un
gardien prudent et il imposait des débits réservés.
- Les Préfets représentaient encore
le pouvoir de « tutelle des élus ».
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- Chacun connait le sort des débits
d'eaux réservés, face aux échéances des emprunts.
- Les difficultés financières sont
un bon moyen pour libérer les élus de la tutelle.
- Il fallait donc être plus que
prudent. Interdire ce projet ou risquer de voir
l'Ubaye temporairement comme un ruisseau....
- Pouvait-on imaginer l'aspect de
l'Ubaye sevrée?...il fallait donc aller à contre
courant de l'opinion... comme la truite en Ubaye.
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- Les relations ministérielles
aidant, et le conseil général me suivant, la truite
fut reconnue comme poisson migrateur, ayant besoin
d'aller à contre courant pour frayer.
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- Un arrêté ministériel fût pris,
protégeant la truite et notre rivière.
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- Les associations de pécheurs et
la naissance des sports d'eau vives allaient
également peser pour la protection de notre rivière.
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- La création du parc du
Mercantour, allait aussi dans le sens de la
protection de la nature.
- Ce projet du gouvernement était
mal perçu.
- Il fallait encore négocier.
- Il fallait faire reconnaître que
les biens privés subissaient une aliénation
partielle au profit de la collectivité nationale,
que toute perte de jouissance justifiait le
versement d'indemnités compensatrices. (Doublement
des subventions, subvention pour la construction de
l'hôpital)
- Il fallait freiner la volonté
expansionniste des créateurs qui auraient bien aimé
incorporer tous les terrains situés sur la rive
droite du Bachelard. Il en était de même sur la
commune d'Allos et dans la haute vallée.
- Le ministre chargé du projet
était d'Ornano, une relation amicale.
- J'obtenais un rendez-vous,
m'accompagnaient René Céze et Chaffred Goirand .
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- Le ministre acceptait de limiter
l'emprise du parc à la rive gauche du Bachelard, et
de donner des compensations.
- « Protéger la nature mais
laisser la place à l'Homme. »
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- La création du parc fût
concrétisé par décret n°79-696 du 18 août 1979.
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- Il fallait trouver pour la vallée
une autre source d'économie, pourquoi?
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- A compter de 1965, le nombre de
création de stations allait augmenter à un rythme
accéléré.
- Au côté des stations anciennes on
assistait à la création des stations dites
« modernes et intégrées ».
- Chaque commune de montagne
voulait la sienne.
- Le gouvernement laissait faire,
car la France avait un déficit touristique à combler
face à la Suisse, à l'Autriche.
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- Osé dire que nous allions vers
une saturation d'un marché imprévisible était mal
venu.
- Les responsables du tourisme
affirmaient que si la clientèle française ne
suffisait pas, les américains compenseraient... car
la durée des transports se raccourcissait... leur
coût baissait...
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- On négligeait de dire qu'en
parallèle les vacances lointaines au soleil
attiraient aussi de plus en plus.
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- Cette méconnaissance du marché
était préoccupante.
- Divers études étaient réalisées
pour essayer de saisir ce marché de manière moins
aventureuse.
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- Le massif d'Arve-Giffre avait
lancé en 1960 une des premières études avec le
B.E.R.U.
- Le ministère de l'équipement et
le ministère de l'agriculture allaient suivre pour
connaître l'impact des stations sur la société
locale.
- Le service d'étude et
d'aménagement du tourisme en montagne, avec la
direction de la jeunesse et des sports se penchaient
également sur la question, sur ce problème avec
l'étude exécutée par « Tourisme loisirs et
assistance »
- Toutes ces approches ne pouvaient
que donner une vision incertaine de l'avenir.
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- Si un promoteur ne regarde que le
profit immédiat.
- Un aménageur doit se soucier de
l'équilibre de ce qu'il réalise.
- Un développeur doit chercher à
pérenniser la vie de la cité qu'il crée.
- C'est ce que le
conseil municipal voulait...pérenniser.
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Des études... BERU SEATM...
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- La fermeture des petites stations
de basse altitude semblait déjà être programmée... à
quel terme ?
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- Pour atteindre de nouvelles
couches d'acheteurs, les promoteurs diminuaient les
dimensions des appartements, des studios, des
studettes.
- Il fallait vendre...
- On allait connaître pire avec la
loi Demessine, détournée vers des produits
financiers!
- On vendra un produit financier...
- On vendra des bulles financières
qui un jour se transformeront en déserts construits.
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- Des professionnels peu
scrupuleux, des tours opérateurs écrémaient la
clientèle en baissant les prestations, en
surchargeant l'occupation des logements, en
provoquant des dégradations, en dégoutant les
propriétaires de mettre leur bien en location.
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- Toutes ces données
m'inquiétaient.
