Pourquoi ce choix

 

 

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PRA LOUP  pourquoi ce choix par Louis Lequette
 
            Le conseil Général dont la majorité était d'orientation rurale, avait tendance à concentrer ses faibles moyens sur trois activités
La production de blé dur et l'élevage
La production de Lavande et Lavandin
Le tourisme d'été. Le pôle principal était les Gorges du Verdon qui de part la valeur du site se développait pratiquement seul.
            L'influence qu'il pouvait avoir sur l'industrie chimique, sur la production hydraulique d'électricité, sur l'activité thermale était limitée.
            Le souci principal était d'en favoriser les implantations et d'en retirer une manne budgétaire, nécessaire à ce département des Basses Alpes.
            De part son appellation, certains voyaient son extrême situation, et d'autres entrevoyaient la nécessité de la faire disparaître en le partageant entre les Bouches du Rhône, le Vaucluse, les Hautes Alpes, et les Alpes Maritime.
            Jacques Médecin aurait bien aimé agrandir son comté.
            La Vallée de l'Ubaye était le parent pauvre. Elle était desservie par Prunier. La réalisation de la retenue de Serre Ponçon la privait d'une voie d'accès, et semblait l'isoler un peu plus. La ligne de chemin de fer définitivement noyée.
            L'aide des parents du Mexique se diluait avec les générations nouvelles.
            La critique affirmait que « ces mexicains » avaient tout fait pour conserver intact leur paradis d'origine.
            Mais on doit dire qu'ils ont préservé une vallée, la seule à ne subir aucune pollution et dont la vocation est de décliner toutes les formes d'activités liées au «  bien être » et à la conservation de la forme.
 
Le Sauze avec son caractère de station rurale avait attiré des industriels du Nord. Ils voulaient y investir dans l'équipement des remontées mécaniques.
Ils ne demandaient qu'une chose, qu'un plan d'urbanisme soit réalisé et que des terrains soient vendus pour augmenter la capacité résidentielle nécessaire au retour sur investissement. Ils me chargeaient de cette mission.
Je me rendais avec Honoré Couttolenc à Grenoble pour passer la commande du premier télésiège à Jean Pomagalski. Nous devions signer en même temps cet engagement concernant le développement résidentiel.
L'accord ne pût aboutir, Honoré souhaitait rester seul à bord.
Ma 203 fit une embardée et nous crûmes notre dernière heure sonner, l'atmosphère se détendit.
 
L'équipe du Nord faisait partie de ces jeunes, formés dans des pensionnats du Type « Passy-Froyenne » où il était inculqué que le patron a une « mission sociale » et que « tout ce que l'on reçoit on le doit ».
Amoureux du Sauze, ils ne me suivirent pas à Pra Loup.
 
Saint Anne : un domaine exceptionnel, vaste, bien orientée, à l'abri du vent.
Mais Saint Anne avait pour maitre Monsieur Spitalier qui également souhaitait rester seul à décider.
« Amener votre argent je m'en charge ». Cela ne séduit pas mes amis.
 
Pra Loup:
La plus grande qualité de Pra loup était donc qu'il n'y avait personne. Que le site était inaccessible, pas de route, pas d'électricité, pas d'eau. La mission paraissait impossible, utopique.
Ce côte irréaliste de l'entreprise m'a mis à l'abri de toute concurrence. Il ne restait que les sarcasmes.
La commune d'Uvernet avait un budget inférieur à 100,000.00 anciens francs, et peu d'avenir.
 
La force de la commune d'Uvernet fût d'en vouloir.
 
Emile Fourneau son conseil et Maxime Javelly firent confiance. Le premier accord par voie d'une délibération n'était en fait qu'une porte qui s'ouvrait.
Ensemble on fixait les prix des terrains privés ou public à acquérir, les autorisations de passage, la mise à disposition des ressources en eaux, et surtout l'engagement d'embaucher les jeunes du pays.
 
Monsieur Maxime Javelly, l'instituteur, devenu le secrétaire de mairie, avait conservé une certaine autorité de sa première fonction. Le conseil était encore sa classe.
Il parlait de manière autoritaire mâchant ses mots avec énergie. Après quelques discutions il rédigeait la délibération et passant le registre il disait « allez maintenant vous signez » .
Il aurait été capable de donner un coup de règle, la voix suffisait, mais chacun le savait droit, dévoué à sa commune.
Copie première délibération de la commune d'Uvernet
               

 

 

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