- Il faut essayer d'avoir une
vision à long terme, au risque d'être considéré
comme visionnaire....ou un rêveur ! Inscrire son
action dans la durée
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- L'idée était de donner à la
station une autre vocation... une autre source
d'économie.
- C'est ainsi que le conseil
municipal décidait, de profiter des qualités de la
vallée.
- Cette vision économique à long
terme n'était pas très électoraliste dans une
société qui désormais veut tout et tout de suite!
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- Les études étaient entreprises en
vue de faire reconnaître ces qualités climatiques.
- Les relations, les aides, les
conseils, aidant (Christian Bonnet, d'Olivier
Guichard...) l'idée faisait son chemin.
- Devant l'assemblée, le ministre
Besson reconnaissait « la montagne une réserve de
santé »
- La station était classée station
climatique nationale par décret ministériel en date
du13.01.1981 sous le ministère de Jacques Barrot.
- Il aurait fallu classer toute la
vallée....si l'opposition politique n'avait fait son
œuvre!
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Lettre au préfet, sous
préfet, pacte montagne
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Délibération conseil
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- Les bienfaits des médecines
douces et naturelles devenaient porteurs.
- Jean Guy Cupillard faisait
classer la station de l'Alpe d'Huez.
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- Avec plusieurs maires nous
lancions le label, « les stations de la forme »
- L'idée devenait porteuse
d'espoir. Il fallait être les meilleurs!
- Pour ne pas laisser le secteur
agricole en chemin, nous souhaitions lancer un
programme de production de plantes médicinales et
aromatique. La vallée pouvait devenir Bio.
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Titre d'opuscule,
institut, le contenu en archive
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- La SCET, société d'équipement du
territoire, filiale de la caisse des dépôts croyait
au projet.
- Elle le prouvait par des études
sérieuses
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Etude SCET et rapport à
Satis
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- Les investisseurs, Georges
Vanacker et le lyonnais Daniel Phillibert,
acceptaient de lancer le projet sur le plateau de
Pra Roustan, rebaptisé Val Soleil.
- A l'écart de la station, exposé
au soleil, il répondait à toutes les qualités
recherchées par le Docteur Passebecq (vie et action
à Vence, enseignant à la faculté de Bobigny)
- Al Saoudi Bank devait accompagner
le projet.
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- Un architecte Allemand, monsieur
Widmozer réalisait un avant projet ...et ceci
gratuitement.
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Article journal avec Albert
Hugues faisant les foins
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- L'avenir des médecines douces
médecines nouvelles se dessinaient
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Divers titres de revues
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- Ce projet passionnait beaucoup de
personnalités.
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- Pour le rendre crédible, pour
calmer les impatients, pour rentabiliser les efforts
et avoir un retour sur notre travail, notre
investissement, il fallait transformer cette idée en
événement porteur intéressant la presse. On parlait
de Pra Loup, dans le Figaro, Femmes Pratiques, le
quotidien du médecin
- médecine douce, physic, le
Provençal, Var Matin, la neige, Midi Libre, la revue
du ski: on en parlait à la radio................
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- Le Docteur Passebecq (enseignant
et leader de vie et action à Vence), le Professeur
Cornillot Doyen de la Faculté de Bobigny acceptaient
d'organiser des rencontres médicales à Pra loup.
- Le Conseil Général conscient de
l'intérêt du projet pour l'économie de la Vallée
acceptait de participer au financement des
rencontres médicales sur les médecines douces et
naturelles, organisées en 1983-1984-1985
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Les opuscules et patronage
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- L'événement provoquait
régulièrement des retombées médiatiques dont la
station tirait profit. Les journaux spécialisés
s'étendaient sur le sujet, critiquant ou approuvant,
et l'on peut dire sans vantardise, sans erreur que
toute la profession médicale était informée.
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- Le projet devenait crédible.
- On pouvait entrevoir de multiples
retombées. Accueillir des adolescents dans les
écoles pour soigner des allergies respiratoires et
du même coup, sauver des écoles, le lycée.
Développer la culture de plantes médicinales et
aromatiques.
- Procurer des activités à
l'année... de nombreux contacts s'avéraient
positifs...
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- Et pourtant...la politique
(politicienne) aidant... le projet... ne fût plus
soutenu au conseil général et... il s'éteignit.
- Le germe était tué dans l'œuf.
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- Quelles pertes ...surtout en
temps, car les frais d'études avaient été
volontairement limités.
- Quelle déception!
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- Des projets de balnéothérapie
sont à nouveau à l'étude, alors que depuis des
années, les stations thermales ou balnéaires, voyant
leur activité diminuer, ont réalisé des centres de
remise en forme.
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- Le classement de Pra loup en
station nationale était un réel atout !
- Un atout qui peut être un jour
sortira du jeu politicien ! Pour redevenir seulement
économique!
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- Le climat de l'Ubaye demeure
protégé!
